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Archive pour Te Deum

« Un Bien Étrange Parrain » le chapitre 2 des Mémoires d’Adrien de Lamont

Quelques jours après Noël, le seigneur de Lamont a trépassé et été mis en terre. Les pleurs de Gauthier n’ont guère fait illusion … ni changé la décadence du garçon qui reste la plupart du temps introuvable. Pour Adrien, la mission paternelle semble à la fois étrangement simple (porter 10 livres grecs à quelqu’un) et terriblement compliquée (ce quelqu’un étant un parfait inconnu résidant en un lieu indéterminé).

Mais la difficulté commence en fait dès à présent : Polignac lui confirme que si la bibliothèque de François est bien fournie avec une quinzaine d’ouvrages à la clé, elle ne compte en tout et pour tout que 3 livres grecs. Où sont ces fichus livres ? S’ils ne sont pas dans la bibliothèque, ils sont forcément dans la demeure, sinon le patriarche l’aurait précisé … Les braves Léon et Madeleine débloquent à tour de rôle l’énigme posée : le premier indique à Polignac et Adrien la présence d’un coffre de voyage placé auprès du lit du défunt qui s’avère contenir un plus petit coffre en bois précieux, protégeant vraisemblablement les ouvrages … mais fermé à clé … une clé, dont a connaissance la timide Madeleine.

François n’a en effet pas tout dit à Adrien : il a fait promettre à Léon et à Madeleine que s’il lui arrivait malheur, ils devraient se soustraire aux usages et aider non pas l’aîné Gauthier mais le cadet Adrien dans cette aventure … La clé ? Ils ne peuvent lui confier la clé de François, mais Léon connait le parrain d’Adrien – le Père Jean, le curé de la paroisse, aussi – et sait où il se trouve !

Étienne de La Cassière n’est ni plus ni moins que le Baron d’Aydat ! Baron … un rang plus élevé que celui d’Adrien, simple Écuyer mais aussi que celui de son père, le Chevalier François ! Léon apprend à Adrien qu’Étienne et François, excentriques tous les deux, ont un long passé commun, notamment sur les routes d’Italie … et lorsque Léon évoque la source de ses informations, qui n’est ni plus ni moins que son frère Mirgal, qui sert de La Cassière, le prénom de ce dernier déclenche chez Adrien un violent flash …

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Mirgal, le joyeux gai luron qui accompagne monsieur de La Cassière

Adrien se souvient … il avait 5 ou 6 ans … l’arrivée de 4 ou 5 chevaliers dans la cour de Lamont … la première fois qu’il a vu des hommes armés … Léon étreignant un homme prénommé Mirgal … et son père s’exprimant dans une langue inconnue …

Oui, Léon peut conduire Adrien et Polignac chez le Baron d’Aydat. Avec les belles bêtes dont dispose Adrien, des vêtements chauds, les deux hommes pourront accompagner Léon juché sur son baudet sur le chemin des Mulètres à destination des terres de La Cassière …

Après avoir arpenté les terres auvergnates pendant une longue journée, les 3 hommes arrivent enfin en vue des terres de La Cassière … le château est au loin, perché sur une colline, mais en contrebas, au bord d’un lac et à proximité d’une forêt, c’est le village de La Cassière qui est l’objet de toutes les attentions de Polignac qui insiste pour y faire un détour afin d’en apprendre un peu plus sur le baron local. Après avoir convaincu ses compagnons, il assiste à un bien étrange spectacle : perché sur un calvaire, un moine, tonsuré et attifé d’une longue barbe, harangue une foule composée des paysans locaux qui boivent les paroles de ce personnage qui tient un discours pour le moins inquiétant … « Hordes de Belzébuth ! » … Ceci n’effraie pas le moins du monde Polignac qui s’approche … et qui, avec un aplomb sans faille, invente une histoire qui ne révèle pas la vraie identité des aventuriers, et ce, afin de tirer les vers du nez du Frère Aymar – car c’est ainsi qu’il se prénomme. C’est un « minime » qui mentionne Guillaume du Prat, l’évêque de Clermont, la relique de Saint-François de Paul … mais qui malheureusement ne livre aucune information sur Étienne et qui fait carême : il refuse le vin que lui offre très généreusement Polignac …

Les trois hommes, se remettent en route vers le Château de Murol, où réside de La Cassière et à la nuit tombée, arrivent enfin aux portes de l’édifice. Le pont-levis baissé, les gardes, il semble n’y avoir plus aucun obstacle à leur rencontre avec l’illustre parrain … mais les surprises ne sont pas terminées : une partie du château est délabrée et … la première personne qui les accueille se contente de grogner lorsqu’ils se présentent … Ce colosse, qui mesure à vue d’œil 1m85, vouté comme un vieillard, vêtu d’un grand manteau noir bouclé, d’un pantalon effiloché, de sabots, d’un chapeau noir très large et armé d’un gros sabre marin les mène sans un mot à l’intérieur du donjon.

