Planet Arrakis

Jeux de rôle, jeux de plateau, prenez ce qui vous plait…

Dîner au palais

La Chance du Graf est invitée au palais. Par la Gravin elle-même, qui souhaite joindre l’utile à l’agréable ; discuter tranquillement des affaires autour d’un bon repas. Nos aventuriers, à leur surprise, ne sont pourtant pas orientés  vers la salle du trône comme la dernière fois, mais vers les jardins. Au cœur de l’hiver ? Quelle étrange idée !

Mieux, on leur propose à l’entrée de se débarrasser de leurs manteaux : « vous risquez d’avoir bien chaud, Messire », les apostrophe une servante. Les voilà dirigés vers le jardin et son entrée irréelle, comme si les arbres avaient poussé de façon concertée pour former une porte. Rín garden, dit Jochen, comme une réminiscence.

Le Rín garden

Gedächtnisgarten, le Jardin du Souvenir. Il y a là comme un petit tumulus, et une sorte de kiosque, le Cercle des Délices, d’où émanent des rires et des chants. La Gravin est là, entourée de ses invités sur de luxueuses couches ; et d’une profusion de mets tout aussi variés qu’invraisemblables, dont certains viennent tout simplement de l’autre côté de l’Océan…

Les invités chantent en bretonnien une complainte d’amour, et Jacquet du Pont les accompagne au luth. Une fois la chanson terminée, la maîtresse des lieux fait les présentations.

Roberto di Contini

Il y a là Roberto di Contini, riche marchand, à la voix claire et au sourire radieux. Il est jeune mais déjà très riche : en faisant venir du vin par la Bruissante, il a fait fortune.

Elisabeth Doyle

Elisabeth Doyle a cet accent charmant des avaloniennes quand elles s’essaient au Reikspiel. Fille d’un négociant, c’est une bonne amie de la Gravin.

Rosalia Schültz

Tout comme Rosalia Schültz, l’Avocate, Premier Gonfanon du Barreau. Pas très belle, mais dont l’esprit brille de mille feux. C’est la première femme à diriger le Barreau de Nuln, précise la Gravin. Helmut n’est pas insensible à son charme.

 

Lydia Rosencrantz

Lydia Rosencrantz est la veuve du célèbre Prince Marchand. Agée  d’une quarantaine d’années, elle est extrêmement belle. Ses sourcils noirs jettent un éclairage troublant sur ses cheveux blancs. On la dit entourée de nombreux amants, dont Hergiger von Neuhoff, également présent…

Hergiger von Neuhoff

 

Il y a aussi un personnage énigmatique, balafré, musclé. Il n’est pas si énigmatique que ça, puisqu’il s’agit de Theodor von Kleist, le célèbre Feldmarshall Imperiali ; le plus grand soldat de Nuln, et peut-être de l’Empire.

Theodor von Kleist

Si Helmut était prêt à se rapprocher de la magnifique Theodorina, il a fait brusquement demi-tour quand il découvre qu’elle partage le même patronyme. En effet, c’est sa  fille…

Theodorina von Kleist

 

Jérôme Zoller

Les joueurs font aussi connaissance avec Professor Jérôme Zoller, avec qui ils vont sûrement entamer de plus sérieuses conversations. C’est le Doyen de l’Université. A ce titre, il a eu quelques élèves tristement célèbres ; les Frank, Gideon, Etaneus Kramer…

A moins qu’on évoque le sujet du soir… le sabotage des canons de Nuln

100K

 

Merci ! Merci ! Merci ! 100 000 hits, c’est probablement pas grand’ chose par rapport aux millions de likes sur Facebook, aux milliers d’abonnés sur Instagram ou ailleurs, mais c’est la récompense de tout blogueur.

Ce chiffre en bas, au milieu du site, qui vous dit que chaque jour, quelqu’un vient grappiller quelque chose que vous avez fait. Une description de personnage, un plan, une fiche de perso…

100 000 petits doigts qui, un jour, ont cliqué sur un lien avec Arrakis marqué dessus.

