Planet Arrakis

Jeux de rôle, jeux de plateau, prenez ce qui vous plait…

Archive pour JdR

Mon histoire avec le Jeu de Rôles, par Laurent R.

La parole au Judo Master ; Laurent R., 56 ans, enseignant et professeur de Judo

 

Le Module B2 Keep of the Borderlands,
spécifiquement conçu par Gary Gygax
pour le Basic Set
et des Maîtres de Donjon débutants…

1. Comment avez-vous découvert le jeu de rôle ? Qui vous a initié ? Vous aviez quel âge ? Quel était le nom de votre premier personnage et sa classe de personnage ? À quoi avez-vous joué ? Aviez-vous les règles ? Où vous les étiez-vous procurées ?

J’ai commencé à jouer à l’automne 1981. J’allais vers mes dix-huit ans. Ma première partie de Donjons & Dragons était un scénario du commerce nommé Les Grottes du Chaos (NDLR : en fait le légendaire B2 Keep of the Borderlands)

Phil B., un ami, connu en Seconde, avait acheté ce module et avait besoin de joueurs pour le tester. Nous avions l’habitude de jouer à quelques jeux de société, dont Risk. Et ce nouveau concept de Jeu de Rôles, sorte d’enquête/aventure à résoudre avec des joueurs et un arbitre, nommé « Maitre de Jeu », nous rendait très curieux ! Donc ça s’est fait très naturellement.

Je n’ai aucun souvenir de mon personnage. Un voleur sans doute. Les règles, de mémoire, étaient inclues en partie au scénario, mais nous devions déjà avoir le Donjon Master Guide et le Players’ Handbook. Ce qui est sûr, c’est que nous avions les incontournables dés ! Richard D. et Gilles W. étaient de la partie.


Risk « édition rouge » a formé une génération
de wargamers/rôlistes

2. Le jeu régulier : quand avez-vous commencé à jouer régulièrement ? Immédiatement après cette partie, ou plus tard ? Pourquoi ? Qui était votre maître du jeu ? À quoi jouiez-vous ? comment s’appelait cette campagne ? quel était le nom de votre personnage et sa classe de personnage ?

Très vite, après cette première partie, les scénarios se sont enchaînés :

La Tombe de Nemrod par Gilles, et mon guerrier Vabur.
Les Grottes d’Askersen, toujours par Gilles, et un voleur dont j’ai oublié le nom.
• Un scénario de Space Opera, encore de Gilles W.

Le catalogue Jeux Descartes de Mai 1982,
avec le Basic Set, le Dungeon Master Guide,
et Space Opera

Mais surtout, à partir de mars 1982, commence la campagne unique d’Andunië, orchestrée par Phil B. J’y jouais un voleur nommé Dolamir. Histoire fédératrice qui rassemblait au départ Guy K. (qui jouait Kaghaar), Gilles W (Fainder), Jean-Philippe L. (Johanus) et Jean-François E. (Antiocus). Les aléas des études supérieures, et de l’éloignement géographique pour certains, font que la partie s’interrompt après plus d’un an en mai 1983.

1988-1997


Andunië reprend pour plusieurs années fastes , avec Sylvie A. pour le personnage de Johanus et François R., mon frère, qui reprend le rôle de Kaghaar. Après une longue période sans jouer, Guy K. reprend lui le personnage d’Antiocus.

Nous sommes très investis. Les règles d’AD&D – pas assez détaillées à notre goût – nous satisfont moyennement. Nous créons donc une localisation des blessures, avec des silhouettes de face et de dos, et déterminée par un d20. Suivant la localisation et l’arme, les dégâts sont plus ou moins importants… Un d20 pour toucher, un d20 pour savoir où ! Le 20 ciblant la tête, la réussite d’un double 20 était synonyme d’un coup magistral pour une victoire rapide. Beaucoup plus réaliste, mais un vrai piège consommateur de temps, qui enlevait de la fluidité et qui bloquait les personnages sévèrement blessés,  et surtout les joueurs !

La Magie vu par Gary Gygax,
(Dungeon Master Guide)

Je me souviens aussi avoir planché à plusieurs sur une réforme de la Magie, avec au bout une vraie cohérence et une satisfaction intellectuelle non dissimulée :

Les Arcanes Mineures étaient une étape incontournable avant de pouvoir aborder les Arcanes Majeures. D’abord, il fallait savoir contrôler l’énergie et être initié au Talis. (Le Talis permettait d’influencer le temps, et donc de voyager plus vite, parfois plus loin). Ensuite, il fallait contrôler sa défense et ses techniques de protection… et opposer ces Energies dans un duel d’arcanes. Quant aux Arcanes Majeures, elles se divisaient en trois domaines, symbolisés par trois flammes. La première concerne la maîtrise des éléments avec la magie du feu, de la lumière et les puissances élémentaires du ciel, de l’eau et de la terre. C’est la Flamme Rouge. La seconde correspond aux arcanes de la matière avec la magie des forces, la magie des transformations et celle de la nature. C’est la Flamme Bleue. Enfin, les arts Deryni font davantage intervenir la pensée : il s’agit de la magie de l’esprit, des illusions, des hauts sens, de la magie du vivant et de celle des arts de la guérison. C’est la Flamme Verte !

Je pense que chacun s’amuse à personnaliser les règles, mais nous étions particulièrement fiers de les avoir rendues cohérentes avec l’univers d’Andunië

Mais les propositions s’enchaînent, alors qu’Andunië s’essouffle. Les souvenirs deviennent aussi plus précis :

1993-1999
Aventures en Terres du Milieu, masterisé en alternance par Paul Moud Ubid. et Jean-Michel F., où je rejoins un nouveau groupe de joueurs, parmi lesquels Gaëlle B., Jean-Michel F., Denis L., Jean-Pierre et Ingela A. J’y joue un voleur nommé Noranthür.

Noranthür s’est hide in shadows
(37% de chance) ;
sauras-tu le reconnaître ? 

1997-1999
Millenium (notre nom pour le Réseau Divin de Pat & Chris) par Paul Moud Ubid, partie plus moderne dans un monde contemporain dans lequel je joue le Docteur Bernstein.

2004-2005
La première campagne de Cirande ; histoire et univers inventée par Gilles W., pour laquelle mon personnage est Jahol, un prêtre du Trône de Lumière.

