Planet Arrakis

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Archive pour Altdorf

Le repaire du Grand Théogone

ATTENTION SPOILERS 

 

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Le Palais Théogonal, Altdorf

La révélation de l’organisation de la Main Pourpre, dont le siège semble être à Altdorf, ne serait rien sans preuve. Le Journal du Grand Théogone, entamé en 1476, fait partie de ces preuves irréfutables. Découvert grâce à un raid audacieux de quelques templiers et d’aventuriers au sein du Palais Théogonal, il a fallu l’alliance de la force et de la ruse pour découvrir ce fameux journal.

Car une fois la garde du palais enfumée par une alerte à la bombe, il reste de nombreuses pièces à franchir avant l’antichambre du Grand Théogone. Et des hallebardiers lourdement armés qui bloquent le passage :

– « Personne ne rentre dans la chambre du Grand Théogone ! Sauf l’Intendant Bohner !! »

Ce qui au passage, ne fait que renforcer la présomption de culpabilité de l’intendant dans le complot qui vise l’empire.

Une fois dans la chambre, celle-ci laisse une étrange impression, celle d’une pièce jamais utilisée, sauf la salle de bains : on y trouve de nombreux ciseaux, multiples onguents et parfums, et un gros peigne d’acier qui sert à enlever la crasse et les purulences. Dans la baignoire, des coupures d’ongles, car Yori XV doit endiguer quotidiennement les marques du Chaos.

On trouve également, sous le lit (il faut tourner les 4 piliers du baldaquin pour composer 1465 ; le seul indice étant dans un tiroir une petite boîte avec une mèche de cheveux blonds et une gourmette de bébé gravée « Etaneus 13-11-1465 ». C’est tout ce qui reste d’humain chez le Yori, le souvenir d’une mère aimante qui conservait les cheveux de son nouveau-né). Ainsi manipulé, le lit pivote, on peut le voir si l’on soulève les tapis.

Cela donne sur une trappe et une volée de marches et puis le souterrain, inconnu de tous, gigantesque, sur lequel est bâtie le Palais Théogonal.

On comprend qu’il s’agit d’une très ancienne construction, pas humaine (on y trouve de grands blocs noirs ressemblant à ceux de l’observatoire de Dangmar) dans laquelle les hommes, de manière maladroite, ont installé des escaliers, des couloirs, etc.

On trouve au final trois immenses pièces dans ce sous-sol. La première avec une immense arche ; d’anciens rois elfes, réduits au statut de mort vivant gardent les lieux. Dans la deuxieme, une construction pyramidale semble servir d’autel lugubre à une immense malepierre. Quant à la dernière, à moitié envahie par les eaux du Reik qui suintent au-dessus (on est près de soixante coudées sous terre), elle est gardée par d’antiques statues et un redoutable bas-relief représentant une tête de dragon.

Le bureau du Grand Théogone  est situé là, près de la tête de Tzeentch ; des étagères ont été installées à la hâte sur lesquelles on trouve un bazar immonde composé de nourriture pourrie, de coquillages, de livres, de poudres diverses, de serpents et reptiles divers, petits crocodiles baignant dans de l’alcool, et de vieux linges solidifiés de crasse.

On y trouve aussi un ensemble de papiers, de la taille d’une main, réuni ensemble comme un rouleau, et qui se révèle être une sorte de journal, celui du maître des lieux.

Vous le trouverez là, on y trouve toute sorte d’informations :

Journal GT en vrac pour vos joueurs
et pour vous Journal du GT

On trouve également des lettres, signé Warsmeier, Pouce de Middenheim, qui corroborent les informations glanées dans le nord :

lettres Wa à MP3
lettres Wa à MP1
lettres Wa à MP2

Mais il ne fait pas bon rester là, car une partie des plafonds est effondrée. On n’est pas loin du fleuve, les murs ruissellent et menacent de s’écrouler.

Comme l’Empire.

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Kemperbad

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Kemperbad vu du Reik, miniature kislevite, fin du XVème siècle

On dit que Nuln est la perle du Reik. Mais on pourrait tout aussi bien le dire de la Freistadt de Kemperbad. Une petite perle en vérité, perchés sur sa petite huître, à savoir les falaises de calcaire entre le Stir et le Reik.