Merci.

La Nuit des Chasseurs

Ça faisait longtemps que je cherchais à jouer dans un univers western ; j’avais même caressé l’idée d’adapter l’excellente BD Undertaker. Et grâce à Casus Belli, je tombe sur La Nuit des Chasseurs. Ça me botte ; en bon vieux rôliste je me rue à l’Œuf Cube. Poli et pédagogue, le vendeur m’explique que ça se vend « sur internet ». Un petit coup de Lulu, et voilà je reçois dans ma boite aux êtres La Nuit des Chasseurs. Merci Lulu.

C’est quoi La Nuit des Chasseurs ? C’est un shooter, selon son un auteur, Yno (Anthony Combrexelle), dont je découvre progressivement que un) c’est un auteur que j’aime beaucoup, deux) j’ai déjà acheté plein de trucs (Notre Tombeau et Patient 13 que j’espère faire jouer un jour). La Nuit des Chasseurs est un donc un shooter, c’est-à-dire un bac à sable, comme le Cirande de l’ami Konrad, un univers dans lequel les joueurs et leurs personnages évoluent. Une ville, des bouts d’intrigue, des personnages non- joueurs, et des règles basiques (le Corpus Mechanica), simples et rapides.

A la lecture, c’est bien fait, avec de vrais personnages, pas de fioritures, et des ressources supplémentaires sur le net.

On peut faire une partie de trois heures où jouer pendant des années.

On verra bien, pied tendre…

L’artillerie à Nuln


Deux artilleurs,
gravure populaire, coll. particulière

Nuln, la Perle du Reik, la Cité des Empereurs du Griffon a une longue et glorieuse histoire. Mais elle n’est plus sur le devant de la scène depuis que les empereurs semblent – définitivement – installés à Altdorf. Mais cela pourrait changer depuis cette alliance incongrue avec le Nord qui souhaite aussi rendre raison aux reiklandais. Mais également parce que l’industrieuse Nuln a pris une longueur d’avance qui pourrait bien révolutionner l’Art de la Guerre. Avec l’aide des Ziflinides, les nains de l’ouest qui détiennent les secrets de la fabrication de la poudre, et maîtrisent la forge depuis toujours, Nuln a développé une artillerie que le Vieux Monde lui envie.

Quatre piliers soutiennent ce bel édifice : les forges Vogt, l’échevin comtal, les poudriers nains, et l’école impériale d’artillerie.

Randolph Vogt,
collection famille Vogt, Nuln,
par Quintus Quéribus, 1506

Les Forges Vogt semblent exister depuis toujours. Randolph Vogt a commencé à couler l’acier à l’âge de douze ans. Colérique mais pugnace, courageux et travailleur, Randolph s’est révélé redoutablement intelligent pour quelqu’un qui ne savait ni lire ni écrire. Grimpant un à un les échelons, il a fini par diriger l’entreprise qui l’avait embauché et en faire un monstre industriel de Nuln. Puis être nommé Premier Echevin de l’Artillerie. Personne ne sait calculer un bon alliage comme Maitre Vogt, ou attendre le moment exact pour demander le « Silence du Fer », cet instant si particulier où tout s’arrête dans la Cité Souveraine, pour que, dans un murmure, l’acier du canon finisse par se solidifier en toute quiétude.

C’est donc avec grand étonnement que les Nulnois ont appris, en 1502,  son remplacement par Wolfhart von Liebewitz comme Premier Échevin. Herr Vogt a semblé accepter son remplacement avec placidité, conservant une bonne partie des commandes de la Cité.

Wolfhart von Liebewitz, Premier Échevin,
par Rogiers van der Bosch, dit « Der Hollander », 1511, collection comtale

Le Premier Échevin est un poste important de la Cité Souveraine. Le ministre décide, et fait valider par l’assemblée des Trente, toute décision concernant l’Artillerie. Autant dire qu’il a la main sur un tas d’or (on parle deux cent mille couronnes impériales). Wolfhart von Liebewitz est un cousin de la Gravin, ce qui fait jaser, mais l’on dit aussi que Maître Vogt aurait profité dans le temps de sa position pour détourner certains subsides de la Cité.

