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Empire of Imagination

 

Empire of Imagination

On poursuit la recherche de nos racines rôlistiques en lisant cet été, au pays de Nicolas Machiavel (qui, comme chacun sait n’est pas en Tilée car en mission auprès du Graf de Middenheim), la biographie de Gary Gygax : Empire of Imagination, par Michael Witwer.

Bien sûr, c’est dans la catégorie très américaine des biographies « autorisées » et donc hagiographiques mais ça n’en demeure pas moins intéressant sur les coulisses de la genèse du jeu de rôle. Non, Gary Gygax, n’a pas tout inventé et on commence à le savoir*, mais sans lui, rien ne serait arrivé. Comme disait Stanley Kubrick, il ne suffit pas d’avoir une idée, il faut surtout la réaliser**.

C’est ce que fera Gary Gygax sur les bases des Braunstein napoléoniens de David A. Wisely, et de Blackmoor, ce Braunstein médiéval fantastique qui se poursuit de partie en partie avec les mêmes personnages. Il ne les a pas inventés, ces concepts, mais c’est lui qui mettra son talent d’écriture et de game designer, mais aussi ses économies, sa santé à écrire et à formaliser Donjons&Dragons.

Au passage on n’apprendra aussi que le grand homme était Témoin de Jéhovah et Libertarien, (en gros un peu plus libéral, économiquement, que Donal Trump), ce qui n’étonnera pas ceux qui s’intéressent à philosopher un peu autour du jeu de rôle. C’est à dire qu’il n’est pas neutre que D&D pousse le joueur à progresser (les niveaux) ; qu’en accumulant de l’or, on progresse plus vite, etc.

Autre anecdote peu connue : quand D&D s’est mis à gagner des mille et des cents PO, Gygax a eu son petit passage Hollywoodien : prostitués, marijuana et cocaïne (habituellement appelés Cure Light Wounds). Enfin le livre donne un éclairage intéressant sur l’aspect capitalistique de l’affaire. Pour se développer, il faut des associés, et, ami ou pas, ça finit mal. Ça finira en procès contre l’ami Arneson (Arneson gagnera) et contre les frères Blume (là Gygax perdra carrément son bébé, TSR, la maison d’édition)…

On peut désormais s’attaquer à Playing at the World, de Jon Peterson, la Bible, parait-il…

 

* « Of Dice and Men: The Story of Dungeons & Dragons and The People Who Play It » de David M Ewalt ou chez nous, « L’Histoire de Dungeons & Dragons, des origines à la 5ème édition », de Fabrice Sarelli

** Kubrick : « Hélas, les idées ne font pas les bons films. Il faut des idées dans les bons films, mais cela demande beaucoup de créativité artistique pour incarner fortement une idée… »

 

 

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Sonn Ulric, Un PNJ du Pouvoir Derrière le Trône

ATTENTION SPOILERS


La démission d’Ar-Ulric causa un terrible traumatisme à Middenheim, et dans tout l’Empire. Jamais, au grand jamais, le chef des ulricains n’avait quitté son magistère de son vivant.

La faute à un vœu non exaucé, et à un complot dont les ramifications sont si profondes qu’elles ne peuvent être détaillées ici (il faudra bien qu’un jour quelqu’un s’attelle à cette histoire !).

Mais il fallut surtout pourvoir un successeur. Comme chacun sait, Sonn-Ulric est choisi à l’âge de 7 ans, puis éduqué par l’Ar-Ulric. Grand malheur, ceci n’avait pu être fait avant les événements de Middenheim. Il fallut donc réunir en urgence un Concile, convoquer les Lectors de l’Empire, qui accoururent à Middenheim. Un jeune garçon fut choisi ; il perdit son nom et dut trouver son loup.

Comme le veut la coutume, Sonn-Ulric partit seul, dans les terribles forêts qui cernent Middenheim comme un écrin – mais aussi un linceul –, pour chasser à mains nues le Loup qui était en lui :

– « Quand tu quittes le Loup, tu deviens Homme », dit Ulric.

Avec succès, le jeune homme revint couvert d’une simple peau de loup dans les derniers jours de juillet 1512, au grand soulagement de la Cité Blanche. Sonn-Ulric pouvait désormais, dans les jours qui suivirent, enterrer le Graf et couronner une nouvelle Gravin.