Planet Arrakis

Jeux de rôle, jeux de plateau, prenez ce qui vous plait…

Archive pour Appel de Cthulhu

Mon histoire avec le Jeu de Rôles, par Arnaud R.

Il nous fallait l’avis des éducateurs : le voici, avec Arnaud R., 52 ans, Cadre de l’Education Nationale

Hawkmoon, l’autre grand univers
de Michael Moorcock

1. Comment avez-vous découvert le jeu de rôle ? Qui vous a initié ? Vous aviez quel âge ? Quel était le nom de votre premier personnage et sa classe de personnage ? À quoi avez-vous joué ? Aviez-vous les règles ? Où vous les étiez-vous procurées ?
Ma toute première expérience doit se passer en 1984, j’étais en Seconde et un copain, qui habitait juste en face du lycée, m’a demandé de faire une partie de Cthulhu. Peu de souvenirs et, à la réflexion, peu d’émotions. Probablement parce que ce copain ne m’était pas très proche. La première fois, c’est rarement terrible. Même pour le JDR !

Ma vraie première expérience se passe bien plus tard en 1990, à la fac, j’ai 22 ans, avec comme MJ Vincent H. et un certain Christophe C., entre autres. Nous avons joué plusieurs parties et notre amitié a commencé là. Ils étaient très habitués, moi complètement novice. J’ai commencé à apprendre et apprécier.

J’ai été vraiment complètement « piqué » lorsque j’ai fait mon service militaire et que je suis tombé sur un MJ hors pair qui nous a fait jouer 2 à 3 soirs par semaine, pendant plus de 6 mois. Nous étions novices  et lui, un MJ aguerri et passionné. Nous jouions à Hawkmoon, au Jeu de Rôles des Terre du Milieu et In Nomine Satanis. J’ai des souvenirs très forts de ces parties qui se déroulaient dans une chambre désaffectée de la caserne, au fond d’un couloir lui-même peu fréquenté et dans un vieux bâtiment à moitié en travaux. Nous étions serrés autour d’une petite table de fortune à lancer des dés en essayant de ne pas crier (ce qui était souvent difficile), dans une pénombre qui visait à éviter d’attirer l’attention des gradés. Et toute la journée, j’attendais ces moments du soir.

J’ai vraiment compris que le JDR, même dans une caserne, avec des règles de vie très contraignantes et un environnement peu culturel, est un excellent moyen d’évasion. Je me suis souvent dit, après cette expérience, que si, un jour, je partais en prison, je ferai tout pour organiser des parties de JDR avec mes codétenus. Ce serait le meilleur moyen de tenir. D’ailleurs, en écrivant cela, je me dis que cela devrait être obligatoire.

2. Le jeu régulier : quand avez-vous commencé à jouer régulièrement ? Immédiatement après cette partie, ou plus tard ? Pourquoi ? Qui était votre maître du jeu ? À quoi jouiez-vous ? comment s’appelait cette campagne ? quel était le nom de votre personnage et sa classe de personnage ?
Le jeu régulier (tous les 15 jours, le vendredi soir) est pratiquement sans interruption depuis 1992, à mon retour de l’armée. Nous avons eu, depuis, très peu de temps morts y compris quand nous avions une actualité de Grandeur Nature très dense avec le Masque et la Tour (il m’est arrivé de jouer 3 GN, et d’organiser 3 week-ends M&T dans la même année).

Nous avons des rotations de MJ régulières, avec une nette prédominance de Vincent H, Manu et moi. J’ai toujours pensé que le socle de notre amitié reposait sur ces retrouvailles bimensuelles (bien que nous nous voyions en dehors avec nos familles respectives) et que cela constituait aussi un groupe de travail autour de notre activité d’organisation du M&T.

La particularité de notre groupe (j’ai appris plus tard, d’ailleurs, que c’en était une) est que nous jouons à tout. Pas de chapelle, pas de JDR exclusif, tout nous intéresse. Nous avons une nette préférence pour le médiéval-fantastique mais nous n’avons joué qu’une seule campagne à D&D3.5 que je masterisais. On a beaucoup joué au début à Rolemaster, JRTM.
A la réflexion, nous avons dû jouer à une trentaine de JDR différents.

Quoi de plus sexy qu’une fiche de perso Rolemaster/MERP/JRTM ? 

3. Maître de jeu : quand êtes-vous devenu maître de jeu ? Pourquoi ? (ou pourquoi pas ?) Et de quels matériels disposiez-vous à l’époque ? Livre de jeux ? figurines ? autres ? comment s’appelait cette campagne ? Qui l’avait écrit, vous, ou un scénario du commerce ? Combien de temps a-t-elle duré ?
Ma première expérience de MJ est Star Wars en 1993-94. J’ai acheté le livre de base et le supplément. J’ai acheté un ou deux scénarios que j’ai encore mais qui sont à Hurionville. Je n’ai pas en mémoire leur titre. Nous avons fait une longue campagne qui a abouti à l’organisation d’un GN sur le même thème en 95.

