Planet Arrakis

Jeux de rôle, jeux de plateau, prenez ce qui vous plait…

Archive pour aventurier

Grenzstadt, la dernière auberge avant la fin du monde

Grenzstadt, sous le Croc (vue d’artiste)

 

Peu de citoyens de l’empire s’aventurent jusqu’à Grenzstadt, la dernière cité humaine avant le « Bout du Monde », cette gigantesque chaîne de montagne qui barre les limites orientales de l’Empire. Au cœur des montagnes, les antiques cités naines, abandonnées depuis des éons, et au-delà, quoi ? Le chaos ?

Mais Grenzstadt est loin de tout ça, à au moins quatre jours de marche jusqu’à la Passe du Feu Noir, célèbre bataille où le jeune Sigmar se couvrit de gloire contre les Peaux-Vertes. Grenzstadt est certes au bout de la route, mais c’est une petite cité minière, prospère pendant l’été, et au ralenti pendant l’hiver. Collé au Croc, le premier pic des Montagnes Grises, elle aligne ses cabanes de bois modestes mais confortables, le long de rues qui n’ont pas de nom, mais juste des numéros ; première rue, seconde rue, tierce rue…

Et puis domine, creusé dans le granit, le Temple Noir de Grugni, seul rappel de l’héritage nain. Le temple n’a rien de spécial, il ne subsiste aucun ornement, mais seul sa taille impressionne le voyageur : sa nef monte jusqu’à vingt-quatre coudées…

 

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Des PNJ pour D&D en 30 secondes

pnj-30

Une des problèmes de Donjons & Dragons, c’est qu’il est compliqué d’improviser un PNJ, vu la complexité des règles. Une complexité bien pratique pour élaborer nos Personnages Joueurs, intégrant parfaitement les subtilités de l’Inné et de l’Acquis – le fameux carac+compétence.

Mais voilà, nos PJ veulent soudain affronter (intellectuellement ou physiquement, peu importe) un personnage que vous avez placé là juste pour le décor, ou pour révéler un indice. Dans l’Appel de Cthulhu c’est facile : un chirurgien doit avoir de bonnes chances (60%) de se servir d’un couteau, et un bibliothécaire de très petites chances de faire de même (15%).

Traduire cela à D&D est moins intuitif, mais je n’échangerais pour rien au monde mon d20 contre des dés à pourcentage, au moins dans un univers médiéval*. J’ai donc suivi, en quelque sorte, les conseils de John « Dirty MJ » Wick qui suggère de faire des mini-fiches avec un nom, un lieu, un trait de caractère, et deux ou trois compétences clés.

conan-philosophe

20% de chance pour Conan d’être d’accord avec Derrida pour dire que les théories du signe s’inscrivent dans le courant poststructuraliste, et donc s’opposer au structuralisme saussurien…

Mais surtout, j’ai décidé de faire un pense bête « PNJ en 30 secondes » qui me permet d’ajuster immédiatement la difficulté de la rencontre. Je ne me suis intéressé qu’aux données clefs : PDV, ÇA, Jet de Sauvegarde, et Bonus à l’Attaque.

Bien sûr, c’est caricatural ; le but n’est pas de dessiner le grand méchant de votre histoire mais bien de gérer cette rencontre sans perdre de temps…

Vous retrouverez ce tableau dans ma synthèse Aide-mémoire, où j’ai mis – à mon sens – les tables les plus importantes pour D&D …

* Le d100 me semble parfait pour l’époque contemporaine, où l’on est habitué à mesurer en %. Je trouve qu’on perd du rêve si l’on dit que Jochen à 70% de toucher sa cible. Je préfère lui dire que la difficulté est de 20, voire ne rien dire du tout. C’est cette zone d’incertitude (même si le joueur peut la calculer) qui fait la magie des systèmes comme D&D, Vampire, ou le Roll& Keep.

Iles et Archipels du Banc & Principales Localités de Nova Cirandia

 

cirande

Cap du Nez-dePierre, début août

On en a déjà parlé, Cirande, c’est l’univers de l’ami Gilles aka Konrad Tannenwald, aka Tom Malone. On est dans la deuxième saison de Cirande, qui nous a fait quitter les intrigues de la ville, la duchesse, les combats de trolls truqués, l’argent maudit, pour une toute autre perspective : le Banc. En l’occurrence, un mélange de Bretagne, de Mer du Nord, du Seigneur des Anneaux et de Lanfeust de Troy. Des combats de trolls sur une ile à la Stevenson (et pas à la JJ Abrams), des bordels, des phares, de l’huile de morue, et de la chasse à la baleine. Moby Dick et Barbe Rouge. Et des orcs sympas (oui, je sais, c’est une drôle d’idée).

Et la fine équipe : Lahire de Stangy, Dretsch, Le Capitaine Alannor, Slaad de Grimont  et votre serviteur, Maspero d’Andacre.

carte-du-banc

Carte du Banc, circa 922, d’après les relevés des expéditions caladariennes

Derrière cet ingénieux sandbox, Gilles tisse tout doucement sa toile. On peut faire ce qu’on veut, naviguer comme on l’entend, sans ordre préétabli. Enquêter ici sur quelque chose qui cloche, ou pas. Peu importe, de cet immense bac à sable, de ce GTA-sur-mer, une intrigue finira par surgir. Un trafic d’acier se découvre. Une vieille vengeance se prépare. Et l’hiver vient.