Cirande,
sa grande richesse et sa grande pauvreté,
et ses prêtres du Trône de Lumière 

2006-? 
La Campagne Impériale de Warhammer, repensée, réécrite et orchestrée par Paul Moud Ubid, dans laquelle j’incarne Hadden Raag, simple bûcheron du Middenland. (NDLR : Laurent R. est le scribe officiel de cette campagne; il a écrit la somme de 660 pages, et ce n’est pas terminé !)

Au début, Hadden Raag n’était qu’un simple bûcheron du Middenland.

3. Maître de jeu : quand êtes-vous devenu maître de jeu ? Pourquoi ? (ou pourquoi pas ?) Et de quels matériels disposiez-vous à l’époque ? Livre de jeux ? figurines ? autres ? comment s’appelait cette campagne ? Qui l’avait écrit ? Vous, ou un scénario du commerce ? Combien de temps a-t-elle duré ?

La Hache Noire est mon premier donjon en tant que maître de jeu dans les années 80. Timide expérience, deux joueurs, Phil B. et Gilles W. (avec trois personnages chacun !) pour une histoire qui ne m’a pas laissée un grand souvenir, tant c’était brouillon, mal construit, mal structuré, sans background général, ni organisation politique et économique… Une leçon pour la suite !!! En deux ou trois parties, règles du dé 20 avec en appui le Donjon Master Guide et le Players’ Handbook.

Au pays de Bredarn (1995-1996) : toujours sur un scénario inventé, et ma deuxième expérience de maître de jeu, déjà plus intéressante. En réaction au « brouillon » qu’était La Hache Noire, je m’investis dans la rédaction d’une histoire, construite dans un véritable univers cohérent, tant sur le plan politique, religieux, qu’économique. Et je lance les joueurs (François R – Paul Moud Ubid – Gilles W – Sylvie A et Jean-Michel F) dans Bredarn avec un début original : dans une auberge, certes, mais les joueurs ne savent pas qui est qui ! Leurs personnages ne se connaissent pas, et ne peuvent se coordonner totalement, alors que se déclenche une grande attaque d’orcs, à la recherche d’un Devin réfugié dans l’auberge ! (NDLR : souvenir mémorable ! Isolé chacun dans une pièce du petit appartement de Laurent, à se demander si on ne tire pas sur les copains : une bonne heure d’angoisse à identifier les bons des méchants…)

Okpar (février 2000 à février 2006), a occupé quelques dizaines de bonnes soirées ! Scénario toujours inventé, en me servant de l’univers créé dans le pays de Bredarn et en reprenant les mêmes joueurs et leurs personnages, sauf un, mort précédemment, remplacé par un Devin ! Sur le territoire d’habitude hostile des Felzins, une mystérieuse cité, Okpar, n’ouvre ses portes que tous les seize ans. Et l’échéance approche, suivant un calendrier bien tenu par les Devins. C’est l’occasion pour différentes ambassades de s’y rendre pour connaître le secret de cette cité, et peut-être en tirer profit selon des intérêts différents. Seul bémol, par le passé, aucune d’elle n’est revenue pour en témoigner ! Histoire originale et vraie satisfaction personnelle, mais il faudrait avoir l’avis des joueurs ! (François R – Philippe G – Gilles W – Sylvie A et Jean-Michel F).

4. Arrêt/Reprise : quand avez-vous arrêté ? Quand avez-vous repris ? Et pourquoi ?

Durant une longue période, notre groupe de joueurs ne jouait que sur Andunië. Nous étions passionnés ! Et moi le premier, je pensais, rédigeais, synthétisais, discutais, respirais Andunië !

Au bout de deux ans, la campagne s’est interrompue une période pour reprendre ensuite de plus belle pendant huit ans d’affilée, avant de s’arrêter malheureusement en janvier 1997.

Mais depuis 1988, je n’ai jamais arrêté de jouer, soit comme joueur, soit comme MJ !

5. Personnage favori : Quel est le nom de votre personnage favori et que fait-il dans la vie ?

Deux personnages importants dans ma vie de joueur, l’un ancien, l’autre d’actualité.

Le premier s’appelle Dolamir, sur l’histoire d’Andunië, apprenti commerçant à Neige, ville frontière, chez un marchand drapier qui l’avait recueilli, alors qu’il n’était qu’un nourrisson, dans des circonstances troubles et la mort du Magiste Eraechar. Ses origines sont visiblement liées au Nord, mais demeurent un mystère bien gardé.

Dolamir

Portrait de Dolamir,
Guerrier Voleur d’Andunië
feutre sur bloc A4,
1988 
Gilles W. Eisenschild
Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg

Le second est Hadden Raag, sur la campagne actuelle de Warhammer, bûcheron à Untergeschatt dans la province ulricaine du Middenland. Mais le bûcheron devient bientôt, avec ses amis, chasseur de chaotiques, et doit alerter le Vieux Monde de cet ennemi intérieur qui le ronge. Il trouve son plus grand rôle auprès de la Gravin de Middenheim, en témoignant au Conseil Impérial devant l’Empereur et les Princes Electeurs, et en menant l’expédition vers l’ancienne forteresse naine de Khadar Khalizad, au milieu des montagnes, pour arrêter le sorcier Warsmeier.

Hadden Raag2

Maintenant, Hadden Raag
est Chevalier Panthère,
Plénipotentiaire de Middenheim
et amant de la Gravin Katerina

6. Personnage décédé : Avez-vous perdu un personnage ? Quel était le nom de ce personnage et que faisait-il dans la vie ? comment est-il décédé ?

Mon guerrier Vabur, dans La Tombe de Nemrod par Gilles W, est mort dans une explosion déclenchée à la lecture d’un sortilège sur un tombeau.

Mon voleur, dont je ne me rappelle plus le nom, dans Les Grottes d’Askersen, meurt à un carrefour souterrain, en combattant des gobelins. Héroïquement, debout sur une table, en compagnie d’un autre personnage, alors que le perso d’un certain Gilles G., reste lâchement planqué, au lieu de nous prêter main forte ! Cela m’avait passablement énervé d’ailleurs !!!

Dolamir, Noranthür et Jahol sont, quelque part, toujours vivants…

7. Avant de jouer au jeu de rôle, lisiez-vous de la science-fiction ? Du fantastique ? Ou avez-vous lu ces livres après ? Jouiez-vous aux jeux de plateau ? aux wargames ? A Diplomatie ?