Mais c’est bien l’intérieur du donjon qui leur offre la plus curieuse de toutes les découvertes de la journée : une pièce sombre, pourvue d’une immense cheminée où cuisent des poulets sur des broches, où deux femmes rient aux éclats, où deux musiciens font jaillir d’instruments inconnus une musique jamais entendue des 3 protagonistes … et où le maître des lieux leur tourne le dos.

Cheveux courts, barbe courte, une fraise blanche sur une tenue noire … l’homme semble marqué par le poids de son âge : un pied dans une bassine, l’autre dans un soulier étrange … Étienne accueille sans se lever les trois voyageurs, et reconnait immédiatement Adrien ! Il souffre de la goutte et c’est ce qui l’a empêché de rendre une dernière visite à François … « Dieu l’a voulu, Inch’Allah ! » … et se tourne rapidement vers Polignac, qui suggère que Mirgal rejoigne son frère Léon aux écuries … Étienne teste immédiatement le niveau de culture et de langues du précepteur … pour son plus grand amusement, celui-ci situe Alger, dont est originaire la musique d’ambiance, en Turquie et semble être assez limité en italien …

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Monsieur de La Cassière (portrait d’époque, collection particulière)

Une fois le divertissement achevé, il utilise une clé qu’il gardait autour du cou pour ouvrir le fameux coffre … qui contient bien 10 ouvrages et quels ouvrages ! 10 éditions florentines imprimées, datées de 1458 et numérotées ! Avec notamment l’Iliade et l’Odyssée en version commentée par Eustache de Thessalonique ! La rareté des livres ne fait aucun doute, même pour Adrien qui ne sait pas lire … et Polignac en est d’autant plus troublé qu’il est censé hériter de l’un des ouvrages … mais prendre un des livres, c’est porter atteinte à l’intégrité de la collection ! Et puis, pourquoi ne pas rester auprès du baron pour profiter pleinement de toute la collection ? Ce d’autant plus que le baron n’y semble pas hostile (« C’est bien Polignac, vous voyez grand ! »), demandant à Polignac s’il fait partie de la Brigade, s’il fait partie de ces hommes qui souhaitent « faire reculer l’ignorance » …

Se tournant à nouveau vers Adrien, il lui annonce qu’ils ont des choses à organiser et qu’il a quelque chose d’important à lui confier … mais fourbus par le voyage, les hommes décident de remettre au lendemain la suite des opérations … et d’aller se coucher … le baron ne leur offrant pas l’honneur de dormir dans son lit que parce qu’il souffre de la goutte …

A suivre …

Lamont&Polignac, part deux

mont auvergne

La noël…

Un manteau de tristesse, noir comme le suif, semble s’être abattu sur le domaine. Chacun pleure Monsieur, que l’on vient de mettre en terre. L’aîné noie sa tristesse dans les tavernes alentour, mais n’a-t-il jamais fait autre chose ? Le puîné, Adrien, qui se conforme chaque jour un peu plus à l’idée que je me fais de l’honnête homme, n’a pas versé une larme au cimetière. Mais le vrai chevalier Lamont, c’était lui, bien sûr…

Depuis, l’ambiance est morose, et la même idée nous trotte dans la tête à tous les deux. Qu’a voulu dire Monsieur ? Quels sont ces dix livres de Grec à remettre au parrain d’Adrien, alors que – je m’obstine à les compter tous les jours – il n’y en a que 3 dans la bibliothèque. Au bord de la folie, j’ai failli la démonter l’autre jour. Mais j’ai vu par la fenêtre Adrien en grande conversation avec le Léon et la Madeleine, et j’ai vu que c’était grave. Les domestiques, semble-t-il, se soulageait d’un grand poids. Et évidemment, c’était cela : les livres sont là, sous nos yeux, dans le coffre de voyage de Monsieur, et oui, Léon peut nous conduire à M. de la Cassière, à une bonne journée de cheval, au delà de Murol.

