Planet Arrakis

Jeux de rôle, jeux de plateau, prenez ce qui vous plait…

Archive pour Mes Coups de coeur

L’Histoire de Dungeons & Dragons

C’est un tout petit livre (140 pages) mais un livre passionnant sur les premières années de notre hobby : les années Braunstein, Blackmoor, Chainmail. Si ces mots ne vous disent rien, c’est que vous ne connaissez pas bien la genèse du jeu de rôle.

Jetez-vous donc sur cette monographie, uniquement consacrée à D&D, mais sur ses cinq éditions US. Et si Fabrice Sarelli est moins pertinent sur les dernières éditions, il est passionnant sur les débuts. Et pour cause, comme il l’autoproclame, Fabrice Sarelli – avant de fonder Hexagonal et de traduire en français JRTM, Vampire, et Shadowrun – fait partie des rôlistes de la première heure de la Rue d’Ulm*.

C’est donc la première moitié de cette Histoire de Dungeons & Dragons qui est passionnante, ou comment des wargamers, un peu par hasard, ont inventé un loisir de millions de personnes, qui va bientôt fêter ses cinquante ans. Par hasard, et même un peu contre leur volonté.

David A. Wisely, le papa du Braunstein…

Première anecdote : quand David A. Wesely décide en 1968, de lancer une première partie de son wargame 1 :1 (c’est à dire 1 figurine = 1 homme), dans un univers napoléonien et germanique fictif, situé dans la petite ville de Braunstein, la première partie est un cauchemar : 22 joueurs et des apartés interminable avec l’Arbitre pour discuter des points de règles. Mais tout le monde a passé une super soirée. Sauf David Wesely. Les parties suivantes, il réduit le nombre de participants et fixe des règles précises. Ça marche mieux, mais l’ambiance de la première partie n’est plus là. Les joueurs finissent par l’avouer : ils ont aimé ce joyeux bordel, les interactions, et cette folle liberté qui n’existe pas dans le wargame. Bientôt, Dave Arneson va participer à un de ces Braunstein, et apporter quelques changements. Il crée un cadre médiéval fantastique nommé Blackmoor, propose que la partie suivante reprenne là où l’on s’était arrêtés, et que les joueurs gardent leur personnage de partie en partie… et il va surtout inviter un ami, Gary Gygax, et utiliser les règles de combat rédigés par celui-ci, Chainmail, pour améliorer Blackmoor. Le jeu de rôle était né.

Le set originel de D&D, vous en avez sûrement un à la maison, crayonné à la cire… 

Deuxième anecdote : quand Gygax et Arneson impriment leurs premières règles de D&D, il leur faut des dés à 20 faces. En effet, celles-ci n’utilisent que des d20 et des d6. Mais le d20 est une rareté, jusqu’à ce que les fondateurs de TSR ne découvrent un set de dés éducatifs qui permet de faire découvrir aux enfants les solides de Platon : d4, d6, d8, d12, d20. Plutôt que dépuncher le tout, les fondateurs de TSR ne les introduiront dans le premier supplément Greyhawk… ils fournissent également un crayon de cire pour noircir les chiffres des dés qui sont vendus sans marquage.

 

*Intéressante vidéo ici sur TV Roliste :  https://www.youtube.com/watch?v=_to2f37ePzM

L’Histoire de Dungeons & Dragons, des origines à la 5ème édition, de Fabrice Sarelli, éditions OhMy Game
Disponible dans les bonnes boutiques, ou là : http://oh-mygame.com/fr/p/3006037-histoire-de-dungeons-dragons.html#ans

Le Maëlstrom

 

Je viens de lire le livre de Romaric Briand, podcasteur et auteur de jeu de rôles.  Etant un joueur « classique », je joue depuis 1980 principalement à D&D, fais donc plutôt partie de des gens qui ont développé le JDR en France que de ceux qui jouent à des jeux pointus, narrativistes, forgiens, etc. que promeut Romaric et sa Cellule.

Mais néanmoins je pense, comme Briand, que notre loisir mérite désormais de sortir de la vision « simple défouloir pour geek » et autres « on est juste là pour se marrer ». C’est comme si le football, le cinéma américain ou la BD, s’interdisaient de produire des réflexions intellectuelles. Dans le sens noble du terme, le jeu de rôle peut désormais – aussi – être regardé sous cet angle.

C’est ce qui m’a intéressé dans les thèses de Romaric Briand, et en voici donc un petit résumé.

 

Le simulacre

Je suis très attaché à la notion de simulacre, que je n’avais pas réussi à théoriser aussi précisément que dans le Maelström. Pour moi, on peut que jouer qu’une extension de soi-même en jeu de rôle. C’est aussi ce que dit Briand. Les joueurs qui jouent des femmes et les joueuses qui jouent des hommes aussi (même si on peut le faire le temps d’un one shot), ça ne marche pas. De même des joueurs bavards qui jouent des taiseux, c’est souvent ridicule. On comprend l’intention : le jeu de rôle étant sans limite, le joueur profite de cette liberté pour exprimer ses fantasmes, quels qu’ils soient. Mais ce ne sont que des fantasmes, qui, s’ils ont une réalité dans le subconscient du joueur, amènent du ridicule à la table. Soient parce qu’il créent une gêne : quand on demande par exemple à une joueuse hétérosexuelle de séduire avec son PJ de Guerrier, hétéro lui aussi, la patronne de la taverne, on crée une ambiguïté sexuelle qui peut être drôle et/ou sexy, mais qui nous fait un moment sortir de cette alter-réalité partagée qu’est le jeu de rôles… et on le sait, tout ce qui fait « décrocher » de cette autre réalité est néfaste à la partie…

La suppression des compétences intellectuelles

En lien avec ci-dessus, je suis toujours gêné par les jets de négociation, d’intelligence, etc. Si les joueurs ont bien interprété leurs personnages, pourquoi lancer un dé ? Certes, le jeu de rôle moderne a tendance à promouvoir cette approche « ne jetez les dés que quand vos personnages ont un risque de rater », mais dans ce cas, pourquoi garder ces compétences ? Elles incitent, joueurs et MJ, à faire ces jets.