Pour vous repérer, le MJ nous a concocté de magnifiques cartes qu’il projette sur son grand téléviseur tout neuf. Pas la peine, tout est là : iles-et-archipels-du-banc

Carguez le Grand Eperlin ! Et souquez ferme !

L’éclusier de Kemperbad

ATTENTION SPOILERS 

Theodosus Fest

Theodosus Fest avant son arrestation,
coll. particulière

L’écluse de Kemperbad ne se contentait pas d’être un haut lieu du commerce triangulaire entre le Stirland, le Reikland et le Wissenland, c’était aussi – et peut-être à cause de cela –  un haut lieu de la Main Pourpre. Nos amis y étaient déjà passés lors de leurs aventures dans le sud, en ce printemps 1512, quand ils chassaient Ernst Heidleman et Etelka Herzen entre Wittgendorf et Grissenwald. Elle fut d’ailleurs tuée non loin de Kemperbad, mais c’est une autre histoire. Cette fois là, nos forestiers s’étaient fait passer pour des membres de la secte, mais n’avaient pu discuter que brièvement avec Theodosus Fest, l’éclusier de Kemperbad. Fest est veuf, la quarantaine ténébreuse. Depuis la mort de sa femme, il ne vit qu’avec son fils, Jo, et trois molosses qui gardent l’écluse la nuit.  Frustre, mais charismatique, son influence s’étend bien au-delà de la ville.

Joachim jo Fest

Joachim « Jo » Fest, le fils de l’éclusier,
coll. particulière

C’est pourquoi son écluse est un des nœuds indispensables qui lient les cellules de la secte. En effet, située idéalement au confluent de deux fleuves, l’écluse permet de nombreux échanges. On peut facilement y faire passer des messages (en ayant quelque accointance avec des cochers de la Compagnie des Quatre Saisons), ou en hébergeant pour une nuit des personnalités en rupture de ban, et pas n’importe lesquelles.

Grand ThéogoneKarl-Heinz Warsmeier Hollzauber vieux

Le Grand Théogone,
Karl-Heinz Warzmeier,
le capitaine Hollzauber :
trois personnalités recherchées
qui ont pu trouver refuge
à l’écluse de Kemperbad

Richter, le patron de la masse d’Argent, l’auberge qui hébergeait l’un des plus grosses cellules d’Altdorf. Karl Heinz Warsmeier, ancien Doyen de l’université de Middenheim, ancien Seigneur des Lois, et Pouce de Middenheim. Hollzauber, Capitaine de la Garde impériale. Et surtout, le Grand Théogone lui-même, le Vicaire de Sigmar, l’Ipanème d’Ici Bas et d’En Haut, le Jeune Nain de Khadar Khalizad, porteur près l’empereur de Ghal Maraz ! En fuite après la révélation de son incroyable trahison, lui, le seigneur de tous les sigmarites, en réalité Main Pourpre en personne !!! Ces personnages, désormais en fuite, ont pu trouver à un moment ou un autre asile à l’écluse ou à l’auberge des Quatre Saisons.

quatre saisons2L’enseigne si reconnaissable
de la Compagnie de roulage
des Quatre Saisons

Nos amis middenlandais ont vite compris cela, mais dispersés par une grande malignité de fortune – une partie de l’escouade ayant par erreur tué un garde du Stirland, ce qui a déclenché leur arrestation musclée mais aussi celle de l’éclusier, ce combat acharné ayant conduit à la mort de Jo, et celle de Richter – c’est seulement Jochen et Hadden qui ont pu fouiller l’écluse.

Malheureusement, la garde était déjà passée par là. Que reste-t-il ? Pas mal de pièces d’or (beaucoup plus qu’un éclusier pourrait en économiser en une année), et un pendentif de la Main Pourpre avec un majeur en or indiquant la position proéminente de Theodosus Fest dans la région. Et aussi un petit médaillon en argent, orné d’un marin avec une jambe de bois et un bandeau sur l’œil.

Comme un pirate.

Le petit carnet d’Adolphus Kuftsos

carnet

 

ATTENTION SPOILERS

Adolphus_KuftsosAdolphus Kuftsos est le premier personnage-clef de la Campagne Impériale. Dans Ombres sur Bögenhafen, il lance la campagne en permettant aux joueurs de trouver sur lui un mystérieux carnet de notes. Des indices qui intriguent les joueurs et les lancent dans cette formidable aventure. En voici le contenu, qu’a pu photographier exceptionnellement notre journaliste. C’est la Gravin de Middenheim elle-même qui a fait ouvrir, pour la première fois, les archives du Mémorial.

 

1

La page de garde, qui, comme le veut l’usage, comprend une croix templière dessinée par le templier lui-même.