Oui, à tout ! Avant, pendant, après… Des romans de SF et d’Heroic Fantasy, la revue Jeux et Stratégie et ses jeux en encart, des jeux de plateau (Risk – Fief – Dune – Junta – Tikal – Shogun – Full Metal Planet – Zargos – Cyclades – Trône de Fer – Méditerranée – Antike) et des wargames (Squad Leader – Civilisation – Diplomatie)… J’ai ainsi refait jouer tout ce beau monde en proposant, en 2004, une partie de Civilisation, puis de Tikal

Civilization, le monstre qui dure 8 heures.
Qui n’a pas sa carte Philosophie ?

8. Enfin, pour finir, quel est votre plus beau souvenir de jeu de rôle ?

Deux souvenirs importants, l’un ancien, l’autre plus récent.

Le premier, sur Andunië, lors de l’attaque contre la secte d’Anaedia, et de son temple au nord, repère de Phtaar, son grand prêtre. Une coalition s’est constituée, formée par deux mille guerriers Raeldani, huit cents Elfes, deux cents archers de Croy et des prêtres d’Azold, sans compter les aventuriers de l’histoire, pour une attaque sans précédent. C’était une bataille d’envergure rassemblant tellement de combattants (sans compter l’ennemi), et dont l’enjeu était capital. Affrontement armé bien sûr, mais aussi duel inimaginable de pouvoirs. J’ai joué, le cœur battant, à cause des conséquences du moindre fait. Une grande première !

Le second, sur la Campagne Impériale de Warhammer, lors du Conseil Impérial à Altdorf, aboutissement d’une longue enquête pour dénoncer la secte de la Main Pourpre, au service du Chaos, et infiltrée à tous les niveaux de l’Empire. Souvenir intense, d’abord à cause des enjeux politiques et religieux… Ensuite, de par l’implication totale de mon personnage, Hadden Raag, sur les plans stratégiques et logistiques pour protéger la Gravin, Katarina Todbringer… Enfin pour construire un témoignage argumenté qu’il présentera devant l’Empereur et les Princes Electeurs. La tension était à son comble tant les événements possibles étaient imprévisibles. Tout pouvait arriver, avec des conséquences terribles, irréparables.

Katarina Todbringer fusain

Katerina Todbringer,
portrait au fusain, Circa 1510
(Collection particulière)

Enfin pour finir, un moment privilégié, toujours sur la Campagne Impériale de Warhammer, celui où Hadden prie Ulric en compagnie de Katarina Todbringer dans une petite chapelle consacrée d’Altdorf. Prière intense, pleine de ferveur partagée, lors d’un échange de leurs deux sangs, versés en offrande au Dieu de l’Hiver !

Mon histoire avec le Jeu de Rôles, par Ingela A.

Une femme, enfin ! La parole à Ingela A., professeure d’anglais, 51 ans …

La Tour d’Arnac, le scénario de D&D
joué par Ingela et Jean-Pierre,
est une improvisation tirée de la BD
de William Vance : Ramiro,
que Moud Ubid lisait dans ses jeunes années,
dans le Femmes d’Aujourd’hui
de sa grand-mère… 

1. Comment avez-vous découvert le jeu de rôle ? Qui vous a initié ? Vous aviez quel âge ? Quel était le nom de votre premier personnage et sa classe de personnage ? À quoi avez-vous joué ? Aviez-vous les règles ? Où vous les étiez-vous procurées ?
Triste à devoir avouer – pour une féministe invétérée – mais ça s’est fait via mon petit ami, j’avais tout juste 20 ans. Pas moyen de me rappeler de mon premier perso, mais sans doute une voleuse puisqu’on jouait à D&D, et que je n’avais pas encore compris que les personnages me correspondent mieux s’ils ne sont pas trop intelligents.

Les autres joueurs et le DM ont bien essayé de m’expliquer les règles, mais franchement j’ai encore aujourd’hui du mal à me rappeler quel dé utiliser dans quelle situation. (Et oui, il y a certainement une explication pour mes difficultés à jouer des persos qui réfléchissent…)

2. Le jeu régulier : quand avez-vous commencé à jouer régulièrement ? Immédiatement après cette partie, ou plus tard ? Pourquoi ? Qui était votre maître du jeu ? À quoi jouiez-vous ? comment s’appelait cette campagne ? quel était le nom de votre personnage et sa classe de personnage ?
La première partie m’a bien plu, donc pour autant que je m’en souvienne, j’ai continué tout de suite à jouer régulièrement avec le même groupe, au même type de jeu (D&D). Le DM était toi, Paul Moud Ubid ! Je n’essaierai même pas de me rappeler des noms des campagnes ou de personnages! Il y a eu surtout des voleurs et des barbares, mais comme c’est plus rigolo de les jouer un peu casse-cou, ils ont tendance à mourir régulièrement.

Les premières aventures,
dites en Terre du Milieu (circa 1993)
dont les mémoires ont été rédigées
par Ingela A. (collection de l’auteur)

3. Maître de jeu : quand êtes-vous devenu maître de jeu ? Pourquoi ? (ou pourquoi pas ?) Et de quels matériels disposiez-vous à l’époque ? Livre de jeux ? figurines ? autres ? comment s’appelait cette campagne ? Qui l’avait écrit, vous, ou un scénario du commerce ? Combien de temps a-t-elle duré ?
Quand on est prof dans la vie, le rôle du DM n’a que très peu d’attrait, au moins dans mon cas. Les jeux de rôles, pour moi, sont un peu comme le sport ; l’idée est de débrancher temporairement toute activité cérébrale.

4. Arrêt/Reprise : quand avez-vous arrêté ? Quand avez-vous repris ? Et pourquoi ?
On a peut-être continué à jouer après la naissance de ma fille aînée, mais quand on a eu des jumeaux, il a fallu faire des choix ! (Et le sommeil prime sur TOUT. Toujours.)

J’ai repris quand les enfants ont eu une dizaine d’années, il me semble, mais à coups de soirées isolées, pendant assez longtemps.

5. Personnage favori : Quel est le nom de votre personnage favori et que fait-il dans la vie ?
Une pensée pour Ferro, paysan devenu “guerrier” un peu par accident (par dévouement religieux aussi soudain que fervent, me semble-t-il ?) et au QI légèrement inférieur à celui de son cheval. (Note du DM : 4 en INT pour le cheval (le maximum) et 3 pour le PJ (le minimum))…

Toute la vérité sur Ferro : les preuves accablantes… 

6. Personnage décédé : Avez-vous perdu un personnage ? Quel était le nom de ce personnage et que faisait-il dans la vie ? comment est-il décédé ?
J’en ai perdu plein. (Je ne voudrais pas avoir l’air de mettre ça sur le dos du DM, mais bon… ) Ferro est celui que je regrette le plus.