4. Arrêt/Reprise : quand avez-vous arrêté ? Quand avez-vous repris ? Et pourquoi ?
Nous avons dû nous arrêter de jouer quelque temps, lorsque j’ai déménagé à Bordeaux en 2011.

5. Personnage favori : Quel est le nom de votre personnage favori et que fait-il dans la vie ?
J’ai plusieurs persos en tête ? mais j’ai un faible pour le Professeur Stratenhouse, à Maléfices, qui, pour avancer dans ses recherches universitaires, a dû aller déterrer le cadavre d’une jeune fille au cimetière du Père Lachaise. Il est lié à un moment où nous commencions dans la vie active et que nous devions être plus sages et respectables. J’aimais ce gars bien sous tous rapports, qui le soir, avançait dans ses recherches occultes et sortait dans les sombres rues de Paris avec des paquets lourds en toile de jute.

Maléfices, un des grands jeux initiateurs
de la scène française du JDR

J’ai aussi une pensée pour un fixer à Cyberpunk (je n’ai plus son nom en tête), qui organisait des tournages en visio 4D de meurtres ou suicides en direct pour se faire un peu d’argent. Il avait bon cœur, c’était un bon gars.

J’en ai plein d’autres.

6. Personnage décédé : Avez-vous perdu un personnage ? Quel était le nom de ce personnage et que faisait-il dans la vie ? comment est-il décédé ?
Honte à toi, Christophe, de m’avoir tué Didier, Chaman chien à Shadowrun dans un rituel suicidaire ! Comment as-tu pu me laisser faire jusqu’au bout ? Gamin de la rue, parti de rien, initié à la dure dans les ombres, ayant un destin hors du commun, j’ai même fait des soirées solos pour le développer. Comment as-tu pu me faire ça ? Il erre encore dans mon imaginaire, espérant reprendre vie. Cela viendra peut-être un jour.

7. Avant de jouer au jeu de rôle, lisiez-vous de la science-fiction ? Du fantastique ? Ou avez-vous lu ces livres après ? Jouiez-vous aux jeux de plateau ? aux wargames ? A Diplomatie ?
Avant de jouer au JDR, ma vie était insipide, sans relief, nulle. Je mangeais des chips, l’œil vide, la bave au coin de la lèvre, devant le Club Dorothée.

Dorothée, un des grands initiateurs
de la scène française du JDR

 

Après, j’ai lu Asimov, Howard, Tolkien, GRR Martin et Mathieu Gaborit. J’ai joué à Warhammer Battle, j’ai connu la gloire des batailles gagnées, les filles me suppliant de les honorer, la paix intérieure le long des chemins vers Bree. Que serais-je sans toi, JDR ? Il faudra me mettre des dés dans mon cercueil.

8. Enfin, pour finir, quel est votre plus beau souvenir de jeu de rôle ?
C’est en GN. Il y a des instants – et seuls les joueurs de GN comprendront – où le temps est suspendu, plus rien ne compte. Nous sommes là, l’arme à la main, dans le noir, dans le parc d’un château, après 24h d’intenses négociations durant lesquelles nous avons pris un ascendant diplomatique et économique sur tous les autres joueurs. Nous « tenons » le jeu. Cela arrive assez rarement en GN.

Nous combattons depuis plusieurs heures (ça devait être des minutes probablement) mais physiquement nous sommes rincés. Nos persos sont à sec, presque plus de PV, quelques sorts mineurs mais un rituel à faire.

Les zombies nous encerclent. Nous ne sommes plus que quelques-uns, nos autres compagnons d’armes sont en face transformés en morts vivants. Et quelqu’un dit (peut-être moi) à haute voix – et très sincèrement – « on va tous mourir !». Vous lisez dans les yeux de vos deux meilleurs copains, qu’ils pensent SINCEREMENT, la même chose. Quelqu’un crie (peut-être moi) « formez le cercle ! ». Une énorme décharge d’adrénaline me secoue le corps.

Gloire au JDR !

C’est, dans ces moments gravés à jamais, que se forgent les amitiés dans le feu du Mordor. Plus rien, ou presque, ne pourra les défaire. Gloire au JDR !

Mon histoire avec le Jeu de Rôles, par Emmanuel C.

Poursuivons avec Emmanuel C., 52 ans, statisticien…

1. Comment avez-vous découvert le jeu de rôle ? Qui vous a initié ? Vous aviez quel âge ? Quel était le nom de votre premier personnage et sa classe de personnage ? À quoi avez-vous joué ? Aviez-vous les règles ? Où vous les étiez-vous procurées ?