On nous prépare des chevaux, et nous voilà partis dans une belle matinée d’hiver. Glaciale mais belle. Enfin, c’est ce que pensent les paysans d’ici.

Après avoir grignoté un oignon et une miche de pain, nous repartons et arrivons au crépuscule pas loin de la Cassière. Et assistons à un curieux spectacle : une bande de paysans écoutent avec attention un prédicateur à longue barbe noire, un moine. Je me méfie de cette engeance, l’ayant parfois fréquenté à l’école. L’homme ne prêche pas, il éructe. Belzebuth, l’Apocalypse selon St Jean, le fatras habituel pour les sots incapables de trouver suffisamment de force aux évangiles, et dans la parole simple mais pourtant terrible, de notre seigneur Jésus Christ. Mais j’enfile ma cape de mensonge, et me présente sous le meilleur auspice.

L’homme, ravi de trouver un auditoire de qualité, me prévient de tous les dangers imaginables puis suite à d’habiles questions je l’interroge sur La Cassière. Mais je n’apprends malheureusement rien d’intéressant…

Vincent Polignac, un personnage pour Te Deum pour un Massacre

Vincent PolignacHola, l’ami ! Souffrez que je me présente : je suis Polignac, Vincent Polignac. Ancien assistant avocat au barreau d’Orléans et présentement précepteur de la famille Lamont.

La trentaine bien portante, je suis né à Auneau, près de Chartres, au sein des vertes prairies de la Beauce. Mon père était secrétaire auprès du Bourgmestre de Chartres, aussi ai-je passé le plus clair de mon temps auprès de ma mère, Juliette, une femme autoritaire et butée, (et dont j’ai probablement tiré le caractère fougueux que l’on me connaît). Je tiens d’elle ses cheveux blonds, ses yeux cendrés, et la taille, de cinq pieds et quelques pouces.

Mon enfance s’est déroulée paisiblement à la maisonnée, auprès de ma sœur cadette Denise, et les jeux que tous les enfants connaissent. Les quilles, la pêche, la nage. Le soir, je me réfugiais dans la lecture, et le livre que mon père s’était offert, l’Enéide de Maître Virgile. Les victoires de Priam et d’Hector furent mes meilleurs chemins pour l’apprentissage de la lecture, des déclinaisons latines, et de la cosmographie antique. Il y avait aussi une Bible chez le curé d’Auneau, et il me laissait la lire et la relire, inlassablement, après la messe. La vie exemplaire de notre seigneur Jésus Christ, le courage de sa mère Marie, la vie des Saints était une source d’inspiration. Je m’imaginais revivant le martyre de Saint Pierre, crucifié la tête en bas, sous l’empereur Néron, ou de Saint Barthélemy, écorché vif, et décapité…

Devant ces dons, avec le soutien de Monsieur l’évêque de Chartres, je pus rejoindre le collège, puis l’université à Orléans. Je remerciais bien mal mes bienfaiteurs en participant à une rixe dont je dois avouer que je fus le principal instigateur.

Malheureusement, celle-ci tourna mal pour une dizaine de mes compagnons. L’un faillit même perdre la vie. Loin de me calmer – folie de la jeunesse – elle m’incita à écrire un violent pamphlet contre la Réforme (des jeunes réformés étant à l’origine de ma sainte colère), pamphlet dont je regrette les mots aujourd’hui, même si j’en connais encore par cœur la tournure.

Mon arrivée à Orléans me fit le plus grand bien. L’université, les humanités, la découverte du monde antique me fascina. Et, dois-je le dire, me détourna quelque peu de mes excès religieux. Il existait autre chose, par delà les enseignements du Christ. Un monde mystérieux, un monde d’avant, aujourd’hui disparu. Sparte. Athènes. La guerre du Péloponnèse, de Thucydide. Les discours de Cicéron. L’organisation parfaite de la République Romaine. Ces grands anciens qui avaient tant façonné l’histoire, source d’inspiration des rois, jusqu’à notre bien aimé Charles IX.

Je fus rapidement à l’aise avec ces auteurs, que je connaissait et récitait par cœur dans les tavernes, ou sur le marché d’Orléans. C’est ainsi que je rencontrai mes premiers amis, et mes premiers amours, comme par hasard italiens : Girolamo et Lucrecia, tous deux comédiens en tournée. Girolamo consacra des soirées entières à me raconter les peintures des églises Vénitiennes, et Lucrecia m’initia à d’autres mystères.

