Planet Arrakis

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Archive pour nains

Grenzstadt, la dernière auberge avant la fin du monde

Grenzstadt, sous le Croc (vue d’artiste)

 

Peu de citoyens de l’empire s’aventurent jusqu’à Grenzstadt, la dernière cité humaine avant le « Bout du Monde », cette gigantesque chaîne de montagne qui barre les limites orientales de l’Empire. Au cœur des montagnes, les antiques cités naines, abandonnées depuis des éons, et au-delà, quoi ? Le chaos ?

Mais Grenzstadt est loin de tout ça, à au moins quatre jours de marche jusqu’à la Passe du Feu Noir, célèbre bataille où le jeune Sigmar se couvrit de gloire contre les Peaux-Vertes. Grenzstadt est certes au bout de la route, mais c’est une petite cité minière, prospère pendant l’été, et au ralenti pendant l’hiver. Collé au Croc, le premier pic des Montagnes Grises, elle aligne ses cabanes de bois modestes mais confortables, le long de rues qui n’ont pas de nom, mais juste des numéros ; première rue, seconde rue, tierce rue…

Et puis domine, creusé dans le granit, le Temple Noir de Grugni, seul rappel de l’héritage nain. Le temple n’a rien de spécial, il ne subsiste aucun ornement, mais seul sa taille impressionne le voyageur : sa nef monte jusqu’à vingt-quatre coudées…

 

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L’artillerie à Nuln


Deux artilleurs,
gravure populaire, coll. particulière

Nuln, la Perle du Reik, la Cité des Empereurs du Griffon a une longue et glorieuse histoire. Mais elle n’est plus sur le devant de la scène depuis que les empereurs semblent – définitivement – installés à Altdorf. Mais cela pourrait changer depuis cette alliance incongrue avec le Nord qui souhaite aussi rendre raison aux reiklandais. Mais également parce que l’industrieuse Nuln a pris une longueur d’avance qui pourrait bien révolutionner l’Art de la Guerre. Avec l’aide des Ziflinides, les nains de l’ouest qui détiennent les secrets de la fabrication de la poudre, et maîtrisent la forge depuis toujours, Nuln a développé une artillerie que le Vieux Monde lui envie.

Quatre piliers soutiennent ce bel édifice : les forges Vogt, l’échevin comtal, les poudriers nains, et l’école impériale d’artillerie.

Randolph Vogt,
collection famille Vogt, Nuln,
par Quintus Quéribus, 1506

Les Forges Vogt semblent exister depuis toujours. Randolph Vogt a commencé à couler l’acier à l’âge de douze ans. Colérique mais pugnace, courageux et travailleur, Randolph s’est révélé redoutablement intelligent pour quelqu’un qui ne savait ni lire ni écrire. Grimpant un à un les échelons, il a fini par diriger l’entreprise qui l’avait embauché et en faire un monstre industriel de Nuln. Puis être nommé Premier Echevin de l’Artillerie. Personne ne sait calculer un bon alliage comme Maitre Vogt, ou attendre le moment exact pour demander le « Silence du Fer », cet instant si particulier où tout s’arrête dans la Cité Souveraine, pour que, dans un murmure, l’acier du canon finisse par se solidifier en toute quiétude.

C’est donc avec grand étonnement que les Nulnois ont appris, en 1502,  son remplacement par Wolfhart von Liebewitz comme Premier Échevin. Herr Vogt a semblé accepter son remplacement avec placidité, conservant une bonne partie des commandes de la Cité.

Wolfhart von Liebewitz, Premier Échevin,
par Rogiers van der Bosch, dit « Der Hollander », 1511, collection comtale

Le Premier Échevin est un poste important de la Cité Souveraine. Le ministre décide, et fait valider par l’assemblée des Trente, toute décision concernant l’Artillerie. Autant dire qu’il a la main sur un tas d’or (on parle deux cent mille couronnes impériales). Wolfhart von Liebewitz est un cousin de la Gravin, ce qui fait jaser, mais l’on dit aussi que Maître Vogt aurait profité dans le temps de sa position pour détourner certains subsides de la Cité.

