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Jeux de rôle, jeux de plateau, prenez ce qui vous plait…

Archive pour Vampire

Bilan 2018

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On va pas se plaindre de cette année, sur le plan rôlistique du moins. Pas moins de 42 parties, en effet : 10 de la Campagne Impériale, qui fête sa douzième année et a mené nos héros aux confins de l’empire, dans l’ancienne cite naine de Khadar Khalizad, dont il faut maintenant sortir. 8 parties de Cirande, qui suit son petit bonhomme de chemin, dans les eaux glacées du Banc. 5 Delta Green comme joueur, où les complots aliens pourraient enfin percer le jour entre le nouveau Mexique, le Vietnam, la Hongrie ou le Mexique. Précisons qu’aucune journaliste n’a été malmenée cette année.

Dans la veine Cthulhuienne, j’ai repris avec plaisir (et en fait pour la première fois), le chemin du Lovecraft Country, en plaçant cette première partie à Arkham, en 1925, ce que je n’avais jamais jusque-là. Que se passe-t-il sur l’Ile du Diable, au large d’Innsmouth ? Y’a-t-il ou pas une grotte ? C’est ce qu’il faudra déterminer en 2019.

Les cowboys n’ont pas chômé non plus, 5 parties pour démêler les intrigues de La Nuit des Chasseurs à Desolation, Texas. Et même si le gang Loomis semble défait, tous les mystères autour du cercueil noir ne sont pas éludés…

L’été 2018 a été aussi le grand retour OSR, une partie de mes joueurs rêvant de retomber dans l’enfance du Hobby ; j’ai donc fait jouer, quasiment en même temps, la très mauvaise Tomb of Horrors, le scénar sadique où Gary Gygax semble n’avoir qu’une envie, punir les joueurs. Même en essayant de mettre un peu d’histoire, ce n’est pas terrible. On a plus rigolé à Hell’s Portal, un vieux scénar White Dwarf où un Grell a amassé des objets magiques que cherchent aussi nos courageux personnages.

Pour rassurer les ados sur la bonne tenue du jeu  de rôle, on a enfin fait jouer jdr The Return of the not totally Dead, la parodie zombie (très remaniée de Jeepee). Ils se sont bien amusés à cette ambiance Fear of the Walking Dead/Z Corps.

Enfin j’ai pour ma part goûté pour la première fois, à Vampire La Mascarade en tant que joueur et au jeu en ligne par la même occasion. Excellente ambiance, on reviendra prochainement sur les aventures de Nicholas la Bougère, Caïnite louisianais chez les Victoriens.

splendor

Côté jeu de plateau, ça n’a pas chômé non plus, 30 parties au compteur, mais beaucoup de petites parties : Winner’s Circle, The Boss, Splendor, toujours un peu de Caylus… Mais l’année a été marqué par des gros jeux actuels (Leaving earth, Wendake, Iki… ), souvent inutilement compliqués par une masse de règles empilées sur un même jeu, comme une sorte de course à la plus grosse … complexité. Je n’y ai pas pris beaucoup de plaisir, car ces jeux sont au final hasardeux et faciles à jouer. Or, je préfère l’inverse, un jeu simple à comprendre et difficile à maîtriser : Cartagena, Skulls&Roses, Cyclades, Samurai, etc… ou l’excellent Topiary que j’ai découvert cette année.

Nicholas La Bougère, personnage de Vampire : victorian age

L’ami Belphegues a eu la drôle d’idée de lancer une partie de JDR en ligne. Mieux, une partie de Vampire ! Deux bonnes raisons de se lancer dans l’aventure. Découvrir, d’abord, ce nouveau continent du jeu de rôle qu’est le jeu en ligne, qui est en train tout simplement de renouveler notre hobby en conquérant, comme on dit, une toute nouvelle clientèle ; mais surtout de jouer à Vampire, le jeu qui a tout changé à l’aube des 90s, en débarrassant le jeu de rôle de ses maladies infantiles (le wargame déguisé) et lui faire assumer sa véritable vocation, à savoir incarner de véritables personnages, de chair et de sang, avec leurs qualités et leurs défauts, et leurs émotions…

Je reviendrais bientôt sur La Brume peut aussi masquer le Soleil, cette aventure Vampire : Victorian Age jouée à l’aide Roll20, mais pour le moment, let me please introduce myself :

 

Nicholas La Bougère, Daguerreotype by Thereza Mary Dillwyn Llewelyn, circa 1888

« Chaque nuit, j’ai l’impression de me réveiller d’un long cauchemar. Londres. Le centre du monde. La grande cité moderne, le berceau de la civilisation. Me voilà désormais coupé de ma famille, de ma patrie, de mes racines. Je dois renier tout ce qui m’a fait, pour construire un nouveau personnage, avec ce nouvel être qui m’habite. Cet autre. Ce nouveau moi.