J’ai été initié aux jeux de rôle en 1985 à l’âge de 18 ans par quelqu’un rencontré au hasard d’une pré-rentrée de fac. Cette personne – que l’on nommera Christophe M. (il restera dans mon relationnel JDR que 3 -4 ans) – m’a parlé du jeu de rôle et je n’avais rien compris à ce qu’il me racontait. De ce fait, il a organisé une partie à 2 PJ. Le jeu devait être MEGA, première édition. Il avait juste apporté les règles de création de personnage et ses dés au format bizarre (2 dés à 10 faces, en l’occurence…)


Ces mystérieux dés qui nous attirent…

 

J’ai dû jouer un rôle de combattant dont je ne me souviens plus le nom. Cela a été une véritable révélation et j’ai voulu tout de suite être MJ. J’ai récupéré les règles de création de perso, et j’ai créé un scénario (très basique, pour des Grosbill…) Et j’ai joué avec de futurs membres du Masque & La Tour (Vincent H, Vincent S et Christophe C), l’association de Grandeur Nature que nous allions bientôt créer…

2. Le jeu régulier : quand avez-vous commencé à jouer régulièrement ? Immédiatement après cette partie, ou plus tard ? Pourquoi ? Qui était votre maître du jeu ? À quoi jouiez-vous ? comment s’appelait cette campagne ? quel était le nom de votre personnage et sa classe de personnage ?
Début 1986, le magazine Jeux et Stratégie édite un hors-série « MEGA II ». A partir de là, je créé une petite campagne, qui est plutôt une succession de scénarios, comme des niveaux d’un jeu vidéo. Je suis plus MJ que joueur. On jouait au moins une fois par semaine.

3. Maître de jeu : quand êtes-vous devenu maître de jeu ? Pourquoi ? (ou pourquoi pas ?) Et de quels matériels disposiez-vous à l’époque ? Livre de jeux ? figurines ? autres ? comment s’appelait cette campagne ? Qui l’avait écrit, vous, ou un scénario du commerce ? Combien de temps a-t-elle duré ?
Je suis devenu MJ dès ma seconde partie, à MEGA II. A la lecture de scénarios de Casus Belli, j’ai acheté ma première boite avec L’Appel de Cthulhu. Et commencé à masteriser sur ce jeu. En 1987, une initiation à Donjons & Dragons me laisse sur ma faim. En effet le fameux Christophe M., devenu MJ, avait invité un joueur expérimenté qui jouait un Magicien-Assassin. Ce personnage nous trahit et nous tue tous à la fin. J’ai trouvé ça nul. Si c’était ça D&D, ce serait sans moi…

Ensuite ce même Christophe M. nous fait découvrir MERP (Le Jeu de Rôles des Terres du Milieu, in french). Le geek que je suis trouve les règles géniales et très précises. En parallèle, mes amis et moi nous créons le premier club Jeux de Rôles dans notre résidence universitaire. Session tous les mercredi soir de 20h à minuit. Il y a au moins deux tables, avec au minimum 6 PJ, et de belles rencontres, dont Alain (futur membre du Masque et la Tour).

De plus, mes amis se mettent aussi à masteriser et acheter d’autres jeux (Pendragon, Bushido, Stormbringer…)
Les années fac continuent et nous arrivons à Rolemaster. Pour mes amis et moi, ce fut pendant longtemps « THE GAME », tant en PJ que MJ. Un réalisme très fort des combats, mais surtout une liberté incroyable : dans un cadre de règles très strictes, on avait la possibilité de créer complètement le personnage, en partant d’une feuille blanche.

RoleMaster, des livrets pour les gouverner tous…

Les années passent, on joue moins… mais on joue toujours ! L’armée vient mettre tout cela en suspens. Certains démarrent leur vie professionnelle, et je suis le dernier à terminer la fac. Les affaires reprennent mais je ne suis pas MJ. Go Tyborg, que je rencontre pour la première fois, me fait jouer à In Nomine Satanis et sa grande campagne Baron Samedi.

De mon côté, je propose la campagne Cthulhu « Terreur sur l’Orient Express ». Vient ensuite la grande révélation en tant que MJ : Vampire la Mascarade. Je conçois une Chronique parisienne qui tient en haleine mes PJ et reste encore dans les mémoires.

Cyberpunk, Shadowrun, Warhammer sont des jeux que j’ai aussi expérimentés en tant que PJ.

4. Arrêt/Reprise : quand avez-vous arrêté ? Quand avez-vous repris ? Et pourquoi ?Deux facteurs m’ont fait arrêter le JDR sur table pendant quelques années. Le premier est l’éloignement géographique avec mes amis, qui devient de plus en plus pesant : 200 km pour jouer un vendredi soir sur deux, cela devient fatiguant à la longue…
Le second – et pas des moindres – est la création de notre association de Jeux de rôle Grandeur Nature, « Le Masque et la Tour ». La conception, la réalisation, le déroulement de nos week-ends sont chronophages. En plus de dix ans, nous avons créé pas moins de trois scénarios pour des jeux de 48h, un scénario pour une soirée, et un scénario de 12h !