6

« Sombre est l’Aile de la Mort », le serment templier.

24

Une dédicace, probablement adressée à la soeur du templier, morte suite aux agissements de le Main Pourpre.

19

Par où commencer ?

10

Altdorf est très vite source d’inquiétude pour le Temple…

9

…Tout comme la Cité Blanche.

1318 13

Les notes sur Nuln…
17

Etelka Herzen fait partie des premières personnes suspectées par le templier…

16

Kastor Lieberung est déjà une cible identifiée…15

Les sentiments de Kuftsos débordent parfois sur le carnet. 

14

Bögenhafen et sa ligue marchande vont inciter le templier à tendre son piège sur les rives de la Bögen.

12Les premières intuitions de Kuftsos sur l’organigramme en cellules de la Main Pourpre.

11Une mention qui va longtemps hanter la Chance du Graf.

Ben elle n’était plus là ! 

LA Examiner Dans le jeu de rôle, il y a les joueurs qui sont venus par les règles (wargame-D&D-combien elle fait de dommages ta bastarde quand on la tient à deux mains ?), et ceux qui sont venus par les roleplay. Madame Ferro est de celles-là ; un jour, elle a eu envie de jouer au jeu de rôle – pour voir – et elle joue toujours, vingt après. Et c’est depuis ce jour séminal que M. Moud Ubid s’est remis au JDR après cinq ans de disette, et n’a plus jamais arrêté.

Madame Ferro son truc, c’est le roleplay. Vingt ans après, elle demande toujours quel dé lancer pour une attaque à D&D, et ne sait jamais retrouver ses compétences sur sa fiche. Parce que son truc, c’est le roleplay ! On lui file un personnage, n’importe lequel, et ça va chier ! Elle ne joue pas corporate, madame Ferro, elle joue son personnage. Pire, elle joue exactement les caractéristiques de son personnage. 3 en intelligence ? Elle révèle le plan au Grand Méchant. 10 en Force ?  Elle vérifie auprès du MJ si elle peut vraiment soulever cette hallebarde. 12 en Dextérité ? Franchement elle ne préfère pas tirer au revolver : « Je pourrais blesser quelqu’un ! ». Et les regards consternés de ses camarades joueurs ne changent rien à l’affaire.

Madame Ferro, ce n’est pas son vrai nom, évidemment, on n’est pas des balances sur Planet Arrakis ! Non, ce moment elle a renoncé à l’idiot du village qu’elle interprétait avec un talent certain dans la Campagne Sans Nom, qui nous promena de Saltmarsh à Garrotten. Maintenant elle se fait appeler James Flavin, un petit acteur Hollywoodien qui monte, qui monte, et qui vient de perdre sa dernière conquête, Debbie, dans la Cité des Anges de cette bonne année 1949*, tout juste deux ans après cette sale affaire du Dahlia.  Bref, quand l’inspecteur Hooker est venu l’interroger sur la disparue, il n’a obtenu que cette évidence :

« – Comment vous êtes-vous rendu compte qu’elle avait disparu ?

– Ben elle n’était plus là ! »  

C’est ça Hollywood, en même temps. C’est pas la Comédie Française.

* Vous aurez reconnu « Les Collines hallucinées », le scénario de Guillaume Baron paru dans CB#7 – mai juin 2014

Et moi, qu’est-ce que je devrais dire ? Je suis en train de mourir !

P'tit Bobo

 

On a tous connu ça : quelqu’un évoque ses petits soucis de santé, et immédiatement, on ne peut s’empêcher de parler des nôtres :

La grippe ? M’en parle pas ! L’an dernier, en rentrant du ski…

Comme si la maladie de l’autre était insupportable, et qu’il fallait que nous aussi, nous soyons tout autant malheureux.

C’est ce qui est arrivé à Jochen l’autre jour. A la suite d’un combat épique à la poursuite de quelques adorateurs du Chaos sur le Pont des Trois Empereurs, à Altdorf bien sûr, l’archer s’est pris une violente décharge de mousquet dans l’épaule. Il n’est pas passé loin de vie à trépas, mais grâce à la diligence des Hospitaliers du Temple et les nouvelles techniques médicales du bon docteur Pavarotti, le voilà entre de bonnes mains.

Entre temps, l’index d’Hadden s’est mis à saigner mystérieusement. Une petite coupure, vraiment rien de rien, comme quand on se pique dans les ronces des mûriers de notre bon vieux Middenland. Mais bon, ça l’inquiète Hadden, il n’a aucun souvenir de s’être piqué quelque part, et ça fait des mois qu’il ne chasse plus les mûres.

Le voilà qui suppute, s’inquiète, cogite. Devant son ami, étendu à même le sol de la Commanderie Générale, l’épaule brisée et sanglante. D’où cet échange, qui pourrait devenir culte :

Hadden :

–  Ça m’inquiète parce que ça pique, j’ai mal au doigt…

Jochen, émergeant de la fièvre qui le ronge, se redresse sur son brancard :

Et moi qu’est-ce que je devrais dire ? Je suis en train de mourir !

Pas faux, Jochen. Pas faux.