Planet Arrakis

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Archive pour nains

L’aterrement, rituel funéraire nain

 

Aterrement nain Ziflinide, au Col du Barbier, Montagnes Grises

Les rituels funéraires nains sont étranges, souvent incompréhensible pour les humains. Ils sont aussi très variés suivant la classe sociale du défunt. On dit par exemple que la tombe du roi Kargan à Khadar Khalizad, si elle n’a pas été pillée depuis des lustres, est recouverte d’or.

Mais à l’autre opposé il y a l’aterrement, c’est-à-dire la dépose simple du corps sur le sol, afin qu’il retourne à la pierre. Tout le sens, finalement, de ce « Comme la pierre ! » répété à l’envi par les nains rencontrés de ci de là dans l’Empire.

 

Massif du Bouc, dans les Montagnes Noires,
pas loin du Col de l’ours.

Comme la pierre… 

 

La mort tragique d’Artus, l’enfant nain recueilli à Bögenhafen par la Chance du Graf – bien avant qu’elle n’envisage ce fameux tournoi de Rotzball qui les rendraient célèbres -, leur a donné à voir ce qui est souvent gresh (c’est à dire interdit, invisible) aux non-nains.

Portrait de Gorim GrandMarteau
Aquarelle, coll. personnelle de la Gravin de Middenheim

Gorim Grandmarteau a en effet procédé à l’aterrement d’Artus au Col de l’Ours, là où le pauvre enfant est mort de froid dans les bras d’Anna. Leur première surprise vient de l’attitude de Gorim, étonnamment serein, presque satisfait. Et il l’est, en réalité : Artus va pouvoir être aterré sur la terre de ses ancêtres, selon la formule consacrée : « la terre de son père, la terre du père du père de son père, la terre du père du père du père de son père ».

En posant le corps nu du jeune nain à même le granit des Montagnes Noires, il lui permet ainsi de ramener Artus à son état initial dans la religion naine : la pierre. Le rituel veut donc qu’on dépouille le défunt de tous ses vêtements, soigneusement remis à son père. En l’occurrence, pas à son père biologique, massacré par Teugen et les adorateurs de Nurgle dans les égouts le long de la Bögen, mais celui qui portera sa mémoire. Ici, en l’occurrence, Helmut Fleischer, boucher d’Untergeschatt et capitaine de la Chance du Graf, qui doit conserver les effets personnels du défunt. Et, à chaque fois que c’est possible, raconter son histoire.

Le corps lui, est laissé à même le sol, battu par les vents, car c’est eux qui entameront la lente transformation vers la pierre.

On peut même poser une pierre sur le corps à titre d’hommage.

Car on dit que cela facilite la pétrification.

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La Mort d’Artus au col de l’Ours

 

Personne n’est censé passer le col de l’Ours, même en été. C’est un des rares cols de la Passe du Feu Noir, et il est totalement inenvisageable de le passer en hiver. C’est malheureusement la seule option possible pour nos aventuriers en cet hiver tragique 1512, où la mort flotte sur le Reik, où de sombres pouvoirs s’agitent derrière le trône, et où l’Empire est en flammes. Car le passage normal, le fameux tunnel de Balin est effondré. Le poids des ans ? Le sabotage des agents du chaos ? Ou cette mystérieuse équipée de nains ziflinides qui précède nos amis ? Nul ne le sait.

Le Col de l’Ours, vu de la Passe du Feu Noir, en été 

Voilà donc le col de l’Ours, un imposant glacier qui se dresse droit devant vous. Il vaut mieux attendre le beau temps, et la meilleure visibilité, pour grimper dessus. Hadden a eu l’idée de clouter une planche, lacée aux pieds, de manière à bien accrocher la glace. Pour autant, le glacier est traitre ; pont de glace camouflée sous la neige, explosion d’eau chaude souterraine, et avalanche sur les côtés. Nos aventuriers progressent malgré tout, plus lentement que prévu, et arrivent au sommet en fin de journée ; au pire moment. Le vent s’est remis à souffler dans les hauteurs, et le temps peut changer vite. Gorim exige de redescendre tout de suite, car la nuit va bientôt tomber ; hors de question de rester de nuit dans la tempête qui se lève.