En 2013, la rencontre avec l’initiateur de ce questionnaire m’a donné envie de rejouer au JDR sur table. Nous avons beaucoup échangé sur ce sujet. En 2017, c’est la technologie qui m’a permis de rejouer grâce à Roll20 et une campagne Cthulhu « Les Montagnes Hallucinées », masterisée par Go Tyborg.

Paul Moud Ubid, quant à lui, m’a fait retrouver les sensations de jouer autour d’une table avec Monster of the Week et un mémorable Paranoïa.

6. Personnage décédé : Avez-vous perdu un personnage ? Quel était le nom de ce personnage et que faisait-il dans la vie ? comment est-il décédé ?
Je vais juste vous nommer le dernier : Shikari O’Niels, jeune métis indien, éclaireur et hors la loi. Il est mort scalpé, mortellement blessé, suite à une embuscade et des échanges de tirs nourris dans un bled de l’Arizona (JDR : Chroniques Oubliées – Far West).

7. Avant de jouer au jeu de rôle, lisiez-vous de la science-fiction ? Du fantastique ? Ou avez-vous lu ces livres après ? Jouiez-vous aux jeux de plateau ? Aux wargames ? A Diplomatie ?
J’avais peu lu avant, à part Les Livres Dont Vous Etes Le Héros notamment « Loup Solitaire ». J’avais lu Le Meilleur Des Mondes». C’est après seulement que j’ai commencé à lire, notamment Le Seigneur des Anneaux ou Dune.


Aboukir, publié dans Jeux & Stratégie, N° 26 – Mai 1984

Questions Jeux, je jouais avant à Risk. Après j’ai joué à des wargames après notamment Aboukir (Jeux & Stratégie). A mon premier job, j’ai joué avec un champion de France de Wargames (Waterloo, La Bataille des Ardennes, Jutland).
Avec mes amis, on jouait à Formule Dé. Avec la même bande de copains, on se lance dans Warhammer Battle (le jeu de figurines), avec chacun une armée différente. Arrivé sur Paris, je joue aussi à WH40K : une armée d’Ultramarines ; de grandes soirées de peintures en perspective, beaucoup de temps (et de budget) dépensé.

Sinon, j’ai découvert très tard Caylus.

8. Enfin, pour finir, quel est votre plus beau souvenir de jeu de rôle ?
C’est l’été 2017, Go Tyborg vient passer une soirée chez moi à Paris. On test Roll20 afin de vérifier si on pouvait y jouer.
Une grande joie que nous avons réussi à tout paramétrer, et, dans nos regards, l’assurance que nous allions nous remettre à jouer pour longtemps… Et ma première partie en tant que MJ sur Roll20 (jdr : Vampire Age Victorien) après 15 ans d’abstinence !

Mon histoire avec le Jeu de Rôles, par Bruno L.

 

Suite de notre grand sondage Jeu de Rôle ; découvrez le parcours de Bruno L., Directeur financier, 48 ans

Stormbringer, publié par Oriflam en 1987

1. Comment avez-vous découvert le jeu de rôle ? Qui vous a initié ? Vous aviez quel âge ? Quel était le nom de votre premier personnage et sa classe de personnage ? À quoi avez-vous joué ? Aviez-vous les règles ? Où vous les étiez-vous procurées ?
Découverte « légère » en 1986-1985 pendant la récré (classe de 4ème) entre midi et 14h : des gars jouent à D&D. On les observe, et on commence à jouer des persos qui ne survivent pas plus de deux trois parties, sur la base des règle photocopiées – et partielles – d’AD&D. On joue dans le monde de Laelith et on mélange plein de trucs (Conan, les ninjas, Dar l’Invincible), etc.

tanya

Madame Dar, invincible également…
(Tanya Roberts)

1987, on achète à deux, avec un copain, Stormbringer (dans une boutique spécialisée de Clermont-Ferrand). On se partage la boite et on fait des photocopies. On trouve un troisième larron qui joue de son côté à MEGA et qui veut acheter l’Appel de Cthulhu. On achète Bushido (version française), on n’y comprend pas grand-chose, donc on continue de jouer dans le monde de Melniboné des personnages éphémères.

2. Le jeu régulier : quand avez-vous commencé à jouer régulièrement ? Immédiatement après cette partie, ou plus tard ? Pourquoi ? Qui était votre maître du jeu ? À quoi jouiez-vous ? comment s’appelait cette campagne ? quel était le nom de votre personnage et sa classe de personnage ?
Premier personnage dont j’ai un souvenir significatif : Thomas Jefferson Millius, parapsychologue, pour l’Appel de Cthulhu en 1987. Les choses deviennent sérieuses. Avec l’Appel, on comprend qu’on n’est pas obligé de mourir sous une pluie de flèches à la fin de la première partie pour refaire un nouveau personnage. On peut jouer des campagnes, avec des persos qu’on peut développer. On commence à faire des scénarios en solo avec un copain, puis à 2-3 joueurs. Les campagnes ne portent pas de nom, mais on progresse (on fait des croix puis on essaye de gagner des points de Xp).

