Planet Arrakis

Jeux de rôle, jeux de plateau, prenez ce qui vous plait…

Archive pour Répliques Cultes

Election du Prince Electeur

Amphore antique, collection Wolfram von Liebewitz

Au deuxième tour de l’élection du Prince Electeur de Bretonnie, d’aucuns crurent bon de ne pas vouloir départager le camp d’Ulric de celui de Sigmar, arguant du fait qu’ils ne voulaient pas choisir entre la peste noire et la suette.

Nicollo Machiavelli, qui « n’aime rien et ne prise autant que les actions des grands hommes », cita alors l’Ancien Thucydide, qui, dans sa Guerre du Péloponnèse, au Ve siècle A.S., écrivait ceci :

« Il y a une certaine conception de l’honneur, qui, dans les situations humiliantes et devant les périls manifestés, inspire les réactions les plus désastreuses. »

Jour d’élection

C’est l’heure du Conseil Impérial, on va désigner le nouvel empereur. Que dirait Niccolo Machiavelli, le conseiller tiléen d’Helmut Todbringer ? Probablement ceci :

« Quand le duc eut prit la Romagne, trouvant qu’elle avait été gouvernée par des seigneurs impuissants, qui avaient dépouillé leurs sujets plutôt qu’ils ne les avaient corrigés, et leur avait donné matière à désunion, non à union – si bien que cette province était pleine de brigandages, de querelles, et de toutes sortes d’insolences – il jugea qu’il était nécessaire, pour la rendre pacifique et obéissante au bras royal, de lui donner un bon gouvernement. »

Ou encore : « Les hommes changent volontiers de maître, pensant améliorer leur sort

De la démocratie en Amérique

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« Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques.Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)

« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.

 Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)

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« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple…. »

Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, Livre II, 1840

C’est vrai, on pourrait aller faire des emplettes !

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C’est vrai qu’avec l’âge,  la maturité vient avec. Quand nous avons commencé cette aventure incroyable qu’est le jeu de rôle en 1981, nous avions 15 ans et l’envie d’en découdre. De sorte que nos aventures étaient pleines de têtes décapitées ou de talons vengeurs, tel Conan, écrasant les viscères putrides d’un serpent maléfique.

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Conan, écrasant les viscères putrides d’un serpent maléfique…

Nous défoncions des portes, nous tuions des monstres, nous accumulions des trésors. Mais tout cela finit par nous lasser. Nous voulions des intrigues plus subtiles, pouvoir jouer aux fléchettes à La Tête du Minotaure dans la bonne ville de Restenford (L1, The Secret of Bone Hill) puis renverser la mairesse de Garotten (L2 The Assassin’s Knot).

Voire créer nos propres univers, plus proches de notre cher moyen âge que ne pourraient jamais s’en approcher les américains : le Banc de Cirande et ses baleines, Okpar et ses mystérieux rites de succession …

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Dessin de couverture du L2 The assassin’s knot, par Len Lakofka

Nous voulions aussi modifier les règles ; ne plus s’embarrasser de ces ridicules Cure Light Wounds cachés dans des potions aux coins stratégiques du donjon, ou ces objets magiques +4 à foison.

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Restenford ; la Tête du Minotaure est en 20

Cette longue introduction pour dire OK, on ne joue plus pareil, mais il y a quand même des limites ! Alors que le Vieux Monde risque d’affronter son plus grand péril, nos aventuriers sont à Nuln. Certes, la ville est riche, ses monuments son fastueux, sa cuisine, cosmopolite et réputée. Mais le mal rôde dans l’Est, et il ne faudrait pas traîner. C’est alors que Konrad, le batelier qui conduit cette petite troupe depuis le printemps, lâche la phrase qui tue :

– C’est vrai, on pourrait aller faire
des emplettes !