Je suis né en 1840 dans la demeure familiale de Sherman Oaks, pas loin de Thibodaux, au cœur du Lafourche Parish. Je parle ce drôle de français qui fait rire les continentaux. Je ne suis pas cajun, mais les racines de mon père sont françaises, dans la Beauce, près de l’ancienne Orléans. Pour autant, je me considère comme un authentique anglo-saxon, le cheveu roux et le regard bleu de ma mère, une Kitteridge de Virginie, l’ayant largement emporté sur les favoris bruns de mon père.

Depuis aussi longtemps que le roi a mis le pied dans sa Nouvelle-France, ma famille exploite les plantations de canne à sucre tout autour de Thibodaux. Elle possède aussi quelques intérêts pour les pêcheries de crevette et d’écrevisses de la Nouvelle-Orléans. C’est là que nous nous rendons au moins deux fois par mois, avec père, pour acheter du matériel, négocier notre coton et parfois acheter un esclave.

Mais c’est là aussi, à l’angle de Chartres et de Wilkinson Street, que j’ai été étreint.

Elle était belle comme la nuit, venait du lointain Ghana, et vendait ses charmes pas loin de Jackson Square… Essi était née un dimanche, (d’où son nom), elle était grande et fine. Elle avait échappé aux ravages du travail de ferme en étant achetée, dès son arrivée, pour travailler dans une Maison.

Elle me fit ce soir-là traverser le fleuve, sous la promesse d’une vraie fête africaine à Algiers. Arrivé dans une clairière, je vis en effet quelques esclaves chanter le vaudou : l’interdit rendait la situation encore plus excitante. L’objet de ce chant était, selon leur folklore, d’amadouer les Asanbosam, démoniaques créatures des forêts. Equipées de grandes dents de fer et d’ergots aux genoux leur permettant de s’accrocher aux branches, ces créatures se suspendaient tête en bas, telles des chauves-souris, tuaient leurs victimes et dévoraient leur cœur, leur foie et se délectaient de leur sang.

Evidemment, je ne compris pas que la véritable victime, c’était moi, et que j’étais déjà entouré de ces créatures ; que ce naïf rituel n’était qu’un simulacre pour me jeter dans leurs rets. Etrange coïncidence – ou facétie des dieux – Chartres est, parait-il, la capitale de la Beauce. Et c’est dans  Chartres Street que je me réveillais, titubant, malade et pâle comme la mort, ne me souvenant de rien.

À partir de là, ma vie est devenue évidemment très différente. Je tentais de cacher l’horrible sort qui m’était désormais dévolu ; prétendit, pour préserver mes  proches, une maladie de peau qui m’empêchait de rester au soleil. Cela brisa immédiatement mes engagements vis-à-vis de Caroline Cahill-James, mariage sur lequel mon père comptait beaucoup. Ce fut le coup de grâce*. Je proposais à père de m’éloigner, en prenant un bureau à la Nouvelle-Orléans ; j’y représenterais les intérêts de la famille. Mon père, énormément peiné, accepta néanmoins.

Mais rapidement cette vie se révéla impossible. Je ne pouvais me rendre à des rendez-vous que la nuit tombée, je me voyais dans l’obligation de refuser toute invitation professionnelle ou sociale dans la journée. Ma réputation s’écroula rapidement…

Mais, caprice des dieux, ou rebond dans l’éther d’un quelconque chaos originel, une catastrophe nationale vint s’ajouter à ma malédiction personnelle. Nous avons fait sécession. Les yankees, qui profitaient du bon coton du Mississippi, mais jalousaient notre magnifique art de vivre, voulurent nous faire la leçon.

Au contraire de mes semblables, j’eus la conscience immédiate que nous étions perdus. Nous avions certes les meilleurs généraux, notre cœur était indomptable, de Jefferson Davis jusqu’à chacun d’entre nous. Mais à l’instar de Nicholas La Bougère, passé du mauvais côté du fleuve, le Sud était du mauvais côté de l’Histoire. Le futur était sur l’autre rive ; le Moloch du Progrès, de la Finance, de la Technique…

En mai 1861, juste avant le blocus, et seulement quelques semaines après le début de ma métamorphose, je fis une étrange rencontre. Je promenais ma misère dans le quartier français, horriblement affamé, mais ne pouvant me nourrir que de viandes crues. J’achetais ainsi des poulets, que je dévorais vivants dans une contre-allée de Dauphine Street. Un cocher m’enjoignit à le suivre. Il me déposa à un mile de là, à la Wilkinson Estate. La plantation appartenait à un notable de la Nouvelle-Orléans, Gregg Wilkinson, avec qui mon père était en affaires.