Le marché se développe ; on achète Casus Belli puis on a envie de devenir MJ. Je m’achète Runequest et on fait un pacte avec les copains : « si tu achètes le jeu, TU ES MJ, et tu ne seras JAMAIS JOUEUR».

3. Maître de jeu : quand êtes-vous devenu maître de jeu ? Pourquoi ? (ou pourquoi pas ?) Et de quels matériels disposiez-vous à l’époque ? Livre de jeux ? figurines ? autres ? comment s’appelait cette campagne ? Qui l’avait écrit, vous, ou un scénario du commerce ? Combien de temps a-t-elle duré ?
Avec Runequest (livre de base + supplément Les Dieux de Glorantha), on improvise des parties le dimanche après-midi sans trop rien comprendre au monde. On passe du bon temps, mais c’est franchement brouillon.

Deux jeux vont changer nos vies de rôliste : j’achète James Bond 007 et mon camarade achète StarWars. Nous allons jouer à ces deux jeux en campagne, avec les même PJs, pendant plusieurs années. Entre les deux, on multiplie les expériences – et les campagnes – sur d’autres jeux. Pour nous le JDR, c’est sérieux ; donc roleplay. Des PJ et PNJ qui ont des vrais visages (acteurs de cinémas, photos découpées dans des magazines) et de la musique de films pour ambiancer les parties (on économise pour acheter des CD). On fabrique nous-même nos paravents, avec des photos collées et des règles strictes : le joueur est responsable de sa fiche et de sa prise de notes.

Je masterise sur la période 1988-1994 : James Bond 007, Reward 10 000 (un jeu western assez rare) et Shadowrun.
Sur la même période je joue à : Star Wars, Berlin XVIII, Pendragon, l’Appel de Cthulhu et son formidable supplément sur la France : « Les Années Folles ».On essaye ponctuellement d’autres jeux : La Terre Creuse, Les Divisions De L’ombre, Space 1889.

On ne joue quasiment jamais des scénarios du commerce : on fabrique nos propres campagnes, qui souvent s’étalent sur plusieurs années, dans un environnement très ouvert. Les joueurs sont libres d’évoluer comme bon leur semble sous réserve de respecter l’ambiance du jeu, et de ne jamais refuser l’aventure.

4. Arrêt/Reprise : quand avez-vous arrêté ? Quand avez-vous repris ? Et pourquoi ?
On arrête définitivement de jouer en 1995 car il faut quitter les copains et partir travailler à Paris. Et on reprend un jour en 2013 parce qu’un type, même pas louche, nous dit à brûle-pourpoint, lors d’un déjeuner qu’il pratique encore le JDR au 21ème siècle.

5. Personnage favori : Quel est le nom de votre personnage favori et que fait-il dans la vie ?
J’ai eu plusieurs personnages fétiches. Mon top, par ordre d’apparition :
1. Star Wars : Hal Jordak, contrebandier corélien,
2. Berlin XVIII : Thomas Olendorf, sergent Falkampft (policier), Secteur 18, Berlin.
3. Les Années Folles (AdC) : Jean-Sébastien Bosart, professeur d’astronomie à l’observatoire de Paris.
4. Pendragon : Arcavius de Bornemouth, chevalier du Dorset.
5. La Nuit des Chasseurs : Elmer Fletcher, outlaw & Homme de Loi

6. Personnage décédé : Avez-vous perdu un personnage ? Quel était le nom de ce personnage et que faisait-il dans la vie ? comment est-il décédé ?
Dans les morts célèbres :
Les Années Folles : Napoléon Giordano, détective privé Corse (chute depuis une falaise).
AdC : Thomas Jefferson Milius. Après avoir abattu son compagnon de jeu d’un coup de calibre 12, Milius retourne son arme contre sa tête et tire. Le Gardien des Arcanes réclame un jet : « 100 » échec critique, suicide impossible, Millius terminera sa vie, fou et seul, dans une ferme au nord de Boston.

7. Avant de jouer au jeu de rôle, lisiez-vous de la science-fiction ? Du fantastique ? Ou avez-vous lu ces livres après ? Jouiez-vous aux jeux de plateau ? aux wargames ? A diplomatie ?
Pas de lecture fantastique avant le JDR : dans les premiers ouvrages lus : Le Seigneur des Anneaux, le cycle d’Elric, Dune. Niveau jeux de plateaux, je n’accroche pas trop. On joue un peu à Siège, Bloodbowl, Tankleader mais le côté gagnant / perdant ne me plait pas.