Alors, oui, son joueur (Gilles) a fini par comprendre que, dans ma vision de Warhammer powered by Donjon&Dragon 3.5, de beaux vêtements pouvaient avantageusement remplacer des objets magiques (Bluff+3, Diplomatie +5), mais tout de même le coup est bas ! Il y a quelque mois, ce même personnage reprochait aux autres de s’être encroûtés, pire : embourgeoisés ! Les paysans du Middenland étaient devenus des diplomates précautionneux rechignant à se battre. Mais ça, c’était il y 11 mois….

… ou peut-être dix ans, car cette partie débutait en 2006 après Sigmar !

This is the end, my friend

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Tout a une fin, même  les grandes campagnes de jeu de rôle… après nous avoir emmené de l’Arizona à l’Europe en guerre, du Vietnam à Chicago, la campagne de l’ami Karl Ferenc Scorpios s’est terminée au-delà de l’espace, d’où elle était venue…

Les chapitres 9 et 10 sont là, ainsi que le « casting » des différentes saisons de Delta Green…

Delta Green S9 GAP inc

Delta Green S10 THE END inc

Delta Green les PJ

 

« Ce qu’il y a de plus pitoyable au monde,
c’est, je crois, l’incapacité de l’esprit humain
à relier tout ce qu’il renferme.

Nous vivons sur une île placide d’ignorance,
environnées de noirs océans d’infinitude
que nous n’avons pas été destinés
à parcourir bien loin.

Les sciences,
chacune s’évertuant dans sa propre direction,
nous ont jusqu’à présent peu nui.

Un jour, cependant,
la coordination de connaissances éparses
nous ouvrira des perspectives si terrifiantes
sur le réel, e
t sur l’effroyable position
que nous y occupons,

qu’il ne nous restera plus
qu’à sombrer dans la folie
devant cette révélation,

ou à fuir cette lumière mortelle
pour nous réfugier dans la paix
et la sécurité d’un nouvel obscurantisme. »

H.P. Lovecraft, L’Appel de Cthulhu

Blessure au doigt : suite et fin

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Vous avez été nombreux à nous demander des nouvelles de la blessure de Hadden Raag … Nan, j’déconne !!

Mais comme nous l’avions raconté dans un épisode précèdent, Hadden, le bûcheron d’Untergeschatt s’est  légèrement piqué…  de manière mystérieuse à l’index. Pendant ce temps, son ami Jochen, de son côté, était à moitié mort suite à une décharge de mousquet à l’épaule.

Là (mardi dernier), c’est la reprise. C’est le moment où on remet les compteurs à zéro : où en est-on des Point de Vie, le seul truc qui motive vraiment les joueurs de jeu de rôles.

Laurent, qui joue Jochen, demande ce que son perso peut faire, maintenant qu’il a le bras dans le plâtre, l’épaule en morceaux, mais qu’il a aussi récupéré quelques points de vie après une bonne nuit de sommeil. Bah, tu ne peux plus tirer à l’arc, mais tu peux marcher, tu peux parler.

Je peux parler ?

Oui, tu peux parler.

Alors lui, tout de go, à Hadden :

– Alors, comment ça va ton doigt ?

 

Oui, mais quel standard ?

Academy-Theater-Inglewood Les rôlistes font de merveilleux dialoguistes. Ici, nous sommes dans Les Collines hallucinées , un jeu de rôle paru dans Casus belli#7 situé à Los Angeles en 1949. Ambiance James Ellroy et Dahlia Noir. Flics hard boiled, acteurs Hollywoodiens corrompus, et Cité des Anges entre le paradis et l’enfer…

Comme dans un bon film noir, les flics interrogent l’acteur qui vient de perdre sa petite amie et n’a pas l’air si affectée que cela :

– « Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois ? Et hier soir, où était-elle ?

– Au standard ! – Oui, mais où ?

– Ben, au standard !

– D’accord, mais quel standard ? »

Ça aurait pu durer longtemps comme dans un film de Jacques Veber, et ça aurait pu s’appeler le Diner de Cons à Los Angeles. Les autres joueurs, pas très solidaires, riaient sous leur cape.

Parce que la boîte de nuit s’appelle le Standart.