7. Avant de jouer au jeu de rôle, lisiez-vous de la science-fiction ? Du fantastique ? Ou avez-vous lu ces livres après ? Jouiez-vous aux jeux de plateau ? aux wargames ? A Diplomatie ?
J’ai toujours lu un peu de tout, donc j’avais déjà lu Lord of the Rings, Dune et la trilogie d’Asimov, par exemple. J’avais adoré Shardik de Richard Adams, que j’ai relu avec grand plaisir après que George RR Martin l’ait mentionné dans un interview il y a quelque temps.

Les jeux de plateau, Diplomatie et autres ne permettent pas de débranchement cérébral, donc j’ai essayé, mais pas trop aimé.

Shardik, de Richard George Adams,
plus connu en France pour La Colline aux Lapins
(Les Garennes de Watership Down)

8. Enfin, pour finir, quel est votre plus beau souvenir de jeu de rôle ?
Peut-être le tout premier, autour de la table dans le séjour normand de mes futurs beaux-parents. Ou celui où ma fille cadette et sa copine ont découvert et apprécié le jeu de rôle…

Mon histoire avec le Jeu de Rôles, par Arnaud R.

Il nous fallait l’avis des éducateurs : le voici, avec Arnaud R., 52 ans, Cadre de l’Education Nationale

Hawkmoon, l’autre grand univers
de Michael Moorcock

1. Comment avez-vous découvert le jeu de rôle ? Qui vous a initié ? Vous aviez quel âge ? Quel était le nom de votre premier personnage et sa classe de personnage ? À quoi avez-vous joué ? Aviez-vous les règles ? Où vous les étiez-vous procurées ?
Ma toute première expérience doit se passer en 1984, j’étais en Seconde et un copain, qui habitait juste en face du lycée, m’a demandé de faire une partie de Cthulhu. Peu de souvenirs et, à la réflexion, peu d’émotions. Probablement parce que ce copain ne m’était pas très proche. La première fois, c’est rarement terrible. Même pour le JDR !

Ma vraie première expérience se passe bien plus tard en 1990, à la fac, j’ai 22 ans, avec comme MJ Vincent H. et un certain Christophe C., entre autres. Nous avons joué plusieurs parties et notre amitié a commencé là. Ils étaient très habitués, moi complètement novice. J’ai commencé à apprendre et apprécier.

J’ai été vraiment complètement « piqué » lorsque j’ai fait mon service militaire et que je suis tombé sur un MJ hors pair qui nous a fait jouer 2 à 3 soirs par semaine, pendant plus de 6 mois. Nous étions novices  et lui, un MJ aguerri et passionné. Nous jouions à Hawkmoon, au Jeu de Rôles des Terre du Milieu et In Nomine Satanis. J’ai des souvenirs très forts de ces parties qui se déroulaient dans une chambre désaffectée de la caserne, au fond d’un couloir lui-même peu fréquenté et dans un vieux bâtiment à moitié en travaux. Nous étions serrés autour d’une petite table de fortune à lancer des dés en essayant de ne pas crier (ce qui était souvent difficile), dans une pénombre qui visait à éviter d’attirer l’attention des gradés. Et toute la journée, j’attendais ces moments du soir.

J’ai vraiment compris que le JDR, même dans une caserne, avec des règles de vie très contraignantes et un environnement peu culturel, est un excellent moyen d’évasion. Je me suis souvent dit, après cette expérience, que si, un jour, je partais en prison, je ferai tout pour organiser des parties de JDR avec mes codétenus. Ce serait le meilleur moyen de tenir. D’ailleurs, en écrivant cela, je me dis que cela devrait être obligatoire.

2. Le jeu régulier : quand avez-vous commencé à jouer régulièrement ? Immédiatement après cette partie, ou plus tard ? Pourquoi ? Qui était votre maître du jeu ? À quoi jouiez-vous ? comment s’appelait cette campagne ? quel était le nom de votre personnage et sa classe de personnage ?
Le jeu régulier (tous les 15 jours, le vendredi soir) est pratiquement sans interruption depuis 1992, à mon retour de l’armée. Nous avons eu, depuis, très peu de temps morts y compris quand nous avions une actualité de Grandeur Nature très dense avec le Masque et la Tour (il m’est arrivé de jouer 3 GN, et d’organiser 3 week-ends M&T dans la même année).

Nous avons des rotations de MJ régulières, avec une nette prédominance de Vincent H, Manu et moi. J’ai toujours pensé que le socle de notre amitié reposait sur ces retrouvailles bimensuelles (bien que nous nous voyions en dehors avec nos familles respectives) et que cela constituait aussi un groupe de travail autour de notre activité d’organisation du M&T.

La particularité de notre groupe (j’ai appris plus tard, d’ailleurs, que c’en était une) est que nous jouons à tout. Pas de chapelle, pas de JDR exclusif, tout nous intéresse. Nous avons une nette préférence pour le médiéval-fantastique mais nous n’avons joué qu’une seule campagne à D&D3.5 que je masterisais. On a beaucoup joué au début à Rolemaster, JRTM.
A la réflexion, nous avons dû jouer à une trentaine de JDR différents.

Quoi de plus sexy qu’une fiche de perso Rolemaster/MERP/JRTM ? 

3. Maître de jeu : quand êtes-vous devenu maître de jeu ? Pourquoi ? (ou pourquoi pas ?) Et de quels matériels disposiez-vous à l’époque ? Livre de jeux ? figurines ? autres ? comment s’appelait cette campagne ? Qui l’avait écrit, vous, ou un scénario du commerce ? Combien de temps a-t-elle duré ?
Ma première expérience de MJ est Star Wars en 1993-94. J’ai acheté le livre de base et le supplément. J’ai acheté un ou deux scénarios que j’ai encore mais qui sont à Hurionville. Je n’ai pas en mémoire leur titre. Nous avons fait une longue campagne qui a abouti à l’organisation d’un GN sur le même thème en 95.

4. Arrêt/Reprise : quand avez-vous arrêté ? Quand avez-vous repris ? Et pourquoi ?
Nous avons dû nous arrêter de jouer quelque temps, lorsque j’ai déménagé à Bordeaux en 2011.