Au sommet…

 

Mais Artus est blessé (une pierre) et son crâne saigne abondamment. Il avance de plus en plus lentement. il souffre l’arrière. La redescente est presque plus difficile que l’ascension. Impossible d’espérer atteindre le Val Brumeux dans ces conditions, il faut au moins chercher un abri pour quelques heures. La nuit empêche maintenant toute progression. Et c’est là que l’impensable arrive : Artus est immobile, Artus ne respire plus.

Artus est mort…

La Passe du Feu Noir

 

Arriver à la Passe du Feu Noir, c’est entrer dans le territoire de la légende. C’est en effet là que Sigmar, quinze siècles auparavant, arrêta l’invasion gobeline. Dans ces très hautes Montagnes Noires où l’on peine à respirer, où la neige semble être installée de toute l’éternité, si l’on tend bien le bras, on peut toucher les étoiles.

On y accède par un immense et impressionnant tunnel creusé en ligne droite dans la roche, qui compte pas moins de sept mille marches à partir de l’Arc du Triomphe, qui sert de porte d’entrée.

L’Arc du Triomphe,
un monument de près de 60 pieds de haut,
signale l’entrée du Tunnel de Thorim.
7000 marches vous mèneront,
à travers la montagne,
de l’autre côté de la Passe du Feu Noir

Après l’interminable ascension – le pèlerin, comme le marchand nain, campe souvent à mi-parcours dans le tunnel – on arrive en haut de la Passe. La vue est tellement spectaculaire que les nains l’appellent Strek’tûr, la Porte des Etoiles. Sous les pieds s’étendent la Passe du Feu Noir, et sur la gauche, un chemin escarpé mène à l’Oratoire de Sigmar. Il s’agit d’une immense construction, de style très particulier, car composé par les nains et les humains, en hommage au fondateur de l’empire. Immense comme l’architecture naine, raffiné comme celle des hommes. L’immense rosace – aujourd’hui détruite par quinze cent gels – illustre en quinze vitraux la vie de l’empereur-dieu. Mais aujourd’hui, l’oratoire n’est plus qu’un temple de glace, perdu au fin fond de la montagne.

L’oratoire, vu de la vallée

Certaines nuits, on dit que les milliers de fantômes gobelin, l’âme en peine, continuent de se mouvoir de l’obscurité. Cela supposerait que les Gobelins aient une âme. Mais on dit aussi apercevoir un guerrier farouche, aux longs cheveux noirs, et au regard de feu, fondre sur les peaux-vertes en contrebas, à la tête de ses deux cents valeureux guerriers. D’autre disent (souvent des ulricains) que le manque d’air fait perdre les sens aux fidèles. Et que même pris dans une tempête de neige, personne n’a jamais vu Ulric réapparaitre sur le Fauschlag.

L’Oratoire, tel qu’on le voit de Strek’tûr,
la Porte des Etoiles

Peu importe. La légende veut en tout cas que quand Sigmar réclama l’hoya (le rassemblement des chefs de tribus), les huit tribus défirent les hordes de Gobelins dans les plaines du Stirland. Dispersées, paniquées, elles se réfugièrent en Orient, sur les flancs escarpés des Montagnes du Bout du Monde. « Mais la guerre n’était pas terminée », dit la légende : « Les tribus avaient simplement chassé le Chaos du Vieux Monde, ils ne l’avaient en aucun cas vaincu. Au contraire, ces créatures purent concentrer leurs forces contre un seul ennemi : les Nains. En quelque mois, leurs forteresses des Montagnes Noires tombèrent l’une après l’autre, dans le silence le plus absolu. Mais un Nain, gravement blessé, mort de faim, put passer les lignes ennemies et se traîner jusqu’au camp de Sigmar, au confluent de la Soll et du Reik Supérieur. Il dit alors la tragédie en train de s’accomplir : la vallée qui menait aux principales cités naines était tombée, et les rescapés se regroupaient à Khadar-Khalizad, ne laissant dans la Passe du Feu Noir qu’une centaine de vaillants défenseurs chargés de tenir la Passe le plus longtemps possible. 

