Planet Arrakis

Jeux de rôle, jeux de plateau, prenez ce qui vous plait…

Une chanson naine

chef nain

Maître Throbin, peinture sur bois,
ca. 1512

Que sait-on des nains de Middenheim ? Pas grand’chose en vérité. Les Khazalides ont trouvé le Fauschlag, ce piton rocheux au milieu de la giboyeuse Drakwald, qui abrite la cité souveraine. Ils en ont extrait l’or, puis quand les hommes sont arrivés, ont cohabité de bon cœur. Construisant les quatre viaducs qui en ont fait la merveille architecturale que l’on connait, en aménageant les anciens tunnels aurifères en égouts spacieux (qui rendent la cité si propre comparée aux autres villes de l’Empire), creusant la Spirale pour aider les Graf de Middenheim à s’échapper le cas échéant, en défendant la cité lors du siège de 1111.

Cette belle amitié séculaire a failli sombrer lorsque le Graf Boris a décidé de lever l’exemption fiscale qui les privilégiait depuis des siècles. Ce complot – car c’en était un, bien sûr – fut déjoué par quatre courageux garçons, même pas middenheimois. Mais voilà, les nains ont été humiliés par cette famille Todbringer qu’ils respectaient depuis des siècles. Ils ont fui la Cité Blanche, se réfugiant à Altdorf, dans un bidonville le long des remparts. Malgré une négociation réussie (toujours par nos quatre rotzballers), leur retour à la Cité Souveraine n’est pas pour demain. Car, maladresse ou manipulation politique, les pires ennemis des Khazalides, la tribu des nains Ziflinides, a été invitée au cortège de la toute nouvelle Princesse Electrice Katerina Todbringer.

Les Ziflinides, comme chacun sait, sont originaires des montagnes de l’ouest et les protégés de la comtesse Emmanuelle von Liebewitz, Princesse Electrice de Nuln. Accessoirement, les Ziflinides sont les fondateurs de l’Ecole d’Artillerie de Nuln, les inventeurs de canons de plus en plus puissants et formulateurs de la meilleure qualité de poudre noire.

nains dans la forêt

A quand remonte la querelle entre Khazalides et Ziflinides ? On ne sait, si ce n’est qu’elle existe de toute éternité. Quand enfin Katerina vient faire amende honorable devant les Khazalides grâce aux terribles efforts de la Chance du Graf, on fait bombance et rapidement, sortent de l’ud et du luth droit les accords mineurs qui font le mystère de la musique naine.

Apres l’introït obligatoire de 16 mesures, une voix profonde s’élève, venue du fond des temps… c’est Gorim Grandmarteau qui entonne, de sa voix grave et puissante, la mélopée* nostalgique. Bientôt, les larmes roulent sur les grosses joues burinées des jeunes nains comme des vieux, des hommes comme des femmes, de la mère comme de l’enfant. Artus, le jeune nain âgé de seulement trente ans sauvé par nos aventuriers, comprend mal les paroles (il est lui-même d’une autre tribu, les Grimazalides du Sud), mais il tente de traduire à la volée ce chant qui évoque la tristesse d’un monde perdu, la nostalgie des origines, l’amour désespéré des racines et de la terre.

Dwarf Rune 2

Où est passée ma maison ?
Celle que la montagne créa un jour pour Grungni ?
Où est le bruit des forges ?
Et l’eau qui ruisselait le long des murs ?

Où sont mes amis ?
Partout dispersés
Dans les villes qui n’ont pas encore de nom
Dans les venelles oubliées ?

Voilà des siècles que je suis parti
Le soleil est retourné maintes fois d’où il était parti
Mais moi je ne suis jamais revenu
Un jour je referai le voyage jusqu’à Khadar Khalizad
Je retournerai mourir là où je suis né
Un jour je referai le voyage jusqu’à la Montagne du Feu
Je retournerai mourir là où je suis né

Dans l’âtre de Grungni
Dans les bras de ma mère
Là où le fer est né
Où le feu et l’eau réchauffe mes os

Dans le ventre de la montagne
Au bras de mon père
Loin du soleil et de la lune
Dans les profondeurs où naît le feu sacré

Voilà des siècles que je suis parti
Le soleil est retourné maintes fois d’où il était parti
Mais moi je ne suis jamais revenu
Un jour je referai le voyage jusqu’à Khadar Khalizad
Je retournerai mourir là où je suis né
Un jour je referai le voyage jusqu’à la Montagne du Feu
Je retournerai mourir là où je suis né

Dwarf Rune 2* tiré du sublime Carmina Burana « Dulce solum natalis patrie »

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