Planet Arrakis

Jeux de rôle, jeux de plateau, prenez ce qui vous plait…

Archive pour steampunk

Nicholas La Bougère, personnage de Vampire : victorian age

L’ami Belphegues a eu la drôle d’idée de lancer une partie de JDR en ligne. Mieux, une partie de Vampire ! Deux bonnes raisons de se lancer dans l’aventure. Découvrir, d’abord, ce nouveau continent du jeu de rôle qu’est le jeu en ligne, qui est en train tout simplement de renouveler notre hobby en conquérant, comme on dit, une toute nouvelle clientèle ; mais surtout de jouer à Vampire, le jeu qui a tout changé à l’aube des 90s, en débarrassant le jeu de rôle de ses maladies infantiles (le wargame déguisé) et lui faire assumer sa véritable vocation, à savoir incarner de véritables personnages, de chair et de sang, avec leurs qualités et leurs défauts, et leurs émotions…

Je reviendrais bientôt sur La Brume peut aussi masquer le Soleil, cette aventure Vampire : Victorian Age jouée à l’aide Roll20, mais pour le moment, let me please introduce myself :

 

Nicholas La Bougère, Daguerreotype by Thereza Mary Dillwyn Llewelyn, circa 1888

« Chaque nuit, j’ai l’impression de me réveiller d’un long cauchemar. Londres. Le centre du monde. La grande cité moderne, le berceau de la civilisation. Me voilà désormais coupé de ma famille, de ma patrie, de mes racines. Je dois renier tout ce qui m’a fait, pour construire un nouveau personnage, avec ce nouvel être qui m’habite. Cet autre. Ce nouveau moi.

Je suis né en 1840 dans la demeure familiale de Sherman Oaks, pas loin de Thibodaux, au cœur du Lafourche Parish. Je parle ce drôle de français qui fait rire les continentaux. Je ne suis pas cajun, mais les racines de mon père sont françaises, dans la Beauce, près de l’ancienne Orléans. Pour autant, je me considère comme un authentique anglo-saxon, le cheveu roux et le regard bleu de ma mère, une Kitteridge de Virginie, l’ayant largement emporté sur les favoris bruns de mon père.

Depuis aussi longtemps que le roi a mis le pied dans sa Nouvelle-France, ma famille exploite les plantations de canne à sucre tout autour de Thibodaux. Elle possède aussi quelques intérêts pour les pêcheries de crevette et d’écrevisses de la Nouvelle-Orléans. C’est là que nous nous rendons au moins deux fois par mois, avec père, pour acheter du matériel, négocier notre coton et parfois acheter un esclave.

Mais c’est là aussi, à l’angle de Chartres et de Wilkinson Street, que j’ai été étreint.

Elle était belle comme la nuit, venait du lointain Ghana, et vendait ses charmes pas loin de Jackson Square… Essi était née un dimanche, (d’où son nom), elle était grande et fine. Elle avait échappé aux ravages du travail de ferme en étant achetée, dès son arrivée, pour travailler dans une Maison.

Elle me fit ce soir-là traverser le fleuve, sous la promesse d’une vraie fête africaine à Algiers. Arrivé dans une clairière, je vis en effet quelques esclaves chanter le vaudou : l’interdit rendait la situation encore plus excitante. L’objet de ce chant était, selon leur folklore, d’amadouer les Asanbosam, démoniaques créatures des forêts. Equipées de grandes dents de fer et d’ergots aux genoux leur permettant de s’accrocher aux branches, ces créatures se suspendaient tête en bas, telles des chauves-souris, tuaient leurs victimes et dévoraient leur cœur, leur foie et se délectaient de leur sang.

Evidemment, je ne compris pas que la véritable victime, c’était moi, et que j’étais déjà entouré de ces créatures ; que ce naïf rituel n’était qu’un simulacre pour me jeter dans leurs rets. Etrange coïncidence – ou facétie des dieux – Chartres est, parait-il, la capitale de la Beauce. Et c’est dans  Chartres Street que je me réveillais, titubant, malade et pâle comme la mort, ne me souvenant de rien.