Wolfhart von Liebewitz, lui, est un concurrent mineur. Les fonderies Liebewitz fabriquent essentiellement des mousquets, voire des couleuvrines, mais est bien incapable de produire des chefs d’œuvres comme le Magnus, la bombarde qui doit être inaugurée prochainement.

On dit d’ailleurs que l’entourage d’Emmanuelle, et particulièrement le Sénéchal von Knobb ont enserré le Premier Echevin d’un filet très fin de secrétaires et de conseillers. Et si l’affection de la Gravin pour son cousin (ils ont le même âge) a provoqué sa nomination, il semblerait qu’il aurait désormais abusé de sa patience. Fêtard, imbu de sa personne tout en étant à la fois incompétent et inconséquent,  ses jours aux Trente seraient maintenant comptés.

Rekam Filondargent,
Maitre des Poudres de Nuln,
Grand Khan des Ziflinides, Askor des Monts Gris
Inconnu, huile sur bois, coll. particulière

Les poudriers nains ne sont arrivés qu’au siècle dernier à Nuln. La Cité des Griffons n’a jamais été – et ne sera jamais – une ville naine. Mais sortis de leurs mines d’argent des Montagnes Grises par les Liebewitz, les ziflinides ont entamé un fructueux commerce avec Nuln. Argent, étain, charbon, tout a fait commerce. Et prenant peu à peu confiance, ils ont accepté de vendre aussi leurs secrets, et leur poudre. A prix d’or, la Comtesse en a acheté l’exclusivité, donnant ainsi un avantage décisif à la Perle du Reik. Mais il reste un caillou dans leur chaussure : leur haine ancestrale des Khazalides, qui gêne la toute nouvelle alliance Nuln / Middenheim, ville historique de Nains de l’Est après le Grand Exil. Mal organisés (il n’existe pas de Consistoire Nain comme à Middenheim), les nains de Nuln fonctionnent toujours en mode tribal. Rekam Filondargent, Maître des Poudres, est de plus sarcastique et assuré de son bon droit. Pas sûr que quelqu’un veuille – ou puisse – lui contester sa place.

La pucelle du 1er RA, le Royal Artillerie, l’Unique

L’Ecole Impériale d’Artillerie est une des fiertés de l’Empire ; que dire alors de ce qu’en pensent les Nulnois ! C’est leur bouclier, leur joyau. Etre simple canonnier est un honneur qui hisse immédiatement le soldat au rang de bourgeois, et pas seulement parce que la solde est double. L’Ecole Impériale est à la fois une école, un régiment, le 1er Royal Artillerie, que les soldats appellent entre eux le Premier, le Royal, ou l’Unique, car il n’y a tout simplement pas d’autre régiment d’artillerie dans l’Empire ! Même s’il se dit que le tiléen qui conseille Heinrich Todbringer essaie d’en monter un à Middenheim…

Wladimir von Neukov, Artilleur Général, collection du Royal Artillerie,
par le peintre officiel René Clermont-Jouilly, 1509

Le Royal est sous l’autorité vénérable de Wladimir von Neukov, Artilleur Général, qui cumule les fonctions de Chef de Corps du 1er RA, Doyen de l’Ecole Impériale, et Second Feldmarshall Imperiali, directement sous les ordres de Theodor von Kleist. Cet homme sage, à la parole mesurée, approche les soixante-dix ans et a toujours été artilleur.

C’est son honneur, et sa fierté.

Une chanson naine

chef nain

Maître Throbin, peinture sur bois,
ca. 1512

Que sait-on des nains de Middenheim ? Pas grand’chose en vérité. Les Khazalides ont trouvé le Fauschlag, ce piton rocheux au milieu de la giboyeuse Drakwald, qui abrite la cité souveraine. Ils en ont extrait l’or, puis quand les hommes sont arrivés, ont cohabité de bon cœur. Construisant les quatre viaducs qui en ont fait la merveille architecturale que l’on connait, en aménageant les anciens tunnels aurifères en égouts spacieux (qui rendent la cité si propre comparée aux autres villes de l’Empire), creusant la Spirale pour aider les Graf de Middenheim à s’échapper le cas échéant, en défendant la cité lors du siège de 1111.