5. Personnage favori : Quel est le nom de votre personnage favori et que fait-il dans la vie ?
J’ai plusieurs persos en tête ? mais j’ai un faible pour le Professeur Stratenhouse, à Maléfices, qui, pour avancer dans ses recherches universitaires, a dû aller déterrer le cadavre d’une jeune fille au cimetière du Père Lachaise. Il est lié à un moment où nous commencions dans la vie active et que nous devions être plus sages et respectables. J’aimais ce gars bien sous tous rapports, qui le soir, avançait dans ses recherches occultes et sortait dans les sombres rues de Paris avec des paquets lourds en toile de jute.

Maléfices, un des grands jeux initiateurs
de la scène française du JDR

J’ai aussi une pensée pour un fixer à Cyberpunk (je n’ai plus son nom en tête), qui organisait des tournages en visio 4D de meurtres ou suicides en direct pour se faire un peu d’argent. Il avait bon cœur, c’était un bon gars.

J’en ai plein d’autres.

6. Personnage décédé : Avez-vous perdu un personnage ? Quel était le nom de ce personnage et que faisait-il dans la vie ? comment est-il décédé ?
Honte à toi, Christophe, de m’avoir tué Didier, Chaman chien à Shadowrun dans un rituel suicidaire ! Comment as-tu pu me laisser faire jusqu’au bout ? Gamin de la rue, parti de rien, initié à la dure dans les ombres, ayant un destin hors du commun, j’ai même fait des soirées solos pour le développer. Comment as-tu pu me faire ça ? Il erre encore dans mon imaginaire, espérant reprendre vie. Cela viendra peut-être un jour.

7. Avant de jouer au jeu de rôle, lisiez-vous de la science-fiction ? Du fantastique ? Ou avez-vous lu ces livres après ? Jouiez-vous aux jeux de plateau ? aux wargames ? A Diplomatie ?
Avant de jouer au JDR, ma vie était insipide, sans relief, nulle. Je mangeais des chips, l’œil vide, la bave au coin de la lèvre, devant le Club Dorothée.

Dorothée, un des grands initiateurs
de la scène française du JDR

 

Après, j’ai lu Asimov, Howard, Tolkien, GRR Martin et Mathieu Gaborit. J’ai joué à Warhammer Battle, j’ai connu la gloire des batailles gagnées, les filles me suppliant de les honorer, la paix intérieure le long des chemins vers Bree. Que serais-je sans toi, JDR ? Il faudra me mettre des dés dans mon cercueil.

8. Enfin, pour finir, quel est votre plus beau souvenir de jeu de rôle ?
C’est en GN. Il y a des instants – et seuls les joueurs de GN comprendront – où le temps est suspendu, plus rien ne compte. Nous sommes là, l’arme à la main, dans le noir, dans le parc d’un château, après 24h d’intenses négociations durant lesquelles nous avons pris un ascendant diplomatique et économique sur tous les autres joueurs. Nous « tenons » le jeu. Cela arrive assez rarement en GN.

Nous combattons depuis plusieurs heures (ça devait être des minutes probablement) mais physiquement nous sommes rincés. Nos persos sont à sec, presque plus de PV, quelques sorts mineurs mais un rituel à faire.

Les zombies nous encerclent. Nous ne sommes plus que quelques-uns, nos autres compagnons d’armes sont en face transformés en morts vivants. Et quelqu’un dit (peut-être moi) à haute voix – et très sincèrement – « on va tous mourir !». Vous lisez dans les yeux de vos deux meilleurs copains, qu’ils pensent SINCEREMENT, la même chose. Quelqu’un crie (peut-être moi) « formez le cercle ! ». Une énorme décharge d’adrénaline me secoue le corps.

Gloire au JDR !

C’est, dans ces moments gravés à jamais, que se forgent les amitiés dans le feu du Mordor. Plus rien, ou presque, ne pourra les défaire. Gloire au JDR !

Mon histoire avec le Jeu de Rôles, par Stéphane M.

C’est maintenant à la fonction publique de s’exprimer : Stéphane, 50 ans


D’où vient cette étrange fascination pour le d4 ? 

 

1. Comment avez-vous découvert le jeu de rôle ? Qui vous a initié ? Vous aviez quel âge ? Quel était le nom de votre premier personnage et sa classe de personnage ? À quoi avez-vous joué ? Aviez-vous les règles ? Où vous les étiez-vous procurées?
J’ai commencé dans les couloirs du collège, vers 12-13 ans. C’était deux copains qui jouaient, et je me suis incrusté. Je ne me souviens plus du nom de mon premier personnage, car les parties étaient très décousues, sans réel scénario. C’était un Grosbill de circonstance. Nous jouions à D&D. J’ai été fasciné par les dés 20 et les dés 4. Je n’ai donc pas encore mes 40 ans de JDR…

2. Le jeu régulier : quand avez-vous commencé à jouer régulièrement ? Immédiatement après cette partie, ou plus tard ? Pourquoi ? Qui était votre maître du jeu ? À quoi jouiez-vous ? comment s’appelait cette campagne ? quel était le nom de votre personnage et sa classe de personnage ?
Je n’ai commencé à jouer régulièrement que 2-3 ans plus tard, avec un nouveau groupe de joueurs au lycée. Le MJ nous concoctait des scenarii AD&D dans l’environnement de Laelith, parfois tirés de Casus Belli, ou des scénarios originaux, sur mesure, sortis de son imagination. Nous avons d’ailleurs fini pas acquérir notre propre château, financé par nos gains de campagne ! J’ai mené mon magicien Astracolus pendant une dizaine d’années, avec un petit record d’une campagne non-stop d’une cinquantaine d’heures !

La bonne ville de Laelith, Casus Belli N°35, décembre 1986

3. Maître de jeu : quand êtes-vous devenu maître de jeu ? Pourquoi ? (ou pourquoi pas ?) Et de quels matériels disposiez-vous à l’époque ? Livre de jeux ? figurines ? autres ? comment s’appelait cette campagne ? Qui l’avait écrit, vous, ou un scénario du commerce ? Combien de temps a-t-elle duré ?
J’ai commencé à masteuriser avec Shadowrun et Bitume, avec des scénars du commerce (achetés à L’Œuf Cube). J’avais aussi mes productions maison, et mes parties se déroulait à Clermont Ferrand (et oui, pourquoi pas ?!?!?) C’était des parties d’une mission par session, et les persos prenaient de l’XP et des crédits pour investir et s’équiper aux parties suivantes. Nous jouions sur un tableau Velléda où nous mettions en scène nos figurines peintes maison, pour chaque univers (agrémentés de petites voitures Majorette pour Bitume). La durée moyenne était d’une vingtaine d’heures, autour de la nuit du samedi au dimanche.