À partir de là, ma vie est devenue évidemment très différente. Je tentais de cacher l’horrible sort qui m’était désormais dévolu ; prétendit, pour préserver mes  proches, une maladie de peau qui m’empêchait de rester au soleil. Cela brisa immédiatement mes engagements vis-à-vis de Caroline Cahill-James, mariage sur lequel mon père comptait beaucoup. Ce fut le coup de grâce*. Je proposais à père de m’éloigner, en prenant un bureau à la Nouvelle-Orléans ; j’y représenterais les intérêts de la famille. Mon père, énormément peiné, accepta néanmoins.

Mais rapidement cette vie se révéla impossible. Je ne pouvais me rendre à des rendez-vous que la nuit tombée, je me voyais dans l’obligation de refuser toute invitation professionnelle ou sociale dans la journée. Ma réputation s’écroula rapidement…

Mais, caprice des dieux, ou rebond dans l’éther d’un quelconque chaos originel, une catastrophe nationale vint s’ajouter à ma malédiction personnelle. Nous avons fait sécession. Les yankees, qui profitaient du bon coton du Mississippi, mais jalousaient notre magnifique art de vivre, voulurent nous faire la leçon.

Au contraire de mes semblables, j’eus la conscience immédiate que nous étions perdus. Nous avions certes les meilleurs généraux, notre cœur était indomptable, de Jefferson Davis jusqu’à chacun d’entre nous. Mais à l’instar de Nicholas La Bougère, passé du mauvais côté du fleuve, le Sud était du mauvais côté de l’Histoire. Le futur était sur l’autre rive ; le Moloch du Progrès, de la Finance, de la Technique…

En mai 1861, juste avant le blocus, et seulement quelques semaines après le début de ma métamorphose, je fis une étrange rencontre. Je promenais ma misère dans le quartier français, horriblement affamé, mais ne pouvant me nourrir que de viandes crues. J’achetais ainsi des poulets, que je dévorais vivants dans une contre-allée de Dauphine Street. Un cocher m’enjoignit à le suivre. Il me déposa à un mile de là, à la Wilkinson Estate. La plantation appartenait à un notable de la Nouvelle-Orléans, Gregg Wilkinson, avec qui mon père était en affaires.

La famille Wilkinson détenait la South&East Shipping Company, qui armait des bateaux jusqu’à Baltimore pour vendre les produits de l’Amérique en Europe. Mon père le connaissait bien, mais je ne l’avais jamais vu. Au lieu de me conduire à son bureau, on m’emmena dans une cave. Mister Wilkinson était là, dans un cellier aménagé en bureau, mais dans une mise en scène morbide qui me glaça le sang. Une faible lumière et un cercueil m’attendait. Et cet ami de la famille La Bougère – c’est ainsi qu’il se présenta – me fit la terrible révélation, que je ne voulus point concéder sur le moment. J’étais désormais un immortel, un paria. Non, ce n’était pas une maladie, un enchantement vaudou, un poison dont une quelconque fiole bénie par le Baron Samedi me guérirait. J’étais devenu quelqu’un d’autre, ou plutôt quelque chose d’autre. Il fallait fuir. Loin, en Europe. Wilkinson m’aiderait. Il organiserait ma disparition ici. En échange, je devrais garder le secret ; une « mascarade » me dit-il sans que j’en saisisse le sens.

Je profitais donc d’un des derniers bateaux de la S&E Shipping Co. pour m’enfuir. Le blocus refermait ses mâchoires d’acier sur notre beau Sud. J’avais une lettre de recommandation pour Londres, pour le Père Jeremiah Marshall, l’Inquisiteur local. Je ne comprenais rien à tout cela, et je fis mes maigres bagages (un portait de Caroline, caché dans ma montre, un exemplaire de La Guerre du Péloponnèse, et ma Bible) comme dans un rêve brumeux. Je n’étais déjà plus d’ici, je serais plus utile là-bas.