Wolfhart von Liebewitz, lui, est un concurrent mineur. Les fonderies Liebewitz fabriquent essentiellement des mousquets, voire des couleuvrines, mais est bien incapable de produire des chefs d’œuvres comme le Magnus, la bombarde qui doit être inaugurée prochainement.

On dit d’ailleurs que l’entourage d’Emmanuelle, et particulièrement le Sénéchal von Knobb ont enserré le Premier Echevin d’un filet très fin de secrétaires et de conseillers. Et si l’affection de la Gravin pour son cousin (ils ont le même âge) a provoqué sa nomination, il semblerait qu’il aurait désormais abusé de sa patience. Fêtard, imbu de sa personne tout en étant à la fois incompétent et inconséquent,  ses jours aux Trente seraient maintenant comptés.

Rekam Filondargent,
Maitre des Poudres de Nuln,
Grand Khan des Ziflinides, Askor des Monts Gris
Inconnu, huile sur bois, coll. particulière

Les poudriers nains ne sont arrivés qu’au siècle dernier à Nuln. La Cité des Griffons n’a jamais été – et ne sera jamais – une ville naine. Mais sortis de leurs mines d’argent des Montagnes Grises par les Liebewitz, les ziflinides ont entamé un fructueux commerce avec Nuln. Argent, étain, charbon, tout a fait commerce. Et prenant peu à peu confiance, ils ont accepté de vendre aussi leurs secrets, et leur poudre. A prix d’or, la Comtesse en a acheté l’exclusivité, donnant ainsi un avantage décisif à la Perle du Reik. Mais il reste un caillou dans leur chaussure : leur haine ancestrale des Khazalides, qui gêne la toute nouvelle alliance Nuln / Middenheim, ville historique de Nains de l’Est après le Grand Exil. Mal organisés (il n’existe pas de Consistoire Nain comme à Middenheim), les nains de Nuln fonctionnent toujours en mode tribal. Rekam Filondargent, Maître des Poudres, est de plus sarcastique et assuré de son bon droit. Pas sûr que quelqu’un veuille – ou puisse – lui contester sa place.

La pucelle du 1er RA, le Royal Artillerie, l’Unique

L’Ecole Impériale d’Artillerie est une des fiertés de l’Empire ; que dire alors de ce qu’en pensent les Nulnois ! C’est leur bouclier, leur joyau. Etre simple canonnier est un honneur qui hisse immédiatement le soldat au rang de bourgeois, et pas seulement parce que la solde est double. L’Ecole Impériale est à la fois une école, un régiment, le 1er Royal Artillerie, que les soldats appellent entre eux le Premier, le Royal, ou l’Unique, car il n’y a tout simplement pas d’autre régiment d’artillerie dans l’Empire ! Même s’il se dit que le tiléen qui conseille Heinrich Todbringer essaie d’en monter un à Middenheim…

Wladimir von Neukov, Artilleur Général, collection du Royal Artillerie,
par le peintre officiel René Clermont-Jouilly, 1509

Le Royal est sous l’autorité vénérable de Wladimir von Neukov, Artilleur Général, qui cumule les fonctions de Chef de Corps du 1er RA, Doyen de l’Ecole Impériale, et Second Feldmarshall Imperiali, directement sous les ordres de Theodor von Kleist. Cet homme sage, à la parole mesurée, approche les soixante-dix ans et a toujours été artilleur.

C’est son honneur, et sa fierté.

La Vie au Moyen Age

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Que mangeait-on au moyen âge ? Quels vêtements portait un noble ? Un marchand* ? Y’avait-il des moulins ? Des écluses ? Des barrages ? Faisait-il plus chaud ou plus froid qu’aujourd’hui** ?