8. Enfin, pour finir, quel est votre plus beau souvenir de jeu de rôle ?
Quelques parties / scènes en mémoire :
Old times :
• A Star Wars : la bataille de Star End : la Rébellion attaque l’Empire en mode Le Jour le Plus Long, des personnages historiques se sacrifient pour le passage des troupes.
• A Berlin XVIII : on abat à la fin du scénario le « méchant principal » qui a kidnappé les enfants. On apprend finalement qu’il sauvait des orphelins !
• A James Bond : l’agent 002 assassine le Major N. Burke par vengeance.
• A Shadowrun, Pixie (mage galloise), et son équipe, attaquent l’UB à Seattle.

Dans les temps plus récents :
• A Te Deum pour un Massacre : l’infiltration d’une assemblée de protestants par Lamont et Polignac à Sarlat en 1562
• Dans La Nuit des Chasseurs : on délivre Desolation, Texas !

Jouer vite !

 

On n’a pas toujours la possibilité de se lancer dans une campagne épique, qui va durer des dizaines de parties et occuper vos soirées pendant de longs mois, et pourtant, on a ses petites habitudes, ses envies de respecter des règles, d’avoir des combats épiques, de jouer réaliste, de rédiger un résumé détaillé des aventures, etc.

Pour autant, en renonçant à quelques-uns de ces aspects, vous pouvez y gagner beaucoup… et jouez plus ! Car c’est forcément moins de travail de préparation pour le MJ, et du temps de jeu en plus pour les joueurs…

Quelques astuces donc pour accélérer vos parties, tirés de divers systèmes de jeu ou de l’expérience :

« Vous m’en rendrez compte,
espèce de brute ! »

1. Ne gérez pas les points de vie des PNJ… Mais faites semblant !
Dans Les Secrets de 7ème Mer, il y a trois sortes d’adversaires : les Brutes, qui s’écroulent/s’enfuient au premier combat, les Hommes de Main, qui doivent représentent une opposition réelle, et les Grands Méchants qui doivent proposer un combat final mémorable. Inspirez-vous-en ! Ne tuez pas systématiquement les adversaires, mais, en fonction de l’histoire, décrivez plutôt leur état : légèrement blessé, gravement blessé, ton coup précis le touche en pleine tête, il est mort, etc. Gardez les règles seulement pour les Grands Méchants.

2. Ne tenez pas compte du temps
Gérer un calendrier est extrêmement pénible, long et… dangereux. Car les joueurs (qui ne vont pas le gérer, eux !) ne se priveront pas de déceler les invraisemblances : comment les PNJ ont-ils fait pour rejoindre Minas Tirith en trois jours, alors qu’il nous en fallu cinq ? etc. N’hésitez pas à inverser la question : demandez aux joueurs quelle heure il est, quel jour on est, combien de temps ils comptent rester dans cet hôtel d’Arkham, etc. Cela va détendre cet enjeu avec vos joueurs, et favoriser votre improvisation. Vous n’aurez plus à vous demander si c’est réaliste que les adorateurs du Chaos puissent franchir la Passe du Feu Noir en une seule semaine…

3. Ne donnez pas de caractéristiques aux PNJ*
Prenez le système de La Nuit des Chasseurs, le Corpus Mechanica de Yno, basé sur des jets de D6. Pour les PNJ, c’est très simplifié : soit le PNJ est FAIBLE, il a 2 dés, soit il est MOYEN, il a 3 dés, soit il est FORT, il a 4 dés. Il y a plein de nuances envisageables à ce système. Vous pouvez l’adapter aux personnages, en fonction de leurs actions : Laura Ingalls participe à un concours de pâtisserie (4D) mais elle doit bientôt se battre avec Mrs Olson (2D). Vous pouvez aussi accorder des bonus (+5, 0, -5) ou prendre le système de DD5 Favorable/Défavorable. Le PNJ est fort, vous jetez 2d20 et gardez le meilleur dé, il est faible, vous jetez 2d20 et gardez le pire…

« De l’argent ? Mais vous êtes d’un vulgarité, Monsieur ! »

4. Ne pas tenir compte de l’argent/du matériel 
Dans la plupart des parties, ça ne sert à rien. Les joueurs ont toujours de quoi s’acheter ce qu’ils veulent… ou alors c’est trop cher. Vous pouvez aussi adapter le système de Château Falkenstein, où l’argent est… une compétence ! Si le personnage est riche, le jet de compétence est facile et le personnage peut s’acheter ce qu’il souhaite. S’il est pauvre, c’est plus difficile. Le Grümph propose la même chose pour le matériel dans le dK System. Quand la question se pose, jet de Matériel pour vérifier qu’on dispose bien de l’outil souhaité. Sinon il n’a pas été acheté, il a été oublié/perdu/volé, etc.