A Londres. Pour affronter le Moloch. »

* en français dans le texte

La Nuit des Chasseurs

Ça faisait longtemps que je cherchais à jouer dans un univers western ; j’avais même caressé l’idée d’adapter l’excellente BD Undertaker. Et grâce à Casus Belli, je tombe sur La Nuit des Chasseurs. Ça me botte ; en bon vieux rôliste je me rue à l’Œuf Cube. Poli et pédagogue, le vendeur m’explique que ça se vend « sur internet ». Un petit coup de Lulu, et voilà je reçois dans ma boite aux êtres La Nuit des Chasseurs. Merci Lulu.

C’est quoi La Nuit des Chasseurs ? C’est un shooter, selon son un auteur, Yno (Anthony Combrexelle), dont je découvre progressivement que un) c’est un auteur que j’aime beaucoup, deux) j’ai déjà acheté plein de trucs (Notre Tombeau et Patient 13 que j’espère faire jouer un jour). La Nuit des Chasseurs est un donc un shooter, c’est-à-dire un bac à sable, comme le Cirande de l’ami Konrad, un univers dans lequel les joueurs et leurs personnages évoluent. Une ville, des bouts d’intrigue, des personnages non- joueurs, et des règles basiques (le Corpus Mechanica), simples et rapides.

A la lecture, c’est bien fait, avec de vrais personnages, pas de fioritures, et des ressources supplémentaires sur le net.

On peut faire une partie de trois heures où jouer pendant des années.

On verra bien, pied tendre…

Un synopsis pour Minuit Dix à Whitechapel

Minuit Dix à Whitechapel est une excellente introduction au Soirées Enquêtes, parue dans Casus Belli. Mais l’intrigue est un peu retorse et il faut deux ou trois relectures de toutes les biographies des personnages pour bien en saisir les tenants et les aboutissants. J’en ai fait la synthèse ici.
Evidemment ce document n’est pas à mettre dans toutes les mains (Organisateur UNIQUEMENT)

La Nuit des Camoristi, un scénar pour Château Falkenstein en version d100

Après avoir tourné autour de ce scénario, joué une fois avec les règles de Château Falkenstein, puis avec ma version d20 (celle que j’assume réellement), j’avais aussi fait une version d100. Du Basic RPG, très basique. Mais qui sait ? Ça peut servir à découvrir le merveilleux univers de Château Falkenstein !

La Nuit des Camoristi, un scénario pour Château Falkenstein

Vous vous rappelez des Mystères de l’Ouest ? Voici l’occasion de retrouver cette délicieuse ambiance dans ce scénario pour Château Falkenstein. Les Personnages sont chargés par leur vieil ami, Ernst von Musil, Ministre des Affaires Etrangères Bavaroises, d’aller accueillir à Bayreuth Carlotta von Weizsäcker. Carlotta est une Princesse prussienne, c’est la sœur de Hubert von Weizsäcker, l’Ambassadeur de Prusse auprès du Royaume de Bavière. En visite de courtoisie pour une semaine, elle est doit être amenée par des agents fédéraux américains, car la Princesse sera demain l’invité de l’Ambassade des Etats Unis.

Cette visite anodine n’est pas sans enjeu. Les relations entre Louis II et le Chancelier de Fer se sont récemment détériorées pour une histoire de taxe sur le lait bavarois. Et les services secrets de Sa Majesté pensent que Bismarck est prêt à exploiter n’importe quel incident pour faire monter la pression.

La suite ici (à ne lire que si vous êtes DM, évidemment)

Des règles d20 pour Château Falkenstein ?

Oui, je sais, c’est un crime ! Le formidable jeu de rôle Château Falkenstein ne propose pas seulement un univers incroyable (Sissi impératrice, Louis II de Bavière, Jules Verne et le professeur Moriarty, Jack l’Eventreur et Sherlock Holmes, des dragons, des nains, des dirigeables), mais aussi un système de jeu révolutionnaire à base de cartes à jouer…

Dois-je l’avouer ? Ce système ne m’a pas convaincu, pas plus que mes joueurs… J’ai donc esquissé ce mini système d20 qui me convient très bien… J’espère qu’il convaincra d’autres de partir pour la Bavière de 1890…

voici ces règles