Sans perdre de temps, Sigmar déroula son étendard et regroupa autour de lui deux cents de ses guerriers les plus farouches. Cette armée remonta la Soll et franchit à marche forcée les deux cents lieues qui les séparaient de la Passe du Feu Noir. Surgissant dans la vallée au coucher du soleil, Ghal-Maraz brandie à deux mains, Sigmar tailla dans les rangs des Gobelins comme s’il frappait avec la Grande Faux de la Mort elle-même ! Alors que les Peaux-Vertes commençaient à lâcher prise, les Nains survivants, hommes, femmes, et enfants surgirent de Khadar -Khalizad et chargèrent. Au matin, il ne restait aucun Gobelin pour raconter de la Bataille de la Passe du Feu Noir. »

La grande rosace, aujourd’hui en ruines 

Cette victoire mit fin aux Guerres Gobelines qui duraient depuis des siècles… Aujourd’hui, plus de camp gobelin dans la Passe, juste de paisibles rivières formées par les glaciers environnants. Il reste néanmoins des traces de la Vieille Route de l’Ouest. La route de l’argent permettait aux nains d’acheminer sur des centaines de lieues (sans chevaux ni mules) leur argent et leur bijoux d’une incomparable qualité. La silberwek est désormais sous la neige, et rien n’en subsiste, si ce n’est les reliefs involontaires laissés par les chaussées et les ponts de pierre.

Au pire, on y croisera un garenne parti chercher pitance, ou un ours, réveillé dans son hivernage par d’étranges aventuriers…

 

 

Vers la Passe du Feu Noir…

Le Voile de la Mariée, la grande cascade des premiers contreforts des Montagnes Noires

L’aventure… quand son vent souffle, rien ne semble pouvoir l’arrêter. Après Grenzstadt, il n’y a plus rien. Bien sûr il reste encore une ou deux fermes, où les bergers se relaient chaque quinzaine à la bergerie pour  surveiller les moutons qui abrités des rigueurs hivernales … Mais après ? plus rien. Les Montagnes Noires se dressent comme un mur immense, et plus on s’approche, plus le mur semble haut et inaccessible.

Les cabanes de bergers sont nombreuses. Ici, au bord du Lac Bleu.

La Vieille Route de l’Ouest, la Silberwek naine ne se décourage pas pour autant… Dans ses pavés, il y en a toujours un, triangulaire, qui indique l’Ouest au voyageur perdu.  La route de l’argent serpente dans la montagne, toujours plus pentue, toujours plus dure, mais reste régulière : signe de l’incroyable travail de maçonnerie naine, quinze siècles après qu’un dernier nain l’eut foulée…

Dalle naine typique en granit blanc, 200 A.S., musée d’Altdorf 

Le chemin est bientôt encadré de hautes falaises, qui fournissent un abri avantageux la nuit : moins de vent, moins de froid, même si l’ambiance reste glaciale.

C’est pourquoi on accueille avec joie la lumière d’une torche qui scintille dans la nuit, même si des chants féminins, parfaitement incongrus dans cette désolation, en parviennent.

On est arrivés au dernier vestige humain, le monastère des Sœurs de Sigmar, qui fournit gite et couvert, pourvu qu’on se déleste de ses armes dans ce havre de paix…

Hildegarde de Bingen, Noviale des Sœurs de Sigmar au cœur des Montagnes Noires

Mais il faut bientôt repartir. Gorim Grandmarteau, l’œil amusé, garde le mystère : on arrive au Cercle de Pierre.

Un cercle ? Mais quel cercle ?