Kemperbad, C’est une Cité Souveraine, on a souvent tendance à l’oublier. Probablement parce qu’elle elle est militairement, politiquement, stratégiquement, totalement, sous l’emprise du Stirland et de son jeune et impétueux Prince Electeur de seize ans, Alberich Haupt-Anderssen.

Alberich Haupt Anderssen Stirland

Alberich Haupt-Anderssen, dit « Le Hardi »,
Graf du Stirland
par le marienbourgeois Ambrosius Benson,
Wurtbad, collection du palais

 

Mais Kemperbad reste souveraine sur le plan commercial, car, au croisement de deux fleuves ; l’impétueux Stirland finit en rapides tumultueux au pied de la ville même, et le Reik prend à cet endroit une taille plus humaines (les rives  ne sont qu’à quelques centaines de mètres l’une de l’autre).

Situé idéalement au milieu du triangle constitué par Altdorf, Wurtbad et Nuln, les marchandises ne cessent de transiter par Kemperbad en direction ou en provenance de ces trois pôles. Le charbon des Collines Stériles, le bois et les meubles de Wurtbad, la porcelaine et les fines étoffes de Nuln, sans parler des chevaux de l’Averland, et bien sûr le vin et le blé de la région d’Altdorf.

Kemperbad

Mais le plus étonnant, c’est la disposition si particulière de la ville, séparée en deux par le Stir et perchée sur ses falaises.

Le voyageur qui arrive de Nuln a monté doucement la pente depuis la Capitale du Griffon, dans la fraîcheur des forêts de sapin. Il découvre la partie est de la ville, dite du « Levant » qui accueille les diligences des Quatre Saisons, mais qui oblige les visiteurs à descendre de leur carrosse pour traverser un dangereux pont de cordes avec armes et bagages (pour les plus riches, les cochers s’en occupent…) Puis il traverse la cité du Couchant afin de rejoindre une des vertigineuses balancelles qui le déposera deux cent coudées plus bas, pour la modique somme d’une couronne impériale. Il existe un chemin gratuit, onze cent onze marches taillées dans le calcaire friable, mais, dès les pluies venues, plus personne ne s’y risque, à part les amoureux éconduits ou les endettés.

Arrivée au pied de la ville, le voyageur subira enfin sa troisième et dernière épreuve, la traversée du Reik sur un bac, ici réduite à quelques centaines de mètres. Il pourra alors se remettre de ses émotions à l’auberge des Quatre Saisons et reprendre, le lendemain de préférence, la diligence pour Altdorf.

Jacquet du Pont, joueur de luth et nouveau PNJ pour la Campagne Impériale

jacquet du pont

Musicien bretonnien, par Francesco Salviati (Francesco de’ Rossi, dit). Pavezzano, 1510

La base du jeu de rôle, c’est la paranoïa. Celle des joueurs, bien entendu. Prenez par exemple mes joueurs. Ils tentent de fuir Altdorf en flammes. Sur leur péniche, remontant le Talabec, ils évitent bravement tous les dangers qui parsèment leur parcours : Auberge-relais, épicier méfiant, pêcheur louche, fermier grincheux. Tout ce qui pourrait mettre en danger une escouade de vingt Chevaliers Panthères armés jusqu’aux dents. Mais on ne sait jamais !

Et voilà qu’arrive Jacquet du Pont, un joueur de luth Bretonnien. Il a l’air assez inoffensif comme ça, baragouinant un reikspiel de contrebandier, et ne portant sur lui qu’une besace et un étui à luth. Avec un luth dedans, évidemment. Mais bon. Ce regard sombre est un peu étrange, non ? Ses yeux noirs, ne serait-ce pas ceux d’un marqué ? Il veut l’hospitalité pour la nuit, (les auberges de König sont pleines, parait-il) ; il est prêt à dormir simplement sur le sol de la péniche.

Les aventuriers, dans le fond, ont bon fond. Ils acceptent (malgré toutes autres précautions prises, je sais, ce n’est pas très cohérent, mais rappelons que ce sont des JOUEURS, pas des MJs) d’accueillir ce gentil musicien étranger. Mais organisent tout de même un tour de garde serré pour vérifier qu’il ne met pas le feu au bateau. N’appelle pas les Anciens en traçant un pentacle de Malepierre… Ne se transforme pas en nuage noir…

On ne sait jamais.

C’est ça la base du jeu de rôle.

