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Archive pour écluse

Randolf Vogt, un PNJ pour l’Empire en Flammes

 

Randolph Vogt, Premier Echevin,
par Ludweghe de Groodt, dit le Le Grand, 1489
Collection Ecole Impériale d’Artillerie

ATTENTION SPOILERS

AVERTISSEMENT : Randolf Vogt est un personnage mineur des Forges de Nuln, pour Warhammer 2nde Edition. C’est le père d’un des grands méchants du scénario. J’ai repris son nom, sa fonction, et une partie de l’intrigue pour le transposer dans MyLCI, ma version de La Campagne Impériale, Warhammer 1ere Edition.

Le blason de l’Ecole Impériale d’Artillerie

Randolf Vogt est l’ancien Premier Echevin de l’Artillerie de Nuln, soit un personnage très important de la Cité Souveraine. Agé de soixante-dix ans, Randolf a commencé en bas de l’échelle comme ouvrier des forges. Inculte, illettré, il a fait suffisamment ses preuves pour attirer l’attention du Maitre des Forges de l’époque, qui l’a pris sous son aile, et l’instruisant, après de longues heures de travail, dans le calcul des portées, des poussées, des trajectoires…

Âme d’un canon en cours de fonte

A sa mort, le Maître, qui l’avait déjà nommé contremaître, puis adjoint, le coucha sur son héritage. Pendant près de trente ans, Meister Vogt  dirigea les plus grosses forges de Nuln, jusqu’à ce que l’accession de la Gravin Emmanuelle, en 1500, ne sonne la fin de son règne. Injustement désavoué pour avoir détourné l’argent du Comté, il fut remplacé, en 1502, par Wolfhart von Liebewitz, le cousin bien peu compétent d’Emmanuelle et, comme par hasard, concurrent des fonderies Vogt.

Wolfram von Liebewitz,
actuel Premier Echevin

Vexé d’être mis sur la touche, et, pire, ignoré par « une gamine de seize ans », il s’est alors rapproché de Gothard Wittgenstein, un étudiant de Nuln à qui il avait présenté Etelka Herzen, lors d’un bal. Peu convaincu par la mystique de la Main Pourpre, il y voit pourtant un moyen d’assouvir sa vengeance et de se débarrasser des Liebewitz.

 

 

 

 

Etelka et Gothard, les amants terribles

Randolf Vogt n’est pas membre de la Main Pourpre, ne s’intéresse pas aux rituels de la Loge de Slaanesh, mais il les finance, leur apporte de l’aide et utilise ce réseau à ses propres fins.

Un extrait des livres de compte
de Randolph Vogt
(archives de la Garde Comtale)

Une fouille attentive de sa demeure dans les beaux quartiers de l’Altstadt permet ainsi de trouver un livre de compte des versements vogt dans les différentes capitales de l’empire ; or ces cités correspondent aux actions déjà mises à jour par nos amis middenlandais. Bögenhafen, Weissbruck, Middenheim, Altdorf, Kemperbad… L’argent de Vogt irrigue les cellules de la Main Pourpre : au total, Randolf Vogt  avoue avoir versé plus de 14 000 couronnes impériales sur 7 ans (mais avoir aussi gagné aussi des contrats de fonderie à Altdorf et à Middenheim, et pris une participation dans les recettes de Windhund, la compagnie de roulage de Willy Goebbels, connu aussi sous le nom de Gothard Wittgenstein.)

Car c’est surtout avec lui que Herr Vogt traite, puis Joachim Fest, à Kemperbad. Ses contacts à Pfeildorf, comme Aloysia Freund, la veuve d’un entrepreneur de bâtiment ou Marieke Vandemaekere, un importateur marienbourgeois à Talabheim, Vogt ne les connait pas  vraiment…  Il les finance pour rendre service à Gothard.

Joachim Fest,
l’éclusier de Kemperbad

Enfin, il y a le Flibustier, une taverne près des quais ; Grasser, le patron, est aussi un contact de la MP et accueille les membres de la secte quand ils arrivent dans la cité.

C’est en tout cas ce qu’il déclare à ses questionneurs, Helmut et Hadden, alors que ceux-ci viennent de démêler le complot qui vise à faire exploser le Magnus, ce gigantesque canon, l’arme ultime, lors de sa prochaine inauguration.

La Gravin a pourtant donné des ordres clairs ; il est hors de question que le peuple de Nuln apprenne la trahison de Vogt, que l’inauguration tant attendue du Père de tous les Canons soient retardé, bref, que le peuple perde confiance dans son artillerie, qui, comme chacun sait, est gravée sur chaque canon, N.U.R. : « Nuln Ultima Ratio ».

L’artillerie, dernier argument de Nuln.

Dernier ?