 

« Un plan de tombe ? Quelle horreur !! »

5. Pas de plan
Les plans font perdre du temps, et créent les mêmes polémiques que le temps : « comment peut-il me tirer une flèche alors qu’il y a un arbre entre nous ? » Si vous êtes dans un univers connu (Western, par exemple) les descriptions suffisent : « Vous êtes dans Main Street, juste en face du saloon ». Sinon, une belle image de Pinterest suffira

Une aide de jeu qui devient…

… un résumé !

6. Préparer des aides de jeu qui serviront de résumé
Pour La Nuit des Chasseurs, j’ai fait des familles de PNJ (« les commerçants », « le saloon », etc). Il ne me reste plus qu’à copier/coller/couper et d’ajouter une légende pour faire un bref résumé…

Tous ces conseils dépendent évidemment de ce que vous faites jouer : l’argent, par exemple, peut avoir une importance considérable dans votre scénario… Le timing peut être crucial : bombe qui menace d’exploser, PJs qui risquent d’arriver trop tard… Définissez donc au départ ce qui est vraiment important dans votre scénario, ce que vous voulez vraiment faire jouer, ce que vos joueurs aiment, et vous en déduirez aisément ce qu’il vous reste à gérer avec précision…

 

*Mais donnez-leur toujours un nom, un portrait (ou au moins une description), et une adresse, comme le conseille John Wick dans son Dirty MJ.

 

Bilan 2018

2018.PNG

On va pas se plaindre de cette année, sur le plan rôlistique du moins. Pas moins de 42 parties, en effet : 10 de la Campagne Impériale, qui fête sa douzième année et a mené nos héros aux confins de l’empire, dans l’ancienne cite naine de Khadar Khalizad, dont il faut maintenant sortir. 8 parties de Cirande, qui suit son petit bonhomme de chemin, dans les eaux glacées du Banc. 5 Delta Green comme joueur, où les complots aliens pourraient enfin percer le jour entre le nouveau Mexique, le Vietnam, la Hongrie ou le Mexique. Précisons qu’aucune journaliste n’a été malmenée cette année.

Dans la veine Cthulhuienne, j’ai repris avec plaisir (et en fait pour la première fois), le chemin du Lovecraft Country, en plaçant cette première partie à Arkham, en 1925, ce que je n’avais jamais jusque-là. Que se passe-t-il sur l’Ile du Diable, au large d’Innsmouth ? Y’a-t-il ou pas une grotte ? C’est ce qu’il faudra déterminer en 2019.

Les cowboys n’ont pas chômé non plus, 5 parties pour démêler les intrigues de La Nuit des Chasseurs à Desolation, Texas. Et même si le gang Loomis semble défait, tous les mystères autour du cercueil noir ne sont pas éludés…

L’été 2018 a été aussi le grand retour OSR, une partie de mes joueurs rêvant de retomber dans l’enfance du Hobby ; j’ai donc fait jouer, quasiment en même temps, la très mauvaise Tomb of Horrors, le scénar sadique où Gary Gygax semble n’avoir qu’une envie, punir les joueurs. Même en essayant de mettre un peu d’histoire, ce n’est pas terrible. On a plus rigolé à Hell’s Portal, un vieux scénar White Dwarf où un Grell a amassé des objets magiques que cherchent aussi nos courageux personnages.

Pour rassurer les ados sur la bonne tenue du jeu  de rôle, on a enfin fait jouer jdr The Return of the not totally Dead, la parodie zombie (très remaniée de Jeepee). Ils se sont bien amusés à cette ambiance Fear of the Walking Dead/Z Corps.

Enfin j’ai pour ma part goûté pour la première fois, à Vampire La Mascarade en tant que joueur et au jeu en ligne par la même occasion. Excellente ambiance, on reviendra prochainement sur les aventures de Nicholas la Bougère, Caïnite louisianais chez les Victoriens.

splendor

Côté jeu de plateau, ça n’a pas chômé non plus, 30 parties au compteur, mais beaucoup de petites parties : Winner’s Circle, The Boss, Splendor, toujours un peu de Caylus… Mais l’année a été marqué par des gros jeux actuels (Leaving earth, Wendake, Iki… ), souvent inutilement compliqués par une masse de règles empilées sur un même jeu, comme une sorte de course à la plus grosse … complexité. Je n’y ai pas pris beaucoup de plaisir, car ces jeux sont au final hasardeux et faciles à jouer. Or, je préfère l’inverse, un jeu simple à comprendre et difficile à maîtriser : Cartagena, Skulls&Roses, Cyclades, Samurai, etc… ou l’excellent Topiary que j’ai découvert cette année.

Derrière la porte ? La magie du jeu de rôle !

L’autre jour j’ai masterisé une partie chez une amie, et sa mère était là. C’est toujours un peu gênant de jouer devant des gens qu’on ne connait pas, a fortiori qui ne connaissent rien au jeu de rôles. Quelles blagues peut-on faire ? Doit-on expliquer qu’on a tranché la tête de l’orc « pour de faux » ?  Que ces rituels sataniques sont « le canon esthétique d’une bonne partie de Cthulhu » ?

