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Vincent Polignac, un personnage pour Te Deum pour un Massacre

Vincent PolignacHola, l’ami ! Souffrez que je me présente : je suis Polignac, Vincent Polignac. Ancien assistant avocat au barreau d’Orléans et présentement précepteur de la famille Lamont.

La trentaine bien portante, je suis né à Auneau, près de Chartres, au sein des vertes prairies de la Beauce. Mon père était secrétaire auprès du Bourgmestre de Chartres, aussi ai-je passé le plus clair de mon temps auprès de ma mère, Juliette, une femme autoritaire et butée, (et dont j’ai probablement tiré le caractère fougueux que l’on me connaît). Je tiens d’elle ses cheveux blonds, ses yeux cendrés, et la taille, de cinq pieds et quelques pouces.

Mon enfance s’est déroulée paisiblement à la maisonnée, auprès de ma sœur cadette Denise, et les jeux que tous les enfants connaissent. Les quilles, la pêche, la nage. Le soir, je me réfugiais dans la lecture, et le livre que mon père s’était offert, l’Enéide de Maître Virgile. Les victoires de Priam et d’Hector furent mes meilleurs chemins pour l’apprentissage de la lecture, des déclinaisons latines, et de la cosmographie antique. Il y avait aussi une Bible chez le curé d’Auneau, et il me laissait la lire et la relire, inlassablement, après la messe. La vie exemplaire de notre seigneur Jésus Christ, le courage de sa mère Marie, la vie des Saints était une source d’inspiration. Je m’imaginais revivant le martyre de Saint Pierre, crucifié la tête en bas, sous l’empereur Néron, ou de Saint Barthélemy, écorché vif, et décapité…

Devant ces dons, avec le soutien de Monsieur l’évêque de Chartres, je pus rejoindre le collège, puis l’université à Orléans. Je remerciais bien mal mes bienfaiteurs en participant à une rixe dont je dois avouer que je fus le principal instigateur.

Malheureusement, celle-ci tourna mal pour une dizaine de mes compagnons. L’un faillit même perdre la vie. Loin de me calmer – folie de la jeunesse – elle m’incita à écrire un violent pamphlet contre la Réforme (des jeunes réformés étant à l’origine de ma sainte colère), pamphlet dont je regrette les mots aujourd’hui, même si j’en connais encore par cœur la tournure.

Mon arrivée à Orléans me fit le plus grand bien. L’université, les humanités, la découverte du monde antique me fascina. Et, dois-je le dire, me détourna quelque peu de mes excès religieux. Il existait autre chose, par delà les enseignements du Christ. Un monde mystérieux, un monde d’avant, aujourd’hui disparu. Sparte. Athènes. La guerre du Péloponnèse, de Thucydide. Les discours de Cicéron. L’organisation parfaite de la République Romaine. Ces grands anciens qui avaient tant façonné l’histoire, source d’inspiration des rois, jusqu’à notre bien aimé Charles IX.

Je fus rapidement à l’aise avec ces auteurs, que je connaissait et récitait par cœur dans les tavernes, ou sur le marché d’Orléans. C’est ainsi que je rencontrai mes premiers amis, et mes premiers amours, comme par hasard italiens : Girolamo et Lucrecia, tous deux comédiens en tournée. Girolamo consacra des soirées entières à me raconter les peintures des églises Vénitiennes, et Lucrecia m’initia à d’autres mystères.

Mais l’événement le plus frappant de ces années estudiantines fut sûrement la controverse de Saint-Pierre-des-Corps. Un de mes professeurs, huguenot, mais très respecté qui enseignait l’arithmétique fut pris à parti. Accusé d’hérésie, il aurait souillé une hostie consacrée et l’aurait fait avaler de force au curé de Saint-Pierre-des-Corps. Ses étudiants assistèrent à son procès, goguenards, réjouis à l’idée que ce professeur aux notes implacables passait lui aussi en conseil de discipline.

Pour ma part, je compris vite que l’affaire était grave. Mon professeur risquait le bûcher. Pourtant, faisant preuve d’une rare éloquence, il convoqua tout à la fois les faits et le droit pour démontrer l’iniquité du procès et l’emporta. Sortant du tribunal où  nous le portîmes en triomphe – ah, l’inconstance de la foule ! – je sus ce que je voulais faire : devenir avocat. Plus question de partir sur les routes avec Lucrecia pour jouer quelque mystère napolitain, je jouerais une toute autre pièce : La comédie du pouvoir.

Vincent Polignac est joué par Paul Moud Ubid, sa fiche de personnage de Polignac est ici… et cette bio en pdf est là…

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