 

 

 

 

Grenzstadt, la dernière auberge avant la fin du monde

Grenzstadt, sous le Croc (vue d’artiste)

 

Peu de citoyens de l’empire s’aventurent jusqu’à Grenzstadt, la dernière cité humaine avant le « Bout du Monde », cette gigantesque chaîne de montagne qui barre les limites orientales de l’Empire. Au cœur des montagnes, les antiques cités naines, abandonnées depuis des éons, et au-delà, quoi ? Le chaos ?

Mais Grenzstadt est loin de tout ça, à au moins quatre jours de marche jusqu’à la Passe du Feu Noir, célèbre bataille où le jeune Sigmar se couvrit de gloire contre les Peaux-Vertes. Grenzstadt est certes au bout de la route, mais c’est une petite cité minière, prospère pendant l’été, et au ralenti pendant l’hiver. Collé au Croc, le premier pic des Montagnes Grises, elle aligne ses cabanes de bois modestes mais confortables, le long de rues qui n’ont pas de nom, mais juste des numéros ; première rue, seconde rue, tierce rue…

Et puis domine, creusé dans le granit, le Temple Noir de Grugni, seul rappel de l’héritage nain. Le temple n’a rien de spécial, il ne subsiste aucun ornement, mais seul sa taille impressionne le voyageur : sa nef monte jusqu’à vingt-quatre coudées…

 

L’artillerie à Nuln


Deux artilleurs,
gravure populaire, coll. particulière

Nuln, la Perle du Reik, la Cité des Empereurs du Griffon a une longue et glorieuse histoire. Mais elle n’est plus sur le devant de la scène depuis que les empereurs semblent – définitivement – installés à Altdorf. Mais cela pourrait changer depuis cette alliance incongrue avec le Nord qui souhaite aussi rendre raison aux reiklandais. Mais également parce que l’industrieuse Nuln a pris une longueur d’avance qui pourrait bien révolutionner l’Art de la Guerre. Avec l’aide des Ziflinides, les nains de l’ouest qui détiennent les secrets de la fabrication de la poudre, et maîtrisent la forge depuis toujours, Nuln a développé une artillerie que le Vieux Monde lui envie.

Quatre piliers soutiennent ce bel édifice : les forges Vogt, l’échevin comtal, les poudriers nains, et l’école impériale d’artillerie.

Randolph Vogt,
collection famille Vogt, Nuln,
par Quintus Quéribus, 1506

Les Forges Vogt semblent exister depuis toujours. Randolph Vogt a commencé à couler l’acier à l’âge de douze ans. Colérique mais pugnace, courageux et travailleur, Randolph s’est révélé redoutablement intelligent pour quelqu’un qui ne savait ni lire ni écrire. Grimpant un à un les échelons, il a fini par diriger l’entreprise qui l’avait embauché et en faire un monstre industriel de Nuln. Puis être nommé Premier Echevin de l’Artillerie. Personne ne sait calculer un bon alliage comme Maitre Vogt, ou attendre le moment exact pour demander le « Silence du Fer », cet instant si particulier où tout s’arrête dans la Cité Souveraine, pour que, dans un murmure, l’acier du canon finisse par se solidifier en toute quiétude.

C’est donc avec grand étonnement que les Nulnois ont appris, en 1502,  son remplacement par Wolfhart von Liebewitz comme Premier Échevin. Herr Vogt a semblé accepter son remplacement avec placidité, conservant une bonne partie des commandes de la Cité.

Wolfhart von Liebewitz, Premier Échevin,
par Rogiers van der Bosch, dit « Der Hollander », 1511, collection comtale

Le Premier Échevin est un poste important de la Cité Souveraine. Le ministre décide, et fait valider par l’assemblée des Trente, toute décision concernant l’Artillerie. Autant dire qu’il a la main sur un tas d’or (on parle deux cent mille couronnes impériales). Wolfhart von Liebewitz est un cousin de la Gravin, ce qui fait jaser, mais l’on dit aussi que Maître Vogt aurait profité dans le temps de sa position pour détourner certains subsides de la Cité.