La famille Wilkinson détenait la South&East Shipping Company, qui armait des bateaux jusqu’à Baltimore pour vendre les produits de l’Amérique en Europe. Mon père le connaissait bien, mais je ne l’avais jamais vu. Au lieu de me conduire à son bureau, on m’emmena dans une cave. Mister Wilkinson était là, dans un cellier aménagé en bureau, mais dans une mise en scène morbide qui me glaça le sang. Une faible lumière et un cercueil m’attendait. Et cet ami de la famille La Bougère – c’est ainsi qu’il se présenta – me fit la terrible révélation, que je ne voulus point concéder sur le moment. J’étais désormais un immortel, un paria. Non, ce n’était pas une maladie, un enchantement vaudou, un poison dont une quelconque fiole bénie par le Baron Samedi me guérirait. J’étais devenu quelqu’un d’autre, ou plutôt quelque chose d’autre. Il fallait fuir. Loin, en Europe. Wilkinson m’aiderait. Il organiserait ma disparition ici. En échange, je devrais garder le secret ; une « mascarade » me dit-il sans que j’en saisisse le sens.

Je profitais donc d’un des derniers bateaux de la S&E Shipping Co. pour m’enfuir. Le blocus refermait ses mâchoires d’acier sur notre beau Sud. J’avais une lettre de recommandation pour Londres, pour le Père Jeremiah Marshall, l’Inquisiteur local. Je ne comprenais rien à tout cela, et je fis mes maigres bagages (un portait de Caroline, caché dans ma montre, un exemplaire de La Guerre du Péloponnèse, et ma Bible) comme dans un rêve brumeux. Je n’étais déjà plus d’ici, je serais plus utile là-bas.

A Londres. Pour affronter le Moloch. »

* en français dans le texte

Champagne !

La nuit promet d’être belle
Car voici qu’au fond du ciel
Apparaît la lune rousse
Saisi d’une sainte frousse
Tout le commun des mortels
Croit voir le diable à ses trousses
Valets volages et vulgaires
Ouvrez mon sarcophage
Et vous pages pervers
Courrez au cimetière
Prévenez de ma part
Mes amis nécrophages
Que ce soir nous sommes attendus dans les marécages
Voici mon message
Cauchemars, fantômes et squelettes
Laissez flotter vos idées noires
Près de la mare aux oubliettes
Tenue du suaire obligatoire
Lutins, lucioles, feux-follets,
Elfes, faunes et farfadets
S’effraient d’mes grands carnassiers
Une muse un peu dodue
Me dit d’un air entendu
Vous auriez pu vous raser
Comme je lui fais remarquer
Deux, trois pendus attablés
Qui sont venus sans cravate
Elle me lance un ?il hagard
Et vomit sans crier gare
Quelques vipères écarlates
Vampires éblouis
Par de lubriques vestales
Egéries insatiables
Chevauchant des Walkyries
Infernales appétits de frénésies bacchanales
Qui charment nos âmes envahies par la mélancolie
Envoi !
Satyres joufflus, boucs émissaires
Gargouilles émues, fières gorgones
Laissez ma couronne aux sorcières
Et mes chimères à la licorne
Soudain les arbres frissonnent
Car Lucifer en personne
Fait une courte apparition
L’air tellement accablé
Qu’on lui donnerait volontiers
Le bon Dieu sans confession
S’il ne laissait malicieux
Courir le bout de sa queue
Devant ses yeux maléfiques
Et ne se dressait d’un bond
Dans un concert de jurons
Disant d’un ton pathétique
Que les damnés obscènes cyniques et corrompus
Fassent griefs de leur peine à ceux qu’ils ont élus
Car devant tant de problèmes
Et de malentendus
Les dieux et les diables en sont venus à douter d’eux-mêmes
Dédain suprême
Mais déjà le ciel blanchit
Esprits je vous remercie
De m’avoir si bien reçu
Cocher lugubre et bossu, déposez-moi au manoir
Et lâchez le crucifix
Décrochez-moi ces gousses d’ail
Qui déshonorent mon portail
Et me chercher sans retard
L’ami qui soigne et guérit
La folie qui m’accompagne
Et jamais ne m’a trahi
Champagne !

Un générateur de perso pour Vampire

En surfant, j’ai trouvé cet excellent générateur de perso pour Vampire : La Mascarade. Très bien, facile d’accès, même pour un newbie comme moi, il permet de faire un jolie fiche en moins de 10mn. Seul souci : on ne peut sauvegarder le perso (sauf en html, je n’ai pas essayé) mais on peut toujours garder une version pdf.

Devil Inside, un scénar pour Vampire qui ne dit pas son nom…

Quand vos persos sont devenus Vampire, ils ne le savaient pas à l’avance non ? En partant de cette idée, j’ai écrit ce petit scénar pour Vampire la Mascarade. Si vous êtes joueur, passez votre chemin… Mais si vous êtes maître du jeu, allez jeter un coup d’œil