L’éclusier de Kemperbad

ATTENTION SPOILERS 

Theodosus Fest

Theodosus Fest avant son arrestation,
coll. particulière

L’écluse de Kemperbad ne se contentait pas d’être un haut lieu du commerce triangulaire entre le Stirland, le Reikland et le Wissenland, c’était aussi – et peut-être à cause de cela –  un haut lieu de la Main Pourpre. Nos amis y étaient déjà passés lors de leurs aventures dans le sud, en ce printemps 1512, quand ils chassaient Ernst Heidleman et Etelka Herzen entre Wittgendorf et Grissenwald. Elle fut d’ailleurs tuée non loin de Kemperbad, mais c’est une autre histoire. Cette fois là, nos forestiers s’étaient fait passer pour des membres de la secte, mais n’avaient pu discuter que brièvement avec Theodosus Fest, l’éclusier de Kemperbad. Fest est veuf, la quarantaine ténébreuse. Depuis la mort de sa femme, il ne vit qu’avec son fils, Jo, et trois molosses qui gardent l’écluse la nuit.  Frustre, mais charismatique, son influence s’étend bien au-delà de la ville.

Joachim jo Fest

Joachim « Jo » Fest, le fils de l’éclusier,
coll. particulière

C’est pourquoi son écluse est un des nœuds indispensables qui lient les cellules de la secte. En effet, située idéalement au confluent de deux fleuves, l’écluse permet de nombreux échanges. On peut facilement y faire passer des messages (en ayant quelque accointance avec des cochers de la Compagnie des Quatre Saisons), ou en hébergeant pour une nuit des personnalités en rupture de ban, et pas n’importe lesquelles.

Grand ThéogoneKarl-Heinz Warsmeier Hollzauber vieux

Le Grand Théogone,
Karl-Heinz Warzmeier,
le capitaine Hollzauber :
trois personnalités recherchées
qui ont pu trouver refuge
à l’écluse de Kemperbad

Richter, le patron de la masse d’Argent, l’auberge qui hébergeait l’un des plus grosses cellules d’Altdorf. Karl Heinz Warsmeier, ancien Doyen de l’université de Middenheim, ancien Seigneur des Lois, et Pouce de Middenheim. Hollzauber, Capitaine de la Garde impériale. Et surtout, le Grand Théogone lui-même, le Vicaire de Sigmar, l’Ipanème d’Ici Bas et d’En Haut, le Jeune Nain de Khadar Khalizad, porteur près l’empereur de Ghal Maraz ! En fuite après la révélation de son incroyable trahison, lui, le seigneur de tous les sigmarites, en réalité Main Pourpre en personne !!! Ces personnages, désormais en fuite, ont pu trouver à un moment ou un autre asile à l’écluse ou à l’auberge des Quatre Saisons.

quatre saisons2L’enseigne si reconnaissable
de la Compagnie de roulage
des Quatre Saisons

Nos amis middenlandais ont vite compris cela, mais dispersés par une grande malignité de fortune – une partie de l’escouade ayant par erreur tué un garde du Stirland, ce qui a déclenché leur arrestation musclée mais aussi celle de l’éclusier, ce combat acharné ayant conduit à la mort de Jo, et celle de Richter – c’est seulement Jochen et Hadden qui ont pu fouiller l’écluse.

Malheureusement, la garde était déjà passée par là. Que reste-t-il ? Pas mal de pièces d’or (beaucoup plus qu’un éclusier pourrait en économiser en une année), et un pendentif de la Main Pourpre avec un majeur en or indiquant la position proéminente de Theodosus Fest dans la région. Et aussi un petit médaillon en argent, orné d’un marin avec une jambe de bois et un bandeau sur l’œil.

Comme un pirate.

Personnalités de Kemperbad

 

Evidemment, avec le rude – et précoce – hiver qui vient de s’abattre, Kemperbad est un peu au ralenti et peu de péniches s’attardent sur les rives du Reik et du Stir. Néanmoins, il reste un peu d’agitation.

sergent stirland

Sergent stirlandais, circa 1509

 

Cette échauffourée sur les quais (un Sergent de la Garde a été tué, d’autres ont été blessés, et on aurait arrêté les coupables ; des middenheimois coupables d’agression sur le neveu de l’empereur)…

Stirland

L’étendard du Stirland, le Cor et la Mort 

En outre, à la Caserne de la Porte, flotte l’étendard du Stirland, indiquant que le Graf est en ville ou s’en approche.

Capitaine de la garnison Karl Von Heutrass

Karl Von Heutrass,
portrait de Francesco Salviati (1509)

En tout cas, on s’agglutine aux portes de la prison, sous la garde du Capitaine de la Garnison Karl Von Heutrass. Bientôt c’est le Graf lui-même, suivi de Marius Leitdorf, conseiller et ami du jeune Graf de pénétrer dans la prison centrale, le « Fromage » comme l’appelle affectueusement les kemperbadois, eu égard à sa tourelle aplatie qui sert de donjon.

Marius Leitdorf

Marius Leitdorf, ami et confident du Graf Alberich,
par Giovanni Battista Moroni (1508), Galerie des Offices, Miragliano

 

On voit bientôt entrer une personnalité reconnaissable de la Cité souveraine, Max. Mauvais caractère, personnage rebelle, mais s’il est là, c’est que quelqu’un est gravement blessé.