Wolfhart von Liebewitz, lui, est un concurrent mineur. Les fonderies Liebewitz fabriquent essentiellement des mousquets, voire des couleuvrines, mais est bien incapable de produire des chefs d’œuvres comme le Magnus, la bombarde qui doit être inaugurée prochainement.

On dit d’ailleurs que l’entourage d’Emmanuelle, et particulièrement le Sénéchal von Knobb ont enserré le Premier Echevin d’un filet très fin de secrétaires et de conseillers. Et si l’affection de la Gravin pour son cousin (ils ont le même âge) a provoqué sa nomination, il semblerait qu’il aurait désormais abusé de sa patience. Fêtard, imbu de sa personne tout en étant à la fois incompétent et inconséquent,  ses jours aux Trente seraient maintenant comptés.

Rekam Filondargent,
Maitre des Poudres de Nuln,
Grand Khan des Ziflinides, Askor des Monts Gris
Inconnu, huile sur bois, coll. particulière

Les poudriers nains ne sont arrivés qu’au siècle dernier à Nuln. La Cité des Griffons n’a jamais été – et ne sera jamais – une ville naine. Mais sortis de leurs mines d’argent des Montagnes Grises par les Liebewitz, les ziflinides ont entamé un fructueux commerce avec Nuln. Argent, étain, charbon, tout a fait commerce. Et prenant peu à peu confiance, ils ont accepté de vendre aussi leurs secrets, et leur poudre. A prix d’or, la Comtesse en a acheté l’exclusivité, donnant ainsi un avantage décisif à la Perle du Reik. Mais il reste un caillou dans leur chaussure : leur haine ancestrale des Khazalides, qui gêne la toute nouvelle alliance Nuln / Middenheim, ville historique de Nains de l’Est après le Grand Exil. Mal organisés (il n’existe pas de Consistoire Nain comme à Middenheim), les nains de Nuln fonctionnent toujours en mode tribal. Rekam Filondargent, Maître des Poudres, est de plus sarcastique et assuré de son bon droit. Pas sûr que quelqu’un veuille – ou puisse – lui contester sa place.

La pucelle du 1er RA, le Royal Artillerie, l’Unique

L’Ecole Impériale d’Artillerie est une des fiertés de l’Empire ; que dire alors de ce qu’en pensent les Nulnois ! C’est leur bouclier, leur joyau. Etre simple canonnier est un honneur qui hisse immédiatement le soldat au rang de bourgeois, et pas seulement parce que la solde est double. L’Ecole Impériale est à la fois une école, un régiment, le 1er Royal Artillerie, que les soldats appellent entre eux le Premier, le Royal, ou l’Unique, car il n’y a tout simplement pas d’autre régiment d’artillerie dans l’Empire ! Même s’il se dit que le tiléen qui conseille Heinrich Todbringer essaie d’en monter un à Middenheim…

Wladimir von Neukov, Artilleur Général, collection du Royal Artillerie,
par le peintre officiel René Clermont-Jouilly, 1509

Le Royal est sous l’autorité vénérable de Wladimir von Neukov, Artilleur Général, qui cumule les fonctions de Chef de Corps du 1er RA, Doyen de l’Ecole Impériale, et Second Feldmarshall Imperiali, directement sous les ordres de Theodor von Kleist. Cet homme sage, à la parole mesurée, approche les soixante-dix ans et a toujours été artilleur.

C’est son honneur, et sa fierté.

Une chanson naine

chef nain

Maître Throbin, peinture sur bois,
ca. 1512

Que sait-on des nains de Middenheim ? Pas grand’chose en vérité. Les Khazalides ont trouvé le Fauschlag, ce piton rocheux au milieu de la giboyeuse Drakwald, qui abrite la cité souveraine. Ils en ont extrait l’or, puis quand les hommes sont arrivés, ont cohabité de bon cœur. Construisant les quatre viaducs qui en ont fait la merveille architecturale que l’on connait, en aménageant les anciens tunnels aurifères en égouts spacieux (qui rendent la cité si propre comparée aux autres villes de l’Empire), creusant la Spirale pour aider les Graf de Middenheim à s’échapper le cas échéant, en défendant la cité lors du siège de 1111.