Mais l’événement le plus frappant de ces années estudiantines fut sûrement la controverse de Saint-Pierre-des-Corps. Un de mes professeurs, huguenot, mais très respecté qui enseignait l’arithmétique fut pris à parti. Accusé d’hérésie, il aurait souillé une hostie consacrée et l’aurait fait avaler de force au curé de Saint-Pierre-des-Corps. Ses étudiants assistèrent à son procès, goguenards, réjouis à l’idée que ce professeur aux notes implacables passait lui aussi en conseil de discipline.

Pour ma part, je compris vite que l’affaire était grave. Mon professeur risquait le bûcher. Pourtant, faisant preuve d’une rare éloquence, il convoqua tout à la fois les faits et le droit pour démontrer l’iniquité du procès et l’emporta. Sortant du tribunal où  nous le portîmes en triomphe – ah, l’inconstance de la foule ! – je sus ce que je voulais faire : devenir avocat. Plus question de partir sur les routes avec Lucrecia pour jouer quelque mystère napolitain, je jouerais une toute autre pièce : La comédie du pouvoir.

Vincent Polignac est joué par Paul Moud Ubid, sa fiche de personnage de Polignac est ici… et cette bio en pdf est là…

Lamont&Polignac, le récit : Episode 1

22 décembre

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Fichu hiver 61. Voilà des semaines qu’il neige tous les jours sur ces maudits Monts d’Auvergne. Il me semble déjà avoir oublié qu’ils étaient verts, après l’Assomption, quand je suis arrivé au service de Monsieur de Lamont.

Ce n’est pas tant que je les regrette, ces volcans, c’est plutôt la chaleur de la ville qui me manque. Le parfum des femmes. Le vin à volonté. Il y a bien Clermont, mais trois journées de marche – si tant est qu’on me les eut données – pour boire dans une échoppe, c’est beaucoup.

Si seulement j’étais submergé de travail, mais ce n’est pas le cas ! Voilà six mois que je suis le précepteur attitré de Gauthier de Lamont. Et en ces six longs mois, je ne suis pas sûr qu’il ait ouvert un seul des livres que je lui ai recommandés.

J’espère que ce journal ne sera pas ouvert par Monsieur de Lamont car j’affirme ceci : son fils est un butor, un vilain chasseur et un coureur de gueuse, qui mène le domaine à sa perte. Mais Gauthier est l’aîné des Lamont, son père l’aime, et surtout, cela ne me regarde pas.

J’aurais préféré, tiens, donner quelques cours de grec à son jeune frère Adrien. Un garçon impressionnant de taille comme d’esprit – mens sana in corpore sano -, aussi membru que je suis anémique, aussi viril et rapide que je suis empesé. Voilà seulement quelques jours que nous nous connaissons, et pourtant je le préfère à son frère, que je fréquente depuis août.

Enfin fréquenter est un bien grand mot, car Gauthier n’est jamais là. Aujourd’hui encore, Monsieur a envoyé Adrien à sa recherche, et tiens, d’ailleurs, le voilà qui rentre… La poche vide. Point de Gautier.

Je lui offre un verre de vin chaud pour sa peine, quand il m’assomme avec une soudaine révélation :

– « Gautier est en terrain de tuer mon père, Polignac ! Mon père se meurt, ne le voyez vous point ??!! »

Il est vrai que Monsieur est souvent alité ces temps ci, mais par ce climat, à vrai dire…

J’ai à peine le temps de retourner ces pensées dans mon esprit, chercher quelque explication médicale dans mes cours de chirurgie de la bonne faculté d’Orléans, que voilà le Léon, rougeaud et sale, qui frappe à la porte. « Monsieur vous demande », dit-il à Adrien. « J’ai peur que ce ne soit très grave », ajoute-t-il, ôtant son couvre-chef.

Ces paysans, je les connais comme ma poche, de la Beauce ou du Cantal, ce sont les mêmes, ils voient le destin jaillir à chaque coin du champ de blé. Mais là, un étrange pressentiment me serre le cœur  Nous bondissons à l’étage, ou Monsieur est au lit. Au passage, nous croisons Annette, la fille de la maison, un bassin plein de morve et de sang. Je me signe comme dans un réflexe, car mon âme a compris ce que mon cerveau nous voulait point voir.