Bitume + Majorette : le jeu de figurines
à la française… 

4. Arrêt/Reprise : quand avez-vous arrêté ? Quand avez-vous repris ? Et pourquoi ?
J’ai arrêté avec le mariage et repris avec le divorce… un lien de cause à effet ?

5. Personnage favori : Quel est le nom de votre personnage favori et que fait-il dans la vie ?
Mon perso mythique reste Astracolus, magicien de profession. Mon second était Demoniak Ier, Clerc-Voleur Chaotic Evil !

6. Personnage décédé : Avez-vous perdu un personnage ? Quel était le nom de ce personnage et que faisait-il dans la vie ? comment est-il décédé ?
Nos persos de dix ans ne pouvaient plus mourir, il y avait eu trop d’investissement… le MJ était très accommodant !

7. Avant de jouer au jeu de rôle, lisiez-vous de la science-fiction ? Du fantastique ? Ou avez-vous lu ces livres après ? Jouiez-vous aux jeux de plateau ? aux wargames ? A Diplomatie ?
Très peu ! Je n’ai jamais dépassé les cent premières pages du Seigneur des Anneaux et pourtant j’ai très accroché à D&D. J’ai été plus fidèle à Dune, mais me suis arrêté à L’Empereur-Dieu de Dune, et n’ai pas poursuivi les derniers livres du cycle. J’ai tenté le jeu vidéo au début des années 90. Sans être vraiment séduit.

L’Empereur Dieu de Dune, de Frank Herbert, paru en 1982 
“Quand je dois identifier des rebelles, je cherche des homme qui ont des principes”

 

8. Enfin, pour finir, quel est votre plus beau souvenir de jeu de rôle ?
Mon marathon de cinquante heures, commencé un vendredi après les cours, et terminé dans un très sale état le dimanche soir… Une partie à quatre – MJ compris – durant laquelle les seules sorties étaient consacrées au ravitaillement, au McDo du coin (entre 20 et 30 cheeseburgers à chaque fois. Cinq chacun, plus ceux que McDo offrait car l’attente était trop longue… ça n’existe plus aujourd’hui !!!) Cette orgie de cheeseburgers aura vraiment marqué ce weekend. Les boissons étaient gracieusement offertes par les parents du pote qui hébergeaient la partie, des tenanciers de bistrot très accueillants !!!

Au-delà de vingt ans, néanmoins, cette pratique est fortement déconseillée…

Mon histoire avec le Jeu de Rôles, par Emmanuel C.

Poursuivons avec Emmanuel C., 52 ans, statisticien…

1. Comment avez-vous découvert le jeu de rôle ? Qui vous a initié ? Vous aviez quel âge ? Quel était le nom de votre premier personnage et sa classe de personnage ? À quoi avez-vous joué ? Aviez-vous les règles ? Où vous les étiez-vous procurées ?

J’ai été initié aux jeux de rôle en 1985 à l’âge de 18 ans par quelqu’un rencontré au hasard d’une pré-rentrée de fac. Cette personne – que l’on nommera Christophe M. (il restera dans mon relationnel JDR que 3 -4 ans) – m’a parlé du jeu de rôle et je n’avais rien compris à ce qu’il me racontait. De ce fait, il a organisé une partie à 2 PJ. Le jeu devait être MEGA, première édition. Il avait juste apporté les règles de création de personnage et ses dés au format bizarre (2 dés à 10 faces, en l’occurence…)


Ces mystérieux dés qui nous attirent…

 

J’ai dû jouer un rôle de combattant dont je ne me souviens plus le nom. Cela a été une véritable révélation et j’ai voulu tout de suite être MJ. J’ai récupéré les règles de création de perso, et j’ai créé un scénario (très basique, pour des Grosbill…) Et j’ai joué avec de futurs membres du Masque & La Tour (Vincent H, Vincent S et Christophe C), l’association de Grandeur Nature que nous allions bientôt créer…

2. Le jeu régulier : quand avez-vous commencé à jouer régulièrement ? Immédiatement après cette partie, ou plus tard ? Pourquoi ? Qui était votre maître du jeu ? À quoi jouiez-vous ? comment s’appelait cette campagne ? quel était le nom de votre personnage et sa classe de personnage ?
Début 1986, le magazine Jeux et Stratégie édite un hors-série « MEGA II ». A partir de là, je créé une petite campagne, qui est plutôt une succession de scénarios, comme des niveaux d’un jeu vidéo. Je suis plus MJ que joueur. On jouait au moins une fois par semaine.

3. Maître de jeu : quand êtes-vous devenu maître de jeu ? Pourquoi ? (ou pourquoi pas ?) Et de quels matériels disposiez-vous à l’époque ? Livre de jeux ? figurines ? autres ? comment s’appelait cette campagne ? Qui l’avait écrit, vous, ou un scénario du commerce ? Combien de temps a-t-elle duré ?
Je suis devenu MJ dès ma seconde partie, à MEGA II. A la lecture de scénarios de Casus Belli, j’ai acheté ma première boite avec L’Appel de Cthulhu. Et commencé à masteriser sur ce jeu. En 1987, une initiation à Donjons & Dragons me laisse sur ma faim. En effet le fameux Christophe M., devenu MJ, avait invité un joueur expérimenté qui jouait un Magicien-Assassin. Ce personnage nous trahit et nous tue tous à la fin. J’ai trouvé ça nul. Si c’était ça D&D, ce serait sans moi…

Ensuite ce même Christophe M. nous fait découvrir MERP (Le Jeu de Rôles des Terres du Milieu, in french). Le geek que je suis trouve les règles géniales et très précises. En parallèle, mes amis et moi nous créons le premier club Jeux de Rôles dans notre résidence universitaire. Session tous les mercredi soir de 20h à minuit. Il y a au moins deux tables, avec au minimum 6 PJ, et de belles rencontres, dont Alain (futur membre du Masque et la Tour).

De plus, mes amis se mettent aussi à masteriser et acheter d’autres jeux (Pendragon, Bushido, Stormbringer…)
Les années fac continuent et nous arrivons à Rolemaster. Pour mes amis et moi, ce fut pendant longtemps « THE GAME », tant en PJ que MJ. Un réalisme très fort des combats, mais surtout une liberté incroyable : dans un cadre de règles très strictes, on avait la possibilité de créer complètement le personnage, en partant d’une feuille blanche.