Toutes ces réponses, vous ne les trouverez pas dans le Dungeon Master Guide de DD5, ni dans un obscur manuel de Miles Christi ou de Pendragon, mais dans un petit livre de poche pour la modique somme de 6,65€ : La vie au Moyen Age.

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Une partie de Warhammer RPG avec combat mat et figurines, à Troyes, fin du XIV° s.

C’est la réédition du livre de Robert Delort, qui s’attache à recréer très précisément le contexte de la vie médiévale, pas sur le plan de la chronologie, mais bien du quotidien. Tout y passe. Climat, faune et flore, vêtements, le temps et l’espace, les structures juridiques, les paysans, les chevaliers, les clercs, la vie dans les villes… une mine !

Un livre que tout joueur de JDR devrait avoir lu, vous l’aviez compris.

Pinterest

pinterest

 

Pour ceux qui n’y auraient pas pensé, Pinterest est une mine d’or pour rôliste ; on y trouve les plus belles illustrations qui soient et des sources d’inspiration sans limite.

Que vous tapiez* « Dune concept art » ou « Warhammer fantasy art » ou « Templar » ou « armors » ou « medieval weapons », il y a toujours matière à enrichir votre personnage ou votre scénario. Et si vous vous inscrivez, et créez vos propres tableaux, Pinterest vous envoie des suggestions toujours plus proches de votre univers graphique de prédilection.

pinte

Vous cherchez un portrait pour votre personnage, à quoi ressemble une Bill Guisarme, un sietch fremen, , un blaster de flic en 2056, un Prince Vampire de Boston ?

C’est pas loin, c’est juste là…

* Vous avez intérêt à tapez des recherches en anglais, les résultats sont toujours plus riches qu’en français…

Des PNJ pour D&D en 30 secondes

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Une des problèmes de Donjons & Dragons, c’est qu’il est compliqué d’improviser un PNJ, vu la complexité des règles. Une complexité bien pratique pour élaborer nos Personnages Joueurs, intégrant parfaitement les subtilités de l’Inné et de l’Acquis – le fameux carac+compétence.

Mais voilà, nos PJ veulent soudain affronter (intellectuellement ou physiquement, peu importe) un personnage que vous avez placé là juste pour le décor, ou pour révéler un indice. Dans l’Appel de Cthulhu c’est facile : un chirurgien doit avoir de bonnes chances (60%) de se servir d’un couteau, et un bibliothécaire de très petites chances de faire de même (15%).

Traduire cela à D&D est moins intuitif, mais je n’échangerais pour rien au monde mon d20 contre des dés à pourcentage, au moins dans un univers médiéval*. J’ai donc suivi, en quelque sorte, les conseils de John « Dirty MJ » Wick qui suggère de faire des mini-fiches avec un nom, un lieu, un trait de caractère, et deux ou trois compétences clés.

conan-philosophe

20% de chance pour Conan d’être d’accord avec Derrida pour dire que les théories du signe s’inscrivent dans le courant poststructuraliste, et donc s’opposer au structuralisme saussurien…

Mais surtout, j’ai décidé de faire un pense bête « PNJ en 30 secondes » qui me permet d’ajuster immédiatement la difficulté de la rencontre. Je ne me suis intéressé qu’aux données clefs : PDV, ÇA, Jet de Sauvegarde, et Bonus à l’Attaque.

Bien sûr, c’est caricatural ; le but n’est pas de dessiner le grand méchant de votre histoire mais bien de gérer cette rencontre sans perdre de temps…

Vous retrouverez ce tableau dans ma synthèse Aide-mémoire, où j’ai mis – à mon sens – les tables les plus importantes pour D&D …

* Le d100 me semble parfait pour l’époque contemporaine, où l’on est habitué à mesurer en %. Je trouve qu’on perd du rêve si l’on dit que Jochen à 70% de toucher sa cible. Je préfère lui dire que la difficulté est de 20, voire ne rien dire du tout. C’est cette zone d’incertitude (même si le joueur peut la calculer) qui fait la magie des systèmes comme D&D, Vampire, ou le Roll& Keep.