– « Ah mon Adrien, dit le vieil homme, te voilà ! Et vous Polignac, approchez ! Mon fils, il est temps de se dire les choses importantes. J’ai eu une belle vie, et mes jours sont désormais comptés. Je ne regrette rien, vraiment. Tu le sais, le domaine reviendra à ton frère. Mais j’ai une dernière action, de la plus haute importance, à te confier. J’ai mes livres, en bas, dans la bibliothèque. Je veux que tu en donnes un à Polignac, et les autres, je veux que tu les donnes à ton parrain, de la Cassière. »

Le fils, courroucé mais pourtant ferme comme je ne l’ai pas encore vu, tente une pique.

– « Ces livres, mon père ne reviennent-ils pas de droit à Gauthier? »

A l’idée que le Butor s’empare de Virgile, des Nuées d’Aristophane, Les Catilinaires de Cicéron et Les Saturnales de Macrobe, ainsi que de la Sainte Bible de Nuremberg, provoque un irrépressible hoquet. Ignorant toute convenance, je ne peux m’empêcher d’éclater d’un rire nerveux.

Mais non. Lamont insiste. « Non, c’est à ton parrain que je te demande de les porter, c’est la dernière chose que tu feras pour moi. » Puis Francois de Lamont, d’un geste las, nous congédie.

Nous échangeons un regard, Adrien et moi, renonçant à nous expliquer de vive voix sur ces mystérieuses dernières volontés, et plongeons dans nos pensées. Silencieux, je jette un regard à travers la fenêtre. Le domaine des Lamont est toujours là, recouvert d’un épais manteau blanc qui semble prêt  à l’engloutir.

Et brusquement, la neige cesse de tomber.

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Lamont&Polignac, une aventure de Te Deum pour un Massacre

te-deum-pour-un-mass-49-1283525826Retrouvez les aventures d’Adrien de Lamont, jeune noble auvergnat, et Vincent Polignac, le précepteur de son frère, sur les routes de France. Le récit sera publié en épisodes sur Planet Arrakis et régulièrement complété ici. 

Adrien de Lamont, un personnage pour Te Deum pour un Massacre

Adrien de LamontAdrien de Lamont nait en l’an de grâce 1541.

Élevé par sa nourrice, une jeune mère abandonnée, il est un garçon solitaire, rêveur et étourdi, dont le meilleur ami est un chat nommé Tiego, en référence à son frère aîné Gauthier, une brute épaisse qu’il méprise et ignore dès son plus jeune âge.

Ses principales activités sont ainsi solitaires : il aime se cacher, particulièrement au sein des cabanes qu’il se construit dans les arbres.

Son rang lui permet d’avoir son propre précepteur à domicile. Celui-ci, « aimant », l’initie à l’observation des constellations, exercice qu’ils pratiquent à la nuit tombée, dans les hauteurs de Lamont.

Futur gentilhomme, il fréquente dès son plus jeune âge les salles d’armes. Au cours d’un entrainement, il affronte en duel un petit prince de sang qu’il humilie en le faisant tomber dans une flaque de boue. Adrien explose de rire devant l’assistance, ce qui le contraint par la suite à devoir faire des excuses publiques à sa victime.

Cet épisode le marque durablement et par esprit de contradiction, il décide, à partir de là, de ne pas manquer une occasion d’exercer son insolence et son sens de l’intimidation.

Malgré tous les enseignements de son précepteur, il est toujours resté étranger à la foi et au catholicisme, et notamment à toutes les prises de position et aux contraintes que cela implique.

Et ce n’est pas l’émeute de moines papistes auquel il échappe de peu à l’âge de 14 ans avec sa famille qui le convainc du contraire : les Lamont assimilés à tort à des réformistes évitent le massacre en se réfugiant dans les bois aux alentours du château tandis qu’une partie de l’édifice est vandalisée. Fort heureusement, l’arrivée du vieil aristocrate Hercule de Roubaix, venu prendre en charge Adrien pour en faire un écuyer, fait fuir les émeutiers.

Vieil ami de son père François, Hercule, qui devient non seulement une nouvelle autorité paternelle mais aussi un véritable ami pour Adrien, forme bien sûr ce dernier aux devoirs et aux tâches d’un écuyer, occasion pour lui de lui transmettre sa passion pour les chevaux et de faire d’Adrien un parfait cavalier.