RoleMaster, des livrets pour les gouverner tous…

Les années passent, on joue moins… mais on joue toujours ! L’armée vient mettre tout cela en suspens. Certains démarrent leur vie professionnelle, et je suis le dernier à terminer la fac. Les affaires reprennent mais je ne suis pas MJ. Go Tyborg, que je rencontre pour la première fois, me fait jouer à In Nomine Satanis et sa grande campagne Baron Samedi.

De mon côté, je propose la campagne Cthulhu « Terreur sur l’Orient Express ». Vient ensuite la grande révélation en tant que MJ : Vampire la Mascarade. Je conçois une Chronique parisienne qui tient en haleine mes PJ et reste encore dans les mémoires.

Cyberpunk, Shadowrun, Warhammer sont des jeux que j’ai aussi expérimentés en tant que PJ.

4. Arrêt/Reprise : quand avez-vous arrêté ? Quand avez-vous repris ? Et pourquoi ?Deux facteurs m’ont fait arrêter le JDR sur table pendant quelques années. Le premier est l’éloignement géographique avec mes amis, qui devient de plus en plus pesant : 200 km pour jouer un vendredi soir sur deux, cela devient fatiguant à la longue…
Le second – et pas des moindres – est la création de notre association de Jeux de rôle Grandeur Nature, « Le Masque et la Tour ». La conception, la réalisation, le déroulement de nos week-ends sont chronophages. En plus de dix ans, nous avons créé pas moins de trois scénarios pour des jeux de 48h, un scénario pour une soirée, et un scénario de 12h !

En 2013, la rencontre avec l’initiateur de ce questionnaire m’a donné envie de rejouer au JDR sur table. Nous avons beaucoup échangé sur ce sujet. En 2017, c’est la technologie qui m’a permis de rejouer grâce à Roll20 et une campagne Cthulhu « Les Montagnes Hallucinées », masterisée par Go Tyborg.

Paul Moud Ubid, quant à lui, m’a fait retrouver les sensations de jouer autour d’une table avec Monster of the Week et un mémorable Paranoïa.

6. Personnage décédé : Avez-vous perdu un personnage ? Quel était le nom de ce personnage et que faisait-il dans la vie ? comment est-il décédé ?
Je vais juste vous nommer le dernier : Shikari O’Niels, jeune métis indien, éclaireur et hors la loi. Il est mort scalpé, mortellement blessé, suite à une embuscade et des échanges de tirs nourris dans un bled de l’Arizona (JDR : Chroniques Oubliées – Far West).

7. Avant de jouer au jeu de rôle, lisiez-vous de la science-fiction ? Du fantastique ? Ou avez-vous lu ces livres après ? Jouiez-vous aux jeux de plateau ? Aux wargames ? A Diplomatie ?
J’avais peu lu avant, à part Les Livres Dont Vous Etes Le Héros notamment « Loup Solitaire ». J’avais lu Le Meilleur Des Mondes». C’est après seulement que j’ai commencé à lire, notamment Le Seigneur des Anneaux ou Dune.


Aboukir, publié dans Jeux & Stratégie, N° 26 – Mai 1984

Questions Jeux, je jouais avant à Risk. Après j’ai joué à des wargames après notamment Aboukir (Jeux & Stratégie). A mon premier job, j’ai joué avec un champion de France de Wargames (Waterloo, La Bataille des Ardennes, Jutland).
Avec mes amis, on jouait à Formule Dé. Avec la même bande de copains, on se lance dans Warhammer Battle (le jeu de figurines), avec chacun une armée différente. Arrivé sur Paris, je joue aussi à WH40K : une armée d’Ultramarines ; de grandes soirées de peintures en perspective, beaucoup de temps (et de budget) dépensé.

Sinon, j’ai découvert très tard Caylus.

8. Enfin, pour finir, quel est votre plus beau souvenir de jeu de rôle ?
C’est l’été 2017, Go Tyborg vient passer une soirée chez moi à Paris. On test Roll20 afin de vérifier si on pouvait y jouer.
Une grande joie que nous avons réussi à tout paramétrer, et, dans nos regards, l’assurance que nous allions nous remettre à jouer pour longtemps… Et ma première partie en tant que MJ sur Roll20 (jdr : Vampire Age Victorien) après 15 ans d’abstinence !

Prière à Ulric

Coincés dans les profondeurs de Khadar Khalizad, nos héros, guettant la fin de de la peste répandue par le Rat Cornu, s’en remettent à Ulric. Hadden improvise alors cette longue prière :

 

A toi Ulric, Seigneur des Loups, Dieu de l’Hiver
Et des Forêts, Maître de Guerre et du fracas,
Je te dédie mon sang, ma bravoure au combat
Mais entend aujourd’hui mon unique prière.

Que ma lame transperce et jette sous la pierre
Adeptes du Chaos, adorateurs du Rat,
Pour défendre l’Empire et pour Katarina
Fille du Nord, aux cheveux d’or, fière héritière.

Protège la Gravin, élue parmi les rois,
Ici présente, à mes côtés, et devant Toi,
Main dans la main, cœur contre cœur,
face au danger.

Accepte en ce serment le don de tes enfants,
En ta Flamme sacrée, l’offrande de nos sangs.
Sur ma vie, par ma foi, mon souffle et mon épée!

Qui a dit que les rôlistes n’étaient pas poètes ?

Mon histoire avec le Jeu de Rôles, par Bruno L.

 

Suite de notre grand sondage Jeu de Rôle ; découvrez le parcours de Bruno L., Directeur financier, 48 ans

Stormbringer, publié par Oriflam en 1987

1. Comment avez-vous découvert le jeu de rôle ? Qui vous a initié ? Vous aviez quel âge ? Quel était le nom de votre premier personnage et sa classe de personnage ? À quoi avez-vous joué ? Aviez-vous les règles ? Où vous les étiez-vous procurées ?
Découverte « légère » en 1986-1985 pendant la récré (classe de 4ème) entre midi et 14h : des gars jouent à D&D. On les observe, et on commence à jouer des persos qui ne survivent pas plus de deux trois parties, sur la base des règle photocopiées – et partielles – d’AD&D. On joue dans le monde de Laelith et on mélange plein de trucs (Conan, les ninjas, Dar l’Invincible), etc.

tanya

Madame Dar, invincible également…
(Tanya Roberts)

1987, on achète à deux, avec un copain, Stormbringer (dans une boutique spécialisée de Clermont-Ferrand). On se partage la boite et on fait des photocopies. On trouve un troisième larron qui joue de son côté à MEGA et qui veut acheter l’Appel de Cthulhu. On achète Bushido (version française), on n’y comprend pas grand-chose, donc on continue de jouer dans le monde de Melniboné des personnages éphémères.