Mais de fait, on a vite oublié sa présence. La maman était très discrète, assise dans un coin, probablement en train de lire un livre… Les joueurs ont investi l’institut Brompton, ont commencé à fouiller un peu partout, mais ont bloqué sur une porte blindée. Il était tard, on s’est arrêtés là…

Il y a quelques jours, nouvelle partie, j’ai revu cette amie et on a reparlé de la partie. Sa mère était  rentrée en Normandie. Mais avant de partir, elle avait demandé à sa fille :

 – J’aimerais quand même bien savoir ce qu’il y a derrière cette porte…

Magie du jeu de rôle.

Mentez à vos joueurs !

Cette semaine, j’ai menti à mes joueurs. Deux fois. A deux groupes : des vieux briscards, et des débutants. J’ai une excuse : je ne fais qu’appliquer les conseils de John Wick, l’homme qui a écrit deux grands jeux de rôles, La Légende des 5 Anneaux et Les Secrets de la 7ème Mer.

Depuis 40 ans que notre passion existe, elle a fini par faire émerger – comme n’importe quelle forme d’art – ses propres clichés. L’auberge où l’on va chercher des renseignements. Le grand méchant de fin de niveau (vite récupéré par le jeu vidéo). Le portail que les cultistes ouvrent à la fin de chaque scénario Cthulhu…

Mais comme l’explique John Wick dans Dirty MJ 1&2, il faut bousculer les joueurs. Parce que ces clichés, ils les connaissent par cœur. Si vous jouez à Star Wars, dit John Wick, trompez vos joueurs : faites de Dark Vador un gars sympa. Ou un idiot. Sinon c’est l’ennui assuré.

Cette semaine j’ai eu l’occasion de tromper deux fois mes joueurs.

Goblins love their children too…

La tribu des Nez Sanglants

Quand il y a 10 ans, j’ai demandé à mes joueurs ce qu’il voulait jouer, ils m’ont répondu comme un seul homme : Donjons et Dragons. J’ai adapté la Campagne Impériale de Warhammer à cette demande, mais s’ils ont vu rapidement des dragons, pour le reste, ils ont été patients : 10 ans avant de voir un donjon, pour être précis, la cité naine de Khadar Khalizad. Des mines abandonnées, un dragon, des gobelins ? Nous voilà enfin en terrain connu. Vraiment ? Plutôt en terre inconnue ! Depuis le début, j’avais prévenu : oubliez tout ce que vous savez ! Un dragon n’est pas un dragon, un gobelin n’est pas un gobelin ! Histoire de faire perdre les repères à mes vieux briscards de joueurs, du genre Gobelin = 1d8 points de vie, attaque à +1, touché sur un 12 ou plus…

Au contraire, j’ai fait de mes gobelins des guerriers, puissants et intelligents, mais surtout dotés d’une âme. Ils sont plus ou moins organisés. Ils sont assez bêtes mais ont une forme d’instinct. Ils ont des femmes, des enfants, des peurs et des désirs, ils jouent une forme rudimentaire de musique… Et tout d’un coup, ce n’est plus des XP potentiels, mais une possibilité de négocier. Ce qui a donné un moment formidable de roleplay. Un simple nautonier, conducteur de péniche, s’est métamorphosé en Seigneur de la Mort.

Et ça a marché ; un meilleur souvenir pour mes joueurs, probablement, que l’extermination méthodique de la tribu des Nez Sanglants…

« Ce qu’il y a de plus miséricordieux au monde,
c’est, je crois, l’incapacité de l’esprit humain
à comprendre tout ce qu’il renferme… » 

Cérémonie secrète à Arkham, Ma

Autre exemple le lendemain, en faisant jouer un toute autre genre de joueurs à l’Appel de Cthulhu. Dans ce scénario de Tristan L’homme, un ami des PJs, Greenberg, a disparu. Leur enquête les mène évidemment vers une bande de cultistes dans les environs d’Arkham, qui opèrent sous la façade d’une honnête institution pour aveugles, où ils ourdissent des plans pour ouvrir un portail ultra dimensionnel afin de ramener, probablement, un Grand Ancien. Ils se sont d’ailleurs rendus compte des investigations des joueurs et ont contre-attaqué en enlevant un PJ.

C’est donc l’attaque en règle. Et les PJs prennent rapidement le dessus : attaque à l’acide d’une avocate cultiste, étranglement d’un vieil écrivain passionné de livres occultes, et l’ancien colonel en retraite tué à coups de poing. Vient ensuite le classique interrogatoire : « Qu’avez-vous fait de Greenberg ? »…

Visage étonné du MJ :

– « Ce n’est pas vous qui l’avez ? » répond le cultiste…

Et soudain, la stupéfaction sur le visage de mes joueurs : et si on s’était trompés ?