Mais au-delà de ça, rompu à toutes les courtisaneries, Hercule encourage Adrien, par son charisme et son comportement, dans son ambition à devenir une future éminence grise à la Cour. Au quotidien, Hercule lui apprend à faire du langage et du secret des armes aussi utiles qu’une épée et un bouclier … mais aussi à combiner cet art avec des efforts physiques conséquents : Adrien se voit confier la mission de porter un message à l’un des contacts d’Hercule … le contraignant à parcourir à cheval près de 100 lieues aller-retour dans une journée.

Adrien devient ainsi un homme mêlé, apte à devenir un officier et sans obligation de travailler. Sans attache de cœur, il découvre les plaisirs de l’amour avec une fille de joie.

Désormais âgé de 20 ans, sa formation d’écuyer étant achevée, Adrien choisit de retourner sur ses terres, et ce d’autant plus que son père vient le mander de revenir au plus vite, sa santé était devenue subitement chancelante.

Le père ayant toujours été sans ambiguïté sur la succession, malgré la bêtise avérée de Gauthier, Adrien sait qu’il ne peut rien attendre de la « suite » et n’aspire de toute façon qu’à saisir la moindre opportunité de monter à Paris afin de se rapprocher de la Cour.

Mais ses plans sont quelque peu chamboulés par ce que son père lui apprend sur son lit de mort dans la seule confession qu’il lui aura faite de toute sa vie : après avoir fait le seuil – ô ironie – d’une reconversion de Gauthier, malgré la sollicitation d’un précepteur de l’Université d’Orléans nommé Vincent Polignac, François confie à Adrien la mission de se mettre au service d’un parrain connu mais jamais vu, Étienne de la Cassière, et de lui porter par la même occasion 9 des 10 livres grecs que François a en sa possession, sans qu’Adrien ne sache ni comment, ni pourquoi.

Le défi est de taille : la seule indication précise dont dispose Adrien est que les terres de la Cassière sont à 6 jours de Lamont mais il sait aussi qu’Étienne est un infatigable voyageur et donc qu’il n’a aucune certitude de le croiser, même s’il parvenait à rejoindre son domaine.

Adrien de Lamont est joué par Ludo Fulci, sa fiche de personnage de Lamont est ici… et sa bio en pdf ici.

Te Deum

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Voilà un jeu qui me tournait autour depuis longtemps, j’ai même failli l’acheter dédicacé sur un salon… Mais voilà qu’il m’arrive de la plus belle façon pour un rôliste : côté joueur !

Karl Ferenc a décidé de se remettre au jeu de rôle, pas par une petite balade dans les douces plaines d’ADD (Porte-Monstre-Trésor, moi vois, moi tue !) mais, bien au contraire, dans le raffinement roleplay de Te Deum pour un Massacre.

Il aurait pu trouver pire, comme dirait l’autre : un univers passionnant : la France des Guerres de Religion, des règles simples qui servent le propos (un dé par niveau de compétence, façon Savage Worlds, des échecs critiques qui rapportent de l’expérience, car on apprend de ses échecs comme de ses succès, etc.).

Mais surtout, un système de création de personnage génial, façon QCM : en répondant à des questions, on gagne des bonus. Vous jouiez près de la mare, étant enfant ? +1 en Natation ! Vous avez humilié un de vos professeurs lors d’une discussion ? Rhétorique, +1 ! Etc., etc.

Pour ma part – je dois l’avouer – ce n’est pas ce que j’aurais recommandé, car nous avions un newbie à la table, et les newbies, on le sait, aiment les fiches déjà prêtes. Comme ça, on joue tout de suite. J’avais tort : à la fin de nos 3 h de création, le jeune Fulci était très fier de son Adrien de Valmont. Et comme par hasard, quand nous avons commencé à jouer, celui-ci n’a jamais utilisé le moindre terme technique : « J’utilise la compétence  Baratin » Bien au contraire, il s’est tout de suite mis à roleplayer : « Comme je suis Membru, je ne devrais pas avoir trop de mal à soulever cet arbre, non ? »

CQFD. De là à penser que quand on forme bien les gens dès le départ, ils sont meilleurs ensuite, il n’y a qu’un pas…

Vous trouverez ici le background détaillé fourni par notre MJ favori, ainsi que quelques précisions techniques là