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« Un Bien Étrange Parrain » le chapitre 2 des Mémoires d’Adrien de Lamont

Quelques jours après Noël, le seigneur de Lamont a trépassé et été mis en terre. Les pleurs de Gauthier n’ont guère fait illusion … ni changé la décadence du garçon qui reste la plupart du temps introuvable. Pour Adrien, la mission paternelle semble à la fois étrangement simple (porter 10 livres grecs à quelqu’un) et terriblement compliquée (ce quelqu’un étant un parfait inconnu résidant en un lieu indéterminé).

Mais la difficulté commence en fait dès à présent : Polignac lui confirme que si la bibliothèque de François est bien fournie avec une quinzaine d’ouvrages à la clé, elle ne compte en tout et pour tout que 3 livres grecs. Où sont ces fichus livres ? S’ils ne sont pas dans la bibliothèque, ils sont forcément dans la demeure, sinon le patriarche l’aurait précisé … Les braves Léon et Madeleine débloquent à tour de rôle l’énigme posée : le premier indique à Polignac et Adrien la présence d’un coffre de voyage placé auprès du lit du défunt qui s’avère contenir un plus petit coffre en bois précieux, protégeant vraisemblablement les ouvrages … mais fermé à clé … une clé, dont a connaissance la timide Madeleine.

François n’a en effet pas tout dit à Adrien : il a fait promettre à Léon et à Madeleine que s’il lui arrivait malheur, ils devraient se soustraire aux usages et aider non pas l’aîné Gauthier mais le cadet Adrien dans cette aventure … La clé ? Ils ne peuvent lui confier la clé de François, mais Léon connait le parrain d’Adrien – le Père Jean, le curé de la paroisse, aussi – et sait où il se trouve !

Étienne de La Cassière n’est ni plus ni moins que le Baron d’Aydat ! Baron … un rang plus élevé que celui d’Adrien, simple Écuyer mais aussi que celui de son père, le Chevalier François ! Léon apprend à Adrien qu’Étienne et François, excentriques tous les deux, ont un long passé commun, notamment sur les routes d’Italie … et lorsque Léon évoque la source de ses informations, qui n’est ni plus ni moins que son frère Mirgal, qui sert de La Cassière, le prénom de ce dernier déclenche chez Adrien un violent flash …

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Mirgal, le joyeux gai luron qui accompagne monsieur de La Cassière

Adrien se souvient … il avait 5 ou 6 ans … l’arrivée de 4 ou 5 chevaliers dans la cour de Lamont … la première fois qu’il a vu des hommes armés … Léon étreignant un homme prénommé Mirgal … et son père s’exprimant dans une langue inconnue …

Oui, Léon peut conduire Adrien et Polignac chez le Baron d’Aydat. Avec les belles bêtes dont dispose Adrien, des vêtements chauds, les deux hommes pourront accompagner Léon juché sur son baudet sur le chemin des Mulètres à destination des terres de La Cassière …

Après avoir arpenté les terres auvergnates pendant une longue journée, les 3 hommes arrivent enfin en vue des terres de La Cassière … le château est au loin, perché sur une colline, mais en contrebas, au bord d’un lac et à proximité d’une forêt, c’est le village de La Cassière qui est l’objet de toutes les attentions de Polignac qui insiste pour y faire un détour afin d’en apprendre un peu plus sur le baron local. Après avoir convaincu ses compagnons, il assiste à un bien étrange spectacle : perché sur un calvaire, un moine, tonsuré et attifé d’une longue barbe, harangue une foule composée des paysans locaux qui boivent les paroles de ce personnage qui tient un discours pour le moins inquiétant … « Hordes de Belzébuth ! » … Ceci n’effraie pas le moins du monde Polignac qui s’approche … et qui, avec un aplomb sans faille, invente une histoire qui ne révèle pas la vraie identité des aventuriers, et ce, afin de tirer les vers du nez du Frère Aymar – car c’est ainsi qu’il se prénomme. C’est un « minime » qui mentionne Guillaume du Prat, l’évêque de Clermont, la relique de Saint-François de Paul … mais qui malheureusement ne livre aucune information sur Étienne et qui fait carême : il refuse le vin que lui offre très généreusement Polignac …

Les trois hommes, se remettent en route vers le Château de Murol, où réside de La Cassière et à la nuit tombée, arrivent enfin aux portes de l’édifice. Le pont-levis baissé, les gardes, il semble n’y avoir plus aucun obstacle à leur rencontre avec l’illustre parrain … mais les surprises ne sont pas terminées : une partie du château est délabrée et … la première personne qui les accueille se contente de grogner lorsqu’ils se présentent … Ce colosse, qui mesure à vue d’œil 1m85, vouté comme un vieillard, vêtu d’un grand manteau noir bouclé, d’un pantalon effiloché, de sabots, d’un chapeau noir très large et armé d’un gros sabre marin les mène sans un mot à l’intérieur du donjon.

Mais c’est bien l’intérieur du donjon qui leur offre la plus curieuse de toutes les découvertes de la journée : une pièce sombre, pourvue d’une immense cheminée où cuisent des poulets sur des broches, où deux femmes rient aux éclats, où deux musiciens font jaillir d’instruments inconnus une musique jamais entendue des 3 protagonistes … et où le maître des lieux leur tourne le dos.

Cheveux courts, barbe courte, une fraise blanche sur une tenue noire … l’homme semble marqué par le poids de son âge : un pied dans une bassine, l’autre dans un soulier étrange … Étienne accueille sans se lever les trois voyageurs, et reconnait immédiatement Adrien ! Il souffre de la goutte et c’est ce qui l’a empêché de rendre une dernière visite à François … « Dieu l’a voulu, Inch’Allah ! » … et se tourne rapidement vers Polignac, qui suggère que Mirgal rejoigne son frère Léon aux écuries … Étienne teste immédiatement le niveau de culture et de langues du précepteur … pour son plus grand amusement, celui-ci situe Alger, dont est originaire la musique d’ambiance, en Turquie et semble être assez limité en italien …

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Monsieur de La Cassière (portrait d’époque, collection particulière)

Une fois le divertissement achevé, il utilise une clé qu’il gardait autour du cou pour ouvrir le fameux coffre … qui contient bien 10 ouvrages et quels ouvrages ! 10 éditions florentines imprimées, datées de 1458 et numérotées ! Avec notamment l’Iliade et l’Odyssée en version commentée par Eustache de Thessalonique ! La rareté des livres ne fait aucun doute, même pour Adrien qui ne sait pas lire … et Polignac en est d’autant plus troublé qu’il est censé hériter de l’un des ouvrages … mais prendre un des livres, c’est porter atteinte à l’intégrité de la collection ! Et puis, pourquoi ne pas rester auprès du baron pour profiter pleinement de toute la collection ? Ce d’autant plus que le baron n’y semble pas hostile (« C’est bien Polignac, vous voyez grand ! »), demandant à Polignac s’il fait partie de la Brigade, s’il fait partie de ces hommes qui souhaitent « faire reculer l’ignorance » …

Se tournant à nouveau vers Adrien, il lui annonce qu’ils ont des choses à organiser et qu’il a quelque chose d’important à lui confier … mais fourbus par le voyage, les hommes décident de remettre au lendemain la suite des opérations … et d’aller se coucher … le baron ne leur offrant pas l’honneur de dormir dans son lit que parce qu’il souffre de la goutte …

A suivre …

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