2. Le jeu régulier : quand avez-vous commencé à jouer régulièrement ? Immédiatement après cette partie, ou plus tard ? Pourquoi ? Qui était votre maître du jeu ? À quoi jouiez-vous ? comment s’appelait cette campagne ? quel était le nom de votre personnage et sa classe de personnage ?
Premier personnage dont j’ai un souvenir significatif : Thomas Jefferson Millius, parapsychologue, pour l’Appel de Cthulhu en 1987. Les choses deviennent sérieuses. Avec l’Appel, on comprend qu’on n’est pas obligé de mourir sous une pluie de flèches à la fin de la première partie pour refaire un nouveau personnage. On peut jouer des campagnes, avec des persos qu’on peut développer. On commence à faire des scénarios en solo avec un copain, puis à 2-3 joueurs. Les campagnes ne portent pas de nom, mais on progresse (on fait des croix puis on essaye de gagner des points de Xp).

Le marché se développe ; on achète Casus Belli puis on a envie de devenir MJ. Je m’achète Runequest et on fait un pacte avec les copains : « si tu achètes le jeu, TU ES MJ, et tu ne seras JAMAIS JOUEUR».

3. Maître de jeu : quand êtes-vous devenu maître de jeu ? Pourquoi ? (ou pourquoi pas ?) Et de quels matériels disposiez-vous à l’époque ? Livre de jeux ? figurines ? autres ? comment s’appelait cette campagne ? Qui l’avait écrit, vous, ou un scénario du commerce ? Combien de temps a-t-elle duré ?
Avec Runequest (livre de base + supplément Les Dieux de Glorantha), on improvise des parties le dimanche après-midi sans trop rien comprendre au monde. On passe du bon temps, mais c’est franchement brouillon.

Deux jeux vont changer nos vies de rôliste : j’achète James Bond 007 et mon camarade achète StarWars. Nous allons jouer à ces deux jeux en campagne, avec les même PJs, pendant plusieurs années. Entre les deux, on multiplie les expériences – et les campagnes – sur d’autres jeux. Pour nous le JDR, c’est sérieux ; donc roleplay. Des PJ et PNJ qui ont des vrais visages (acteurs de cinémas, photos découpées dans des magazines) et de la musique de films pour ambiancer les parties (on économise pour acheter des CD). On fabrique nous-même nos paravents, avec des photos collées et des règles strictes : le joueur est responsable de sa fiche et de sa prise de notes.

Je masterise sur la période 1988-1994 : James Bond 007, Reward 10 000 (un jeu western assez rare) et Shadowrun.
Sur la même période je joue à : Star Wars, Berlin XVIII, Pendragon, l’Appel de Cthulhu et son formidable supplément sur la France : « Les Années Folles ».On essaye ponctuellement d’autres jeux : La Terre Creuse, Les Divisions De L’ombre, Space 1889.

On ne joue quasiment jamais des scénarios du commerce : on fabrique nos propres campagnes, qui souvent s’étalent sur plusieurs années, dans un environnement très ouvert. Les joueurs sont libres d’évoluer comme bon leur semble sous réserve de respecter l’ambiance du jeu, et de ne jamais refuser l’aventure.

4. Arrêt/Reprise : quand avez-vous arrêté ? Quand avez-vous repris ? Et pourquoi ?
On arrête définitivement de jouer en 1995 car il faut quitter les copains et partir travailler à Paris. Et on reprend un jour en 2013 parce qu’un type, même pas louche, nous dit à brûle-pourpoint, lors d’un déjeuner qu’il pratique encore le JDR au 21ème siècle.

5. Personnage favori : Quel est le nom de votre personnage favori et que fait-il dans la vie ?
J’ai eu plusieurs personnages fétiches. Mon top, par ordre d’apparition :
1. Star Wars : Hal Jordak, contrebandier corélien,
2. Berlin XVIII : Thomas Olendorf, sergent Falkampft (policier), Secteur 18, Berlin.
3. Les Années Folles (AdC) : Jean-Sébastien Bosart, professeur d’astronomie à l’observatoire de Paris.
4. Pendragon : Arcavius de Bornemouth, chevalier du Dorset.
5. La Nuit des Chasseurs : Elmer Fletcher, outlaw & Homme de Loi

6. Personnage décédé : Avez-vous perdu un personnage ? Quel était le nom de ce personnage et que faisait-il dans la vie ? comment est-il décédé ?
Dans les morts célèbres :
Les Années Folles : Napoléon Giordano, détective privé Corse (chute depuis une falaise).
AdC : Thomas Jefferson Milius. Après avoir abattu son compagnon de jeu d’un coup de calibre 12, Milius retourne son arme contre sa tête et tire. Le Gardien des Arcanes réclame un jet : « 100 » échec critique, suicide impossible, Millius terminera sa vie, fou et seul, dans une ferme au nord de Boston.

7. Avant de jouer au jeu de rôle, lisiez-vous de la science-fiction ? Du fantastique ? Ou avez-vous lu ces livres après ? Jouiez-vous aux jeux de plateau ? aux wargames ? A diplomatie ?
Pas de lecture fantastique avant le JDR : dans les premiers ouvrages lus : Le Seigneur des Anneaux, le cycle d’Elric, Dune. Niveau jeux de plateaux, je n’accroche pas trop. On joue un peu à Siège, Bloodbowl, Tankleader mais le côté gagnant / perdant ne me plait pas.

8. Enfin, pour finir, quel est votre plus beau souvenir de jeu de rôle ?
Quelques parties / scènes en mémoire :
Old times :
• A Star Wars : la bataille de Star End : la Rébellion attaque l’Empire en mode Le Jour le Plus Long, des personnages historiques se sacrifient pour le passage des troupes.
• A Berlin XVIII : on abat à la fin du scénario le « méchant principal » qui a kidnappé les enfants. On apprend finalement qu’il sauvait des orphelins !
• A James Bond : l’agent 002 assassine le Major N. Burke par vengeance.
• A Shadowrun, Pixie (mage galloise), et son équipe, attaquent l’UB à Seattle.

Dans les temps plus récents :
• A Te Deum pour un Massacre : l’infiltration d’une assemblée de protestants par Lamont et Polignac à Sarlat en 1562
• Dans La Nuit des Chasseurs : on délivre Desolation, Texas !