Maximilian Schnipheisser
Maximilian Schnipheisser, le médecin des pauvres

D’ailleurs bientôt arrive un homme gravement blessé, mais vivant, Théodosus Fest, l’éclusier de Kemperbad, ainsi que deux cadavres ensanglanté !

Theodosus Fest

Theodosus Fest

 

Mais que se passe-t-il à Kemperbad !??

L’éclusier

C’est d’actualité ; Konrad Tannenwald est nautonier, c’est à dire conducteur d’une barque, d’un navire, ou d’une péniche, en l’occurrence la Lorelei, sur les eaux tumultueuses du Reik. (En réalité ce sont plutôt les rives qui sont tumultueuses et chaotiques, car le Reik au nord de Nuln est plutôt large et majestueux). Nos amis fréquentent donc ardemment le Reik, ses ports, ses docks, et ses écluses…

brel

 

Jacques de Brelle, médaillon populaire, Musée de Marienurg

Bref, en 1468, Jacques de Brelle, poète marienbourgeois, a écrit une belle chanson, très à propos, sur le dur métier d’éclusier. La voici.

Les mariniers
Me voient vieillir
Je vois vieillir
Les mariniers
On joue au jeu
Des imbéciles
Où l’immobile
Est le plus vieux
Dans mon métier
Même en été
Faut voyager
Les yeux fermés.

Ce n’est pas rien d’être éclusier

Les mariniers
Savent ma trogne
Ils me plaisantent
Et ils ont tort
Moitié sorcier
Moitié ivrogne
Je jette un sort
À tout c’qui chante
Dans mon métier
C’est en automne
Qu’on cueille les pommes
Et les noyés
Ce n’est pas rien d’être éclusier

Dans son panier
Un enfant louche
Pour voir la mouche
Qui est sur son nez
Maman ronronne
Le temps soupire
Le chou transpire
Le feu ronchonne
Dans mon métier
C’est en hiver
Qu’on pense au père
Qui s’est noyé
Ce n’est pas rien d’être éclusier
Vers le printemps
Les marinières
M’font des manières
De leur chaland
J’aimerais leur jeu
Sans cette guerre
Qui m’a un peu
Trop abimé
Dans mon métier
C’est au printemps
Qu’on prend le temps
De se noyer

Les Ecluses

Quelques précisions sur les écluses, qui font partie du charme de Warhammer. Certains ont visité l’écluse de Kemperbad et en ont gardé un souvenir certain.

Ecluse_Fest

Les écluses existent depuis les débuts de l’empire, mais elles commencent à  se perfectionner – et donc se répandre – au XV° siècle.

ecluse plan

Plan d’une écluse Bretonnienne (Villefranche sur Loing, près de Bordeleaux)

Construites en pierre, elles sont également tapissées de briques. Les portes sont en bois et doivent t être manipulées avec les tourniquets, par l’éclusier ou ses enfants ; il n’y a pas besoin d’être très fort, mais par contre cela peut prendre du temps. Chaque écluse prend  10 minutes à se remplir et il faut 3 bonnes minutes pour fermer une porte busquée (les doubles portes en formes de V tournées vers l’amont).

plan dessiné

Ici vous trouverez le plan kemperbad ecluses,
on notera l’erreur : en bas du plan, c’est bien de la « Cité du Levant » dont il s’agit…

Sur l’écluse de Kemperbad, qui comporte sept bassins, il faut donc deux heures environ pour passer de l’amont  à l’aval.

Concrètement, le matin, ce sont les péniches descendant le Stir qui sont prioritaires, et à partir de midi ce sont les péniches qui le remontent. Aucune péniche ne passe une fois la nuit tombée. Pour cela il y a deux zones d’attente : le port où sont garées les péniches qui veulent remonter le Stir, et un autre ponton en amont de la maison de l’éclusier pour les péniches qui veulent rejoindre le Reik.

Quand une péniche arrive, elle peut faire sonner les cloches qui se trouvent au pied de la première écluse. L’éclusier ou son fils sortent alors manœuvrer la première porte busquée en manipulant le tourniquet. Il y a un tourniquet par double porte. Donc, quand il manipule une des premières portes, l’éclusier peut se trouver à environ 50 m de sa maison. Dans un bassin il y a juste la place pour une péniche en largeur (et quelques mètres devant et derrière). Les nautoniers amarrent leur péniche sur deux bittes d’amarrage pendant qu’on ferme les portes, le temps que l’eau se remplisse. Une fois le niveau atteint, on ouvre les portes et la péniche est hâlée par le batelier et l’éclusier jusqu’au prochain bassin grâce à une corde et des poulies. Ou des chevaux de trait, si les bateliers en ont.

***

Les rapides sont passables en barque, avec de gros risques.

Il n’est pas possible d’escalader la falaise de calcaire, trop dangereux. Le seul accès reste les balancelles ou les 1111 marches très glissantes, toutes les deux donnant sur le Reik. Aucune voie d’accès sur le Stir, que ce soit vers les quartiers du Couchant ou du Levant.