La Nuit des Feuilles d’Or

 

ATTENTION SPOILER LA CAMPAGNE IMPERIALE

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La Nuit des Feuilles d’Or, c’est probablement ainsi que l’on nommera la nuit du 23 septembre 1512. La nuit où la violence s’est déchaînée entre Ulricains et Sigmarites.

Au départ, il y a le Conseil Impérial convoqué par Karl-Franz 1er. Le deuxième Conseil Impérial, devrait-on dire. Car au premier, l’Empereur est assassiné à l’extérieur de la Volkshalle, au moment où il découvre – comme la populace ébahie – la tête d’un dragon présentée par les Templiers de Sigmar ! Rentrant à l’intérieur de la Tente de Pierre avec les Princes Electeurs pour décider des mesures à prendre , il est sauvagement frappé d’une dague par un  Garde Impérial. Et ce n’est pas tout ; dans le même temps, de courageux templiers (Konrad et Jochen) dévoilent dans les sous-sols du Palais Théogonal un incroyable secret. Celui de la Main Pourpre, qui, depuis quinze ans, tisse sa toile dans le Vieux Monde, et qui cache son identité derrière rien de moins que le Grand Théogone de Sigmar lui-même !

Günther Thitmarus

Günther Thitmarus, l’assassin de l’empereur

Un deuxième Conseil Impérial doit se tenir d’urgence, sous la supervision du Chancelier Honecker, Kanzler Imperator en lieu du Sigmaris Recipiente Imperator*, afin d’élire immédiatement un nouvel Empereur. Karl Franz a fait part de ses volontés en proposant au libre vote des Huit Tribus son neveu Wolfgang que tout le monde prend, au mieux pour un fou, au pire pour un marqué. Si cela se confirmait – celui-ci faisant l’unanimité des Princes Electeurs contre lui – l’Empire, pour la première fois, voterait contre la volonté de l’Empereur.

Et c’est justement ce qu’il fit.

Un par un, tandis que ses alliés traditionalistes suivaient la volonté de l’Empereur défunt (le Stirland, le Wissenland, le clergé sigmarite…), des Electeurs qui n’avaient jamais voté contre l’Empire le firent pour la première fois. Le Grand Prince Tasseninck d’Ostland, malgré la mort de la prunelle de ses yeux, le Jeune Prince tué six mois plus tôt lors d’un tournoi à Bögenhafen, vota avec les Ulricains qui avaient tué son unique héritier. Plus étonnant encore, la Comtesse Emmanuelle de Nuln fit de même.  Des rumeurs avaient filtré d’une alliance avec Middenheim menée par le Bâtard autour d’achat de canons ziflinides. Mais qui aurait pu croire que Nuln, la Perle du Reik, voterait un jour avec les Ulricains ?

Wolfgang de Holswig-Schliestein

Wolfgang de Holswig-Schliestein,
le neveu fou
par Alberto Flipi, Musée de Maragliano

Wolfgang, dans sa démence, dût se rendre à l’évidence : il n’obtiendrait pas les voix nécessaires pour succéder à son oncle. Pire, la trahison venait de son propre camp. Les petits hommes du Moot s’abstenant via la voix de l’Ancien Hisme Cœurvaillant, le sort en était jeté.

Ivre de rage, au bord des larmes, Wolfgang tenta toutes les manœuvres, choquant jusqu’à son propre camp (il s’était déjà assis d’autorité sur le Trône de Sigmar, tabou insensé) : menaces, et larmes.

Jusqu’à ce que ce que la Princesse Katerina, au grand dam d’Hadden, le Chevalier Panthère assurant sa protection, ne vienne apporter un peu de réconfort à cet homme à l’âme d’enfant. Mal lui en prit. Wolfgang de Holswig-Schliestein s’était agenouillé, sanglotant, suppliant, contre la Gravin de Middenheim. Il se releva d’un bond et lui planta sa dague d’apparat dans le ventre.

Dès lors, le chaos s’empara de la salle : Hadden s’efforçant d’exfiltrer au plus vite la princesse, les ulricains et les sigmarites sortant les épées, frappant les uns et les autres sans discernement, et Helmut, Jochen, Konrad tentant de forcer une sortie pour la Cour de Middenheim.

Rapidement, la contagion se répandit en ville comme la peste. Comme si les graines de la haine religieuse, plantées depuis longtemps, écloraient soudainement.