Le « ghetto des passionnés » (l’hermétisme p144)

L’idée que les joueurs de JDR enferment eux-mêmes leur loisir en étant peu pédagogues, élitistes et passionnés est une idée qui m’est chère depuis longtemps. On retrouve ça ailleurs (joueurs de figurines Warhammer, golfeurs, turfistes, joueurs de poker, …), autre secteurs qui créent des niches absconses pour l’extérieur.

Jouer les règles

Même si je ne l’ai jamais pratiqué pas moi-même, j’aime son idée que pour tester un jeu, on devrait vraiment jouer la règle au moins une fois. Ne serait-ce que pour « obliger » les jeux à s’améliorer par une forme d’épuration progressive en ôtant ce qui ne sert à rien. Ou encore l’idée que les jeux devraient donner plus clairement le ton en fournissant un canon esthétique ; « voilà comment, dans notre esprit, on doit jouer à XXX ». D’ailleurs, de plus en plus de jeux proposent cette option.

System does matter (p254)

Même si ce n’est pas lui qui a développé cette idée, (c’est Ron Edwards, sur The Forge, traduction ici)  elle s’est imposée petit à petit. J’aime beaucoup l’exemple qu’il donne (p137) Un joueur à qui on donnerait seulement les règles de Vampire saurait-il jouer à Vampire ? Non, car le système, c’est à la fois le système de résolution (les règles) mais aussi l’ambiance, le canon esthétique, le scenario-type, etc.

Le mieux étant évidemment de lire le livre, et vous pourrez le trouver ici.

 

Election du Prince Electeur

Amphore antique, collection Wolfram von Liebewitz

Au deuxième tour de l’élection du Prince Electeur de Bretonnie, d’aucuns crurent bon de ne pas vouloir départager le camp d’Ulric de celui de Sigmar, arguant du fait qu’ils ne voulaient pas choisir entre la peste noire et la suette.

Nicollo Machiavelli, qui « n’aime rien et ne prise autant que les actions des grands hommes », cita alors l’Ancien Thucydide, qui, dans sa Guerre du Péloponnèse, au Ve siècle A.S., écrivait ceci :

« Il y a une certaine conception de l’honneur, qui, dans les situations humiliantes et devant les périls manifestés, inspire les réactions les plus désastreuses. »

100K

 

Merci ! Merci ! Merci ! 100 000 hits, c’est probablement pas grand’ chose par rapport aux millions de likes sur Facebook, aux milliers d’abonnés sur Instagram ou ailleurs, mais c’est la récompense de tout blogueur.

Ce chiffre en bas, au milieu du site, qui vous dit que chaque jour, quelqu’un vient grappiller quelque chose que vous avez fait. Une description de personnage, un plan, une fiche de perso…

100 000 petits doigts qui, un jour, ont cliqué sur un lien avec Arrakis marqué dessus.

Merci.

La Vie au Moyen Age

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Que mangeait-on au moyen âge ? Quels vêtements portait un noble ? Un marchand* ? Y’avait-il des moulins ? Des écluses ? Des barrages ? Faisait-il plus chaud ou plus froid qu’aujourd’hui** ?

Toutes ces réponses, vous ne les trouverez pas dans le Dungeon Master Guide de DD5, ni dans un obscur manuel de Miles Christi ou de Pendragon, mais dans un petit livre de poche pour la modique somme de 6,65€ : La vie au Moyen Age.

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Une partie de Warhammer RPG avec combat mat et figurines, à Troyes, fin du XIV° s.

C’est la réédition du livre de Robert Delort, qui s’attache à recréer très précisément le contexte de la vie médiévale, pas sur le plan de la chronologie, mais bien du quotidien. Tout y passe. Climat, faune et flore, vêtements, le temps et l’espace, les structures juridiques, les paysans, les chevaliers, les clercs, la vie dans les villes… une mine !

Un livre que tout joueur de JDR devrait avoir lu, vous l’aviez compris.

Pinterest

pinterest

 

Pour ceux qui n’y auraient pas pensé, Pinterest est une mine d’or pour rôliste ; on y trouve les plus belles illustrations qui soient et des sources d’inspiration sans limite.

Que vous tapiez* « Dune concept art » ou « Warhammer fantasy art » ou « Templar » ou « armors » ou « medieval weapons », il y a toujours matière à enrichir votre personnage ou votre scénario. Et si vous vous inscrivez, et créez vos propres tableaux, Pinterest vous envoie des suggestions toujours plus proches de votre univers graphique de prédilection.

pinte

Vous cherchez un portrait pour votre personnage, à quoi ressemble une Bill Guisarme, un sietch fremen, , un blaster de flic en 2056, un Prince Vampire de Boston ?

C’est pas loin, c’est juste là…

* Vous avez intérêt à tapez des recherches en anglais, les résultats sont toujours plus riches qu’en français…

Des plans Kosmic !

 

modular-dungeon-21-web.jpg

J’ai trouvé en surfant sur le forum de CasusNO un site très beau et très intéressant : Kosmicdungeon, un site réellement fait pour moi ; avec mes deux mains gauches, je ne sais pas dessiner un plan…

Vous en trouverez de toutes sortes, très beaux, faits main, comme ci-dessus, et plein d’idées pour vos parties…

N’hésitez pas !