Cette belle amitié séculaire a failli sombrer lorsque le Graf Boris a décidé de lever l’exemption fiscale qui les privilégiait depuis des siècles. Ce complot – car c’en était un, bien sûr – fut déjoué par quatre courageux garçons, même pas middenheimois. Mais voilà, les nains ont été humiliés par cette famille Todbringer qu’ils respectaient depuis des siècles. Ils ont fui la Cité Blanche, se réfugiant à Altdorf, dans un bidonville le long des remparts. Malgré une négociation réussie (toujours par nos quatre rotzballers), leur retour à la Cité Souveraine n’est pas pour demain. Car, maladresse ou manipulation politique, les pires ennemis des Khazalides, la tribu des nains Ziflinides, a été invitée au cortège de la toute nouvelle Princesse Electrice Katerina Todbringer.

Les Ziflinides, comme chacun sait, sont originaires des montagnes de l’ouest et les protégés de la comtesse Emmanuelle von Liebewitz, Princesse Electrice de Nuln. Accessoirement, les Ziflinides sont les fondateurs de l’Ecole d’Artillerie de Nuln, les inventeurs de canons de plus en plus puissants et formulateurs de la meilleure qualité de poudre noire.

nains dans la forêt

A quand remonte la querelle entre Khazalides et Ziflinides ? On ne sait, si ce n’est qu’elle existe de toute éternité. Quand enfin Katerina vient faire amende honorable devant les Khazalides grâce aux terribles efforts de la Chance du Graf, on fait bombance et rapidement, sortent de l’ud et du luth droit les accords mineurs qui font le mystère de la musique naine.

Apres l’introït obligatoire de 16 mesures, une voix profonde s’élève, venue du fond des temps… c’est Gorim Grandmarteau qui entonne, de sa voix grave et puissante, la mélopée* nostalgique. Bientôt, les larmes roulent sur les grosses joues burinées des jeunes nains comme des vieux, des hommes comme des femmes, de la mère comme de l’enfant. Artus, le jeune nain âgé de seulement trente ans sauvé par nos aventuriers, comprend mal les paroles (il est lui-même d’une autre tribu, les Grimazalides du Sud), mais il tente de traduire à la volée ce chant qui évoque la tristesse d’un monde perdu, la nostalgie des origines, l’amour désespéré des racines et de la terre.

Dwarf Rune 2

Où est passée ma maison ?
Celle que la montagne créa un jour pour Grungni ?
Où est le bruit des forges ?
Et l’eau qui ruisselait le long des murs ?

Où sont mes amis ?
Partout dispersés
Dans les villes qui n’ont pas encore de nom
Dans les venelles oubliées ?

Voilà des siècles que je suis parti
Le soleil est retourné maintes fois d’où il était parti
Mais moi je ne suis jamais revenu
Un jour je referai le voyage jusqu’à Khadar Khalizad
Je retournerai mourir là où je suis né
Un jour je referai le voyage jusqu’à la Montagne du Feu
Je retournerai mourir là où je suis né

Dans l’âtre de Grungni
Dans les bras de ma mère
Là où le fer est né
Où le feu et l’eau réchauffe mes os

Dans le ventre de la montagne
Au bras de mon père
Loin du soleil et de la lune
Dans les profondeurs où naît le feu sacré

Voilà des siècles que je suis parti
Le soleil est retourné maintes fois d’où il était parti
Mais moi je ne suis jamais revenu
Un jour je referai le voyage jusqu’à Khadar Khalizad
Je retournerai mourir là où je suis né
Un jour je referai le voyage jusqu’à la Montagne du Feu
Je retournerai mourir là où je suis né

Dwarf Rune 2* tiré du sublime Carmina Burana « Dulce solum natalis patrie »