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L’incendie d’Altdorf, gravure d’époque, Anonyme, circa 1512

Bientôt, chaque Prince Electeur tenta de fuir Altdorf, tandis que divers incendies illuminaient la nuit de la Cité Impériale. Nos héros s’étaient regroupés à l’Impérial, la belle auberge où les comtes de Middenheim ont pour habitude de se loger, et soudain si mal nommée. Toute la nuit, la comtesse menaça de passer de vie à trépas (on parla même de poison). L’auberge subit le véritable siège d’une foule déchaînée. On projeta même un chariot enflammé contre le portail, que de pauvres chevaux, enduits de poix, brisèrent en hurlant leurs cris d’agonie.

Au matin, la cour de Middenheim, entourée de quelques Chevaliers Panthères, réussit à s’enfuir sur une péniche, en contemplant dans le silence de la brume matinale l’horrible spectacle des massacres de la nuit ; pendus de toutes religions aux trois ponts d’Altdorf, églises incendiées, et innombrables cadavres jonchant le grand fleuve, au milieu d’une marée dorée.

Celle des feuilles d’automne, qui -comme un présage – avait jauni la nuit précédant le Conseil.

Avant la Nuit des Feuilles d’Or…

 

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* En cas de décès de l’Empereur, le Chancelier de l’Empire devient Kanzler Imperator en lieu du Sigmaris Recipiente Imperator, c’est-à-dire empereur par intérim, avec pour seules prérogatives l’organisation de la succession : convocation d’un Conseil Impérial spécial, organisation du vote, et des cérémonies d’intronisation du nouvel empereur.

Entrez sous la Tente de Pierre de Sigmar, Rois des Huit Tribus !

Margherita tenant conseil imperial

 Margherita tenant Conseil Impérial, gravure du retable de la Cathédrale de Talabheim, Xème siècle A.S.

Oyez oyez oyez, la Chancellerie de l’Empire. Entrez sous la Tente de Pierre de Sigmar, rois des huit tribus !   Entre ici, Yori le XVème, Vicaire de Sigmar, Ipanème d’Ici Bas et d’En Haut, Jeune Nain de Khadar Khalizad, porteur près l’empereur de Ghal Maraz, et Grand Théogone Grand Théogone Entre ici, Aglim le VIème, Theogone de Sigmar, Ipanème d’Ici Bas et d’En Haut, Jeune Nain de Khadar Khalizad, et ArchLector de Talabheim Arch Lector Aglim Talabheim Entre ici, Kaslain le 1er, Theogone de Sigmar, Ipanème d’Ici Bas et d’En Haut, Jeune Nain de Khadar Khalizad, et ArchLector de Nuln Arch lector Kaslain Nuln Entre ici, Sonn Ulric ayant trouvé son Loup, Commandeur des Ulricains, Pourchasseur de l’Hérésie, Seigneur des Vents et des Tempêtes, de la Neige et des Cieux, Loup Blanc du Nord, et Ar Ulric en devenir. Sonn Urlic Entre ici, Hals von Tasseninck, fils d’Adelhard, Roi des Ostagoths, et Grand Prince d’Ostland Hals von Tasseninck Ostland Entre ici, Alberich Haupt Andersen, héritier de Cousine Freya, Ipanème des Asobornes, et Graf du Stirland Alberich Haupt Anderssen Stirland Entre ici, Emmanuelle von Liebewitz,  héritière des Mérogens, Templière de Sigmar Honoris, Seigneur Lige du Wissenland, Comtesse de Nuln Emmanuelle von Liebewitz Nuln Entre ici, Hisme Coeur-vaillant, fils d’Elma et de Grand Pied, petit-fils d’Anna et de Pied Bouc, de Greta et Pousse Colline, Maire de Grandville, Ancien du Moot Hisme Coeurvaillant Moot Entre ici, Elise Krieglitz-Untermensch, héritière d’Aloysis, cousine de Margherita l’Impératrice, Maître du Volcan et Patronne des Laves, Magyar des Chérusens, Duchesse de Talabheim Elise Krieglitz Untermensch Talabheim Entre ici, Ludmila von Alptraum, descendante de Siggurd, Roi des Brigondiens, et de Tallya, Sainte Protectrice de la Prairie, et Grande Comtesse d’Averland Ludmila von Alptraum Averland Entre ici, Katerina Todbringer, fille d’Artur, Chef des Teutogens, Passeur de la Flamme d’Ulric, Seigneur Lige du Middenland, du Hochland et du Nordland, Gravin de Middenheim Katerina Todbringer Middenheim Entre ici, Leopold von Bilthofen, héritier des Teutogens, Régent des Todbringer, porteur de la Flamme d’Ulric, et Grand Prince du Middenland Leopold von Bilthofen Middenland Entre ici, Gustav von Krieglitz, héritier du Khan des Taléutes, descendant direct de Krugar l’Ancien, et Grand Duc du Talabecland Gustav von Krieglitz Talabecland Entre ici, Etelka Topenheimer, Baronne de Pfeildorf, héritière des Mérogens par le Prince Henroth, Jarretière de l’Empire, ancienne Duchesse du Solland, Grande Baronne du WissenlandEtelka Topenheimer Sudenland Et accueillez l’héritier de Sigmar, librement élu par vous ! Entre ici, Digne Héritier de Sigmar, Maître de l’Eau et des Cieux, des Montagnes et des Mers, de l’Acier et du Fer, Porteur de Ghal-Maraz, chef des Unberogens, librement élu des huit tribus : Son Altesse Impériale Karl Franz 1er Karl Franz Ier