Cette belle amitié séculaire a failli sombrer lorsque le Graf Boris a décidé de lever l’exemption fiscale qui les privilégiait depuis des siècles. Ce complot – car c’en était un, bien sûr – fut déjoué par quatre courageux garçons, même pas middenheimois. Mais voilà, les nains ont été humiliés par cette famille Todbringer qu’ils respectaient depuis des siècles. Ils ont fui la Cité Blanche, se réfugiant à Altdorf, dans un bidonville le long des remparts. Malgré une négociation réussie (toujours par nos quatre rotzballers), leur retour à la Cité Souveraine n’est pas pour demain. Car, maladresse ou manipulation politique, les pires ennemis des Khazalides, la tribu des nains Ziflinides, a été invitée au cortège de la toute nouvelle Princesse Electrice Katerina Todbringer.

Les Ziflinides, comme chacun sait, sont originaires des montagnes de l’ouest et les protégés de la comtesse Emmanuelle von Liebewitz, Princesse Electrice de Nuln. Accessoirement, les Ziflinides sont les fondateurs de l’Ecole d’Artillerie de Nuln, les inventeurs de canons de plus en plus puissants et formulateurs de la meilleure qualité de poudre noire.

nains dans la forêt

A quand remonte la querelle entre Khazalides et Ziflinides ? On ne sait, si ce n’est qu’elle existe de toute éternité. Quand enfin Katerina vient faire amende honorable devant les Khazalides grâce aux terribles efforts de la Chance du Graf, on fait bombance et rapidement, sortent de l’ud et du luth droit les accords mineurs qui font le mystère de la musique naine.

Apres l’introït obligatoire de 16 mesures, une voix profonde s’élève, venue du fond des temps… c’est Gorim Grandmarteau qui entonne, de sa voix grave et puissante, la mélopée* nostalgique. Bientôt, les larmes roulent sur les grosses joues burinées des jeunes nains comme des vieux, des hommes comme des femmes, de la mère comme de l’enfant. Artus, le jeune nain âgé de seulement trente ans sauvé par nos aventuriers, comprend mal les paroles (il est lui-même d’une autre tribu, les Grimazalides du Sud), mais il tente de traduire à la volée ce chant qui évoque la tristesse d’un monde perdu, la nostalgie des origines, l’amour désespéré des racines et de la terre.

Dwarf Rune 2

Où est passée ma maison ?
Celle que la montagne créa un jour pour Grungni ?
Où est le bruit des forges ?
Et l’eau qui ruisselait le long des murs ?

Où sont mes amis ?
Partout dispersés
Dans les villes qui n’ont pas encore de nom
Dans les venelles oubliées ?

Voilà des siècles que je suis parti
Le soleil est retourné maintes fois d’où il était parti
Mais moi je ne suis jamais revenu
Un jour je referai le voyage jusqu’à Khadar Khalizad
Je retournerai mourir là où je suis né
Un jour je referai le voyage jusqu’à la Montagne du Feu
Je retournerai mourir là où je suis né

Dans l’âtre de Grungni
Dans les bras de ma mère
Là où le fer est né
Où le feu et l’eau réchauffe mes os

Dans le ventre de la montagne
Au bras de mon père
Loin du soleil et de la lune
Dans les profondeurs où naît le feu sacré

Voilà des siècles que je suis parti
Le soleil est retourné maintes fois d’où il était parti
Mais moi je ne suis jamais revenu
Un jour je referai le voyage jusqu’à Khadar Khalizad
Je retournerai mourir là où je suis né
Un jour je referai le voyage jusqu’à la Montagne du Feu
Je retournerai mourir là où je suis né

Dwarf Rune 2* tiré du sublime Carmina Burana « Dulce solum natalis patrie »