Blessure au doigt : suite et fin

medecine moyen age

Vous avez été nombreux à nous demander des nouvelles de la blessure de Hadden Raag … Nan, j’déconne !!

Mais comme nous l’avions raconté dans un épisode précèdent, Hadden, le bûcheron d’Untergeschatt s’est  légèrement piqué…  de manière mystérieuse à l’index. Pendant ce temps, son ami Jochen, de son côté, était à moitié mort suite à une décharge de mousquet à l’épaule.

Là (mardi dernier), c’est la reprise. C’est le moment où on remet les compteurs à zéro : où en est-on des Point de Vie, le seul truc qui motive vraiment les joueurs de jeu de rôles.

Laurent, qui joue Jochen, demande ce que son perso peut faire, maintenant qu’il a le bras dans le plâtre, l’épaule en morceaux, mais qu’il a aussi récupéré quelques points de vie après une bonne nuit de sommeil. Bah, tu ne peux plus tirer à l’arc, mais tu peux marcher, tu peux parler.

Je peux parler ?

Oui, tu peux parler.

Alors lui, tout de go, à Hadden :

– Alors, comment ça va ton doigt ?

 

Et moi, qu’est-ce que je devrais dire ? Je suis en train de mourir !

P'tit Bobo

 

On a tous connu ça : quelqu’un évoque ses petits soucis de santé, et immédiatement, on ne peut s’empêcher de parler des nôtres :

La grippe ? M’en parle pas ! L’an dernier, en rentrant du ski…

Comme si la maladie de l’autre était insupportable, et qu’il fallait que nous aussi, nous soyons tout autant malheureux.

C’est ce qui est arrivé à Jochen l’autre jour. A la suite d’un combat épique à la poursuite de quelques adorateurs du Chaos sur le Pont des Trois Empereurs, à Altdorf bien sûr, l’archer s’est pris une violente décharge de mousquet dans l’épaule. Il n’est pas passé loin de vie à trépas, mais grâce à la diligence des Hospitaliers du Temple et les nouvelles techniques médicales du bon docteur Pavarotti, le voilà entre de bonnes mains.

Entre temps, l’index d’Hadden s’est mis à saigner mystérieusement. Une petite coupure, vraiment rien de rien, comme quand on se pique dans les ronces des mûriers de notre bon vieux Middenland. Mais bon, ça l’inquiète Hadden, il n’a aucun souvenir de s’être piqué quelque part, et ça fait des mois qu’il ne chasse plus les mûres.

Le voilà qui suppute, s’inquiète, cogite. Devant son ami, étendu à même le sol de la Commanderie Générale, l’épaule brisée et sanglante. D’où cet échange, qui pourrait devenir culte :

Hadden :

–  Ça m’inquiète parce que ça pique, j’ai mal au doigt…

Jochen, émergeant de la fièvre qui le ronge, se redresse sur son brancard :

Et moi qu’est-ce que je devrais dire ? Je suis en train de mourir !

Pas faux